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  <title>François Labroille - contributions</title>
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  <description>Blog de François Labroille</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Thu, 12 Jan 2012 18:28:48 +01:00</pubDate>
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    <title>Pour une nouvelle force à gauche Roger Martelli septembre 2007</title>
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    <pubDate>Mon, 05 Nov 2007 11:58:00 +01:00</pubDate>
    <dc:creator>François Labroille</dc:creator>
        <category>contributions</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Prise de notes personnelle sur le livre de Roger Martelli&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Refondations
Pour une nouvelle force à gauche&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Roger Martelli septembre 2007&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Introduction&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;2002…2007 Le verdict des urnes…Le PCF le dos au mur… avec une identité menacée…face à une droite sûre d’elle-même, engagée dans une cohérence forte avec la victoire éclatante de N. Sarkozy.
Alors que 2007 laissait raisonnablement espérer, c’est un fiasco pour la gauche antilibérale…qui ne pourra se contenter de faire de la nécessaire contestation du social-libéralisme la base de son identification. Nécessité d’un projet transformateur et il est fondamental qu’apparaisse une force politique nouvelle, rassemblée.
.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Chapitre 1 La gauche dans l’œil du cyclone&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;2007, c’est toute la gauche qui est au pied du mur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le cauchemar de 2007&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Séisme de 2002…2007 laissait espérer après régionales et européennes, TCE …une présidentielle décapante…Or triomphe d’une droite originale avec un début d’amalgame entre les familles séparées de la droite française….une synthèse que la droite recherchait en vain depuis un quart de siècle.
Données électorales même si les législatives conduisent à relativiser légèrement.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Droite gauche frontière mouvante&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Clivage fondateur avec permanence des positionnements dans les enquêtes sur un axe droite gauche mais avec moindre confiance dans son propre camp.
Du coup retour sur des périodes historiques caractérisées par ce genre de confusion&amp;nbsp;: 1947 avec camp occidental et camp oriental qui brouille les repères…ou inversement des cas où le clivage est évident après 1962 et l’histoire des deux formules de regroupement de la gauche avec une séquence qui va jusqu’en 1981.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Que se passe-t-il depuis 25 ans&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le tournant de la rigueur de 1983 et installation dans une dynamique curieuse entre pause temporaire de la vague réformatrice et installation dans les contraintes financières. PS se remet à lorgner au centre, le PCF se replie et l’identification de la gauche est de plus en plus incertaine.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;LA droite n’est pas dans une position simple et peine à trouver sa cohérence entre hésitations entre conversion très poussée au néolibéralisme et démarquage, et avec pression FN.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Donc antagonisme droite gauche fonctionne plus ou moins bien selon les périodes…1945-1958 la guerre froide biaise la lisibilité…1962 -1981 le PCF impose sa vision d’union de la gauche avec projet «&amp;nbsp;radical-keynésien ». A partir de 1983 intériorisation des mutations néolibérales et la frontière s’estompe.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Y a-t-il deux gauches&amp;nbsp;?
La fausse bonne idée de la LCR.
Car formule trop statique. Dit quelque chose de vrai mais fige des blocs aux frontières immuables alors que selon les périodes l’attraction se fait plutôt à un pôle qu’à un autre.
Le principe d’un positionnement à gauche résulte d’un mixte justice/liberté, égalité des droits et égalités des conditions. Alors deux possibilités&amp;nbsp;: l’option social démocrate acceptant le marché et la concurrence mais en régulant par la norme et la redistribution publique&amp;nbsp;;
le dépassement du capitalisme. Certes cette opposition des deux modèles a énormément changé au fil des ans…mais le principe de distribution polaire est reste le même.
Survol historique des représentations communes de la gauche depuis les années 1880… au XX ème siècle, émergence du communisme dans le champ politique…EN conclut que quand recule l’espérance de la République sociale, l’axe organisateur de la gauche se déplace vers sa partie réputée la plus modérée.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Peut-on se sortir du social libéralisme?
Pour une part l’antagonisme droite gauche n’a pas pris une ride même si les thème ont changé depuis les controverses sur l’héritage révolutionnaire, la question scolaire, la question religieuse, la question sociale…aujourd’hui question migratoire, degré de libéralisme économique, place services publics…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Retour sur les grandes représentations fondamentales du monde et de la société…Le dualisme politique n’est pas une exception française mais double originalité française&amp;nbsp;: le bipartisme ne l’a pas emporté avec un vigoureux clivage de forme idéologique (analyse des deux systèmes de valeurs en présence opposant l’optimisme de la perfectibilité de l’humain avec justice, liberté, solidarité et le pessimisme d el adroite, dynamique de la concurrence bridée par la sévérité du contrôle social.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais pas une vérité uniforme car la droit et avec N. Sarkozy dispose aujourd’hui d’une cohérence maximale entre discours économique ultra libéral, valorisation de l’ordre et du mérite, identification collective hors des repères de classe alors que lon ne retrouve pas cette cohérence ni du côté de la gauche d’adaptation ni du côté de la gauche d’alternative.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La leçon social libérale a toujours le vent ne poupe sur le continent européen. Depuis l’arrivée au pouvoir de Tony Blair en 1997 et son utilisation habile des travaux d’Antony Giddens….et l’ensemble de la social démocratie européenne a été touché… Même si en Franc le thème de la modernisation blairiste a du mal à se déployer en France.
Cette situation peut-elle évoluer à l’intérieur du bloc socialiste&amp;nbsp;? Deux limites à une résurgence plus classique, plus interventionniste et redistributive&amp;nbsp;:
•	Dans le projet, arc bouté à une projet néo keynésien peu viable dans le contexte de la mondialisation&amp;nbsp;;
•	Celle de la sociologie avec perte de l’enracinement ouvrier et populaire de la social démocrate et donc pas de liens avec syndicats et NMS pour ressourcer un nouvel élan.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Conclut le chapitre en affirmant la difficulté du socialisme européen à dégager une alternative au social libéralisme anglo saxon et considère donc comme peu vraisemblable que la donne du socialisme change si une dynamique transformatrice ne prend pas corps, AILLEURS, à l’extérieur du socialisme politique…Alors une nouvelle dynamique contestataire et transformatrice deviendrait possible avec des évolutions à l’intérieur de la social démocratie, rendant possible la perspective de majorités autour d’un projet transformateur et non adaptateur&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Chapitre 2 Les ratés de l’antilibéralisme&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Défaite cuisante de 2007 avec un score de moins de 9 % contre 14 voire 20 % avec les Verts en 2002&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un échec déroutant
Explication par le vote utile, plus solidement déjà par la dispersion…Déception d’autant plus grande que l’espoir avait été grand…avec les belles tribunes du printemps 2005…Certes la portée du Non a été discutée mais sa victoire s’inscrivait dans uen évolution plus longue.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le regain de la critique sociale&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rappel que la présidentielle de 81 en France s’inscrit à contre courant (GB et EU) + accélération décomposition système soviétique («&amp;nbsp;l’histoire est finie »). Années 80 correspondent aussi à repli du mouvement ouvrier…difficultés syndicalisme et défaites mineurs GB, sidérurgistes en Fr sur fond de recul emploi industriel.
Mais avec années 1993-95 amorce d’une inversion de tendance perceptible dans les enquêtes d’opinions, les mobilisations des franges sociales les plus précarisées et en 1995 la contestation se globalise et rejoint l’action sociale plus classique. Alors émerge le vocabulaire du mouvement social (pluriel ?)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Du coup décalage entre retour du conflit de classe et traduction politique. Tentative (échec) de l’intérieur avec Etats Généraux (P. Bourdieu) avec méfiance du P et PCF qui ne voit pas la novation…et qui laisse le monopole de la radicalité à une extrême gauche qui a su se mouler dans le mouvement critique…Cf les scores LO LCR aux européennes de 99 puis de 2002 sur une ligne d’extériorité aux institutions et de méfiance à l’égard du PS (alors que le PC avait su combiner extériorité radicale et insertion dans le champ politique institutionnel).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La convergence antilibérale
Rappel des divers appels post 2002, de l’expérience des régionales en 2004 en IdF, de la campagne du Non, voter Y, puis candidatures antilibérales, le texte ambitions et stratégie…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le désastre de St Ouen&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;les 700 collectifs et l’échec sur la candidature et de la méthode du double consensus. Récit  avec candidature MG Buffet avalisé par une consultation interne puis tentative de la faire par les collectifs mais perception d’une manœuvre pour imposer une candidature trop identifiée….jusqu’au désastre de St Ouen et son épouvantable dialogue de sourds… A l’arrivée 5candidats…campagne et résultats à 9 %.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un échec programmé&amp;nbsp;?
2chec évitable&amp;nbsp;? Non au vu de la force des dynamqiue centrifuges en écho aux profondes fractures produite par l’histoire…le poids des trajectoires séparées avec la coupure du communisme d’obédience stalinienne et des trotskysmes…Celels des contestations qui n’ont qu’un rapport lointain avec traditions ouvrières et révolutionnaire…Relate expérience personnelle entre irritation et risque de surdité aux préoccupations qui s’expriment.
Rappel des polémiques des dernières années entre voile, indigènes de la République…
Sans ignorer le poids de ce qui sépare entends le relativiser…pas moins grand au sein de la droite mais obligation pour elle de se rassembler.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Chapitre 3 Il ne suffit pas d’être «&amp;nbsp;anti&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce qui est en jeu&amp;nbsp;: une refondation au sens fort du terme. Un projet et une force structurante de la gauche française et non un courant supplémentaire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ne pleurons pas les neiges d’antan
Les deux grands échecs du XX  ème siècle&amp;nbsp;: celui du communisme de souche soviétique et celui de la social-démocratie européennes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les limites de l’adaptation&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Contre quoi se bat-on&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ni révolution par haut, ne réformisme des petits pas, mais quoi au delà du «&amp;nbsp;ni ni ».
Impossible de contourner la question du capitalisme.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Déborder le concept lui-même avec Toni Negri et Michael Hardt dans Empire et multitude&amp;nbsp;?
Récuse cette tentation de dissoudre le concept de capitalisme dans l’énoncé du marché mondial en rappelant ses dimensions constitutives (généralisation échanges marchands, transformation de la FT en marchandise, appropriation de la survaleur) même si les formes en ont changé.
Caractérise au passage plusieurs de ces changements&amp;nbsp;: ultralibéral au plan économique et régulateur pointilleux sur le plan social&amp;nbsp;; déterritorialisé et mondialisé…processus inégalitaires et contrôle social…Nouvelles modalités de la création de valeur avec dynamisme et créativité passées du côté de l’abstraction symbolique….avec complexification stratification sociale…
Discute comment la mondialisation universalise les contradictions de la forme capital et questionne l’existence d’autres normes sociales d’allocation des ressources, d’orientation des activités et de répartition des richesses. Revient donc dans sa discussion avec Toni Negri sur l’importance accordée à un certain nombre de constats sur l’ampleur des changements qui s’opèrent mais redit ce qui reste permanent dans la nature même du capitalisme avec la tendance pluriséculaire de séparer le travailleur d’avec son activité. Dit de façon plus élaborée, le capitalisme est-il une simple dimension de l’Empire ou bien est-il le principe même de son organisation et de sa reproduction&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;S’accommoder du capitalisme&amp;nbsp;? Pas réaliste&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;3 possibilités face au capitalisme&amp;nbsp;: s’inscrite, infléchir, promouvoir alternative.
Si on laisse faire, alors voir les grandes évolutions structurelles sur longue durée et la portée de la phase néolibérale depuis les années 1970 (destruction systématique de l’Etat providence…).
Absence de pertinence du discours régulateur…mixité ou encadrement du marché…Etaye par données sur aggravation des inégalités mondiales avec travaux du PNUD&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dépasser le capitalisme et non l’inverser
Donc si on récuse «&amp;nbsp;adaptation », alors faut «&amp;nbsp;novation&amp;nbsp;» (autre conception du temps de la transformation et de son contenu).
Le piège de la négation (le problème n’est pas dans l’obligation de contredire mais dans la propension à se définir avant tout par le refus). Illustre par l ethème d e »l’abolition&amp;nbsp;» dans le communisme historique.
Dépassement en référence aux travaux de Lucien Sève en opposition à «&amp;nbsp;aménagement&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On ne change pas l’économie sans changer la société&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tente de contester la légitimité de l’économie capitaliste à stimuler croissance des marchandises et des biens…en combinant 3 registres dont celui de l’expérimentation d’autres critères avec l’ESS.
Ce processus de dépassement de la légitimité excède le domaine de l’économie… développe la perspective d’émancipation bien au-delà de la libération des classes subalternes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Anticapitalisme&amp;nbsp;: nécessaire mais non suffisant
Répond au plaidoyer en faveur de l’abandon de l’utopie négative de l’anticapitalisme (Zaki Laïdi et Gérard Grundberg) et récuse une hiérarchie qui subordonnera le social à l’économique,et qui relèguera le politique et en dernier lieu le culturel. Rappelle que la force du capital depuis al fin des années 1970 ets d’abord culturelle et que la force de l’alternative sera dans sa capacité à intriquer les domaines… Et au passage développe un passage sur la place centrale prise par la ville dans le monde contemporain.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un projet post capitaliste
Le projet est une construction intellectuelle qui relie la demande sociale et les moyens de la réaliser…Il remplit la vieille fonction du mythe en projetant les hommes dans une histoire possible et à la différence du mythe il s’attache à l’inscrire dans un temps maîtrisé.
Revient sur le contenu du projet antilibéral et la pertinence même du terme antilibéral en clarifiant les choses par rapport au nélibéralisme pour dire que la définition du projet est moins dans l’anti que dans le «&amp;nbsp;pro&amp;nbsp;» et au fond conjuguer l’éthique et l’efficacité (appropriation sociale/ privée,  coopération/ concurrence&amp;nbsp;; implication citoyenne / dépossession).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une méthode à la hauteur du projet
Processus de transformation et mobilisation des individus&amp;nbsp;:
Se dégager de la logique de représentation et de délégation avec démarche participative&amp;nbsp;;
Trouve r des formes de travail en commun qui sortent de la séparation des formes de l’action sociale. ( un projet ne peut être l’oeuvre que de l’ensemble des acteurs de la vie sociale, quelle que soit leur spécialisation fonctionnelle - partis, syndicats, associations… - )&lt;/p&gt;





&lt;p&gt;Chapitre 4 Le temps nous est compté&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les pièces du meccano sont en place
Evoque les phénomènes de résistance sociale que produit le capitalisme et les amorces de globalisation ou politisation qui s’opèrent, en méfiance à l’égard des partis&amp;nbsp;: cf mouvement altermondialiste avec son histoire récente, sa forme «&amp;nbsp;réseau de réseaux&amp;nbsp;» qui laisse ouverte la question du débouché politique…Polémique à nouveau avec Toni Negri et Hardt sur le risque de «&amp;nbsp;simplification étatiste&amp;nbsp;» avec la recherche de l’unité du mouvement… et traite des tensions entre options réformistes et radicales….comment du rassemblement politique peut se construire autour de l’exigence d’une subversion du système et non de l’adaptation à ses règles.
Aucune force ne peut prétendre au leadership mais des évolutions intéressantes en Amérique Latine mais aussi en Europe quand on regarde de près l’Allemagne ou l’Italie.
ET en France ?l’agrégation des forces critiques et à portée de main.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Agréger les fragments du peuple dispersé.
Retour sur l’histoire et les projets successifs qui ont  pu rassembler et notamment à la Libération le bloc classe ouvrière désormais protégée et juridiquement reconnue, couches moyennes urbaine set technocratie d’Etat qui se retrouve     dans un projet d’une Etat dynamisé par l’intervention publique en alliance avec le capitalisme industriel…Rappel 81 à contretemps de la ;vague néolibérale et de l’éclatement du compromis fordiste…
Un retissage du peuple sociologique est une médiation nécessaire pour asseoir une nouvelle figure du peuple politique…Evoque l’ampleur des changements des années 5-75 entre urbanisation, salarisation, féminisation, érosion des formes classiques de la socialisation, percée de l’individu, mobilité choisie, changement du rapport de l’individuel au collectif…et l’une des grandes forces du néolibéralisme a été de savoir ‘en saisir pour légitimer sa vision du monde. Revient sur le fait d’avoir laisser au capital l’autonomie d el’individu et évoque la problématique de la sécurisation des parcours.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dessinons sans tarder les grandes lignes du projet&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rappel de ce qui a été fait (Copernic, ATTAC, les 125 propositions, les 80 de l’autre campagne…) L’enjeu est celui de force signifiante du projet, la trame fondamentale d’une logique ouvertement transformatrice…comment se recompose la lien social en réarticulant les domaines que le capitalisme a disjoints.
3 dimensions
•	Comment créer sans atteinte aux équilibres écologiques de la croissance et du développement humain&amp;nbsp;?
•	Comment créer du lien social durable et sécurisant&amp;nbsp;?
•	Comment produire du commun acceptable par tous et par chacun&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sur la dimension 1&amp;nbsp;: le sens du développement des sociétés humaines&amp;nbsp;: opposer à la rationalité capitaliste elle de l’essor des capacités du plus grand nombre comme objectif éthique et condition de l’efficacité économique.
Sur la dimension 2&amp;nbsp;: développe la question des droits.
Sur la dimension 3, développe «&amp;nbsp;le nouvel âge démocratique ».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Engageons-nous dans la construction d’une force&amp;nbsp;;
Aujourd’hui, aucune force n’est en mesure de s’imposer comme capable d’ordonner la synthèse.
Passe en revue les forces politiques, les collectifs et analyse pourquoi le positionnement de la LCR comme grand parti accumulant des réserves électorales lui paraît être une impasse.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Changer de braquet
Argumente sur le fait que cette perspective est possible&amp;nbsp;: récuse le «&amp;nbsp;glissement à droite&amp;nbsp;» au profit d’une vision plus contradictoire (résignation à la concurrence et attachement au bien public et à l’égalité), et rappelle, sans le surestimer,  comment le 29 mai 2005 a fait bouger les lignes.
Le pari d’une force politique cohérente capable de relancer la dynamique transformatrice…avec ambition maximale et rassembler durablement sensibilités, pratiques et cultures différentes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Force et parti
Penser processus oui, mais en disant le ut et que le temps n’est pas extensible.
Revient sur la controverse avec Toni Negri sur la forme «&amp;nbsp;parti ».
Ce qui identifiera la force&amp;nbsp;: son ambition d’un processus démocratique continu articulant luttes, initiatives politiques et électorales….faire reculer la domination du capital sur la vie sociale….empruntant à toutes les sensibilités.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Commençons dès maintenant
Les forces de transformation sociale n’ont guère de temps devant elle spour deux raisons&amp;nbsp;:
La critique sociale ne gardera pas éternellement le m^me élan que dans la décennie précédente et le risque de la tentation libérale comme alternative à Sarkozy comme moindre mal..
Donc aller vers la construction d’une force cohérente et durable dans l’esprit de la constitution de die linke en Allemagne…. Aller vers des états généraux constituant d’une nouvelle force.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.alternativecitoyenne-elus.org/francois-labroille/index.php/post/2007/12/25/Pour-une-nouvelle-force-a-gauche-Roger-Martelli-septembre-2007#comment-form</comments>
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    <title>Grenelle alternatif et citoyen 21 octobre 2007 St Denis</title>
    <link>http://www.alternativecitoyenne-elus.org/francois-labroille/index.php/post/2007/10/21/Grenelle-alternatif-et-citoyen-21-octobre-2007-St-Denis</link>
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    <pubDate>Sun, 21 Oct 2007 11:03:00 +02:00</pubDate>
    <dc:creator>François Labroille</dc:creator>
        <category>contributions</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Cette initiative a été pris en parallèle du &quot;Grenelle officiel&quot; pour permettre une véritable implication des citoyens et politiser les débat senvironnementaux. En voici ma prise de notes.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Séance plénière 260 participants&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ouverture animatrice
Avoir le débat le plus ouvert possible avec en remarquables préalables le fait que ce Grenelle dispose de beaucoup moins de moyens que le Grenelle officiel.
Participent à ce forum des représentants d’associations qui ont été partie prenantes du Grenelle officiel et ceux de représentants d’associations ou organisations qui n’y ont pas participé. L’objectif de ce Grenelle alternatif est de construire des propositions. Propose pour méthode que chaque intervenant indique 3 aspects positifs du Grenelle officiel et 3 aspects négatifs.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Yannick Jadot (Alliance pour la planète)
Rappelle que Alliance a été à l’origine de la proposition du Grenelle pendant la campagne électorale.
En positif note que l’on passe du consensus sur le diagnostic à un débat sur les solutions, que l’on discute vraiment des questions d’environnement au niveau public, que l’on avance dans l’intervention de nouveaux acteurs dans la définition des politiques publiques.
En négatif, note des problèmes de méthode avec une faible sollicitation des citoyens, le risque d‘une instrumentalisation de ce Grenelle en termes de communication politique et des entreprises, le fait de ne pas être à la hauteur des ambitions en matière de crise écologique.
R. Hochart Confédération paysanne.
2 raisons d’être au Grenelle&amp;nbsp;: ne pas laisser la seule FNSEA et coopérer avec Alliance pour la planète.
En positif, note un lieu d’expression libre et une facilitation du débat public. Mais en négatif, note un manque d’ambition puisqu’on fait de la croissance et on y ajoute quelques petites réparations, pas d’avancée vers des changements de pratiques pour l’agriculture et l’alimentation, et un risque d’une grande anesthésie à l’arrivée.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Geneviève Azam (Attac)
Attac non participant au Grenelle officiel et souhaite que le Grenelle alternatif soit un lieu de convergences . C’est un résultat positif au passage du Grenelle de l’environnement puisque l’écologie devient plus un débat public avec des constats actés et non plus contestés. Sur les documents de travail, note un certain rattrapage par rapport aux normes européennes et par rapport à un certain nombre de pays.
Pour les points négatifs, ne peut ignorer le contexte avec un contenu idéologique et l’émergence de l’idée que l’écologie pourrait porter un consensus pour sauver la planète alors que l’on a besoin d’une véritable écologie politique qui s’écarte des intérêts privés. Les petites avancées dissimulent un refus de politique. Dans les documents de travail, ressort aussi l’idée d’une démarche purement incitative en matière économique (incitations par les prix)&amp;nbsp;; c’est dangereux en tant qu’écologie par le seul marché. Note enfin une conception faible de la démocratie que l’on ne peut réduire à la formation et à l’information car il faut y intégrer la décision.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jean-Pierre Sotura CGT.
Le positif est dans la démarche dans le fait d’avoir mis autour de la même table des organisations, associations. Le gouvernement spéculait sur une mise en opposition des ONG et des organisations syndicales, or ce sont de réelles convergences qui ont prévalu dans des domaines comme les transports et la fiscalité. Au stade actuel, le bilan d’étape des différents groupes fait ressortir des propositions qui seraient susceptibles, si elles étaient appliquées, de provoquer une rupture environnementale. En négatif, une démarche trop précipitée, laissant au gouvernement la fonction du tri des propositions. Second point négatif&amp;nbsp;: tout le volet financement. Et enfin, la difficulté à faire entendre la nécessité d’étendre les droits des salariés.
Pierre Khalfa (Union syndicale SOLIDAIRES).
En positif, une légitimité des combats menés en matière environnementale avec passage des constats aux propositions appelant des rapports de force. En positif aussi, le travail en commun entre organisations et associations pas toujours habituées à travailler ensemble. Un cycle nouveau est ouvert.
En négatif, des points de deux sortes&amp;nbsp;: Grenelle en 1968, c’était sur un rapport de forces. Là, ce n’est pas le cas et on n’a pas réussi à construire un rapport des forces permettant de réellement peser. C’est la tâche à venir. En outre, la nécessité d’articuler crise écologique et crise sociale appellent des ruptures avec les politiques néolibérales et leur logique productiviste.
Donc discuter ensemble sur des cibles communes pour avancer des solutions communes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sophie Zafari (FSU)
La FSU n’était pas dans le collège «&amp;nbsp;syndical&amp;nbsp;» mais a participé au travers du groupe 5 sur la démocratie.
En négatif, a noté un rythme de travail empêchant de mener des débats pleinement constructifs. A noté aussi le poids excessif du MEDEF et de la FNSEA pour sortir des présupposés libéraux et productivistes.
Du coup, des sujets que l’on aurait voulu voir traiter ne l’ont pas été comme la mise en place d’un véritable service public de l’environnement.
En positif, note que ce Grenelle a favorisé une prise de conscience de l’urgence écologique, permis de passer du diagnostic à la nécessité de changer de modèle de développement. Au plan syndical, cela a favorisé la prise en charge des dimensions environnementales. Et puis, cela a conduit à ce Grenelle Alternatif.
Xavier Renou Réseau «&amp;nbsp;sortir du nucléaire ».
Nous n’avions pas d’objection de principe à un grenelle de l’environnement en soi mais cela supposait de déposer les armes avant et donc d’accepter les 4 moratoires (OGM, EPR, autoroutes, incinérateurs). Nous avons donc préféré opté pour le rapport de forces.
Les points négatifs&amp;nbsp;: on ne discute pas en position de faiblesse. Le risque est aussi qu’avec quelques mesures intéressantes et secondaires, on fasse passer le plus grave avec le nucléaire. L’autre point négatif est de faire croire à l’opinion que l’on peut répondre à la crise écologique par de simples mesures techniques dans le cadre du marché. Donc attention à ne pas enterrer les luttes écologiques.
Les points positifs concernent cette rencontre entre les divers représentants… et la reconnaissance des sujets écologiques…sans pour autant contrebalancer les points négatifs.
A. Bringault Les Amis de terre (membres de l’alliance pour la planète).
Les points négatifs&amp;nbsp;: le démarrage a été un moyen de noyer le poisson, dans la dernière phase de la présidentielle. Quand N. Sarkozy a annoncé le principe du Grenelle pour sortir de sa mauvaise image écologique. Autre point négatif, ce sont les médias qui focalisent l’attention sur des mesures finalement secondaires et qui occultent les mesures de rupture pourtant présentes dans les groupes de travail. Enfin, le processus démocratique a été bien trop limité avec des groupes de travail fermés, sans transparence, une pseudo consultation sur deux semaines avec quelques réunions en Région alors qu’il aurait fallu une grande consultation.
Note en positif l’occasion de multiples partenaires de se rencontrer et de dialoguer (illustre le cas des transports avec les syndicats ou bien la fiscalité écologique). Note aussi la possibilité d’avoir fait entendre une opposition dans les groupes de travail, y compris en obtenant un groupe sur l’agriculture non prévu au départ. Enfin se félicite de l’amorce d’une mobilisation citoyenne.
L’enjeu désormais, c’est de continuer, au-delà des conclusions que tirera N. Sarkozy le 24 octobre.
Victor N’Zuzi (CADTM)
Montre la dimension internationale des débats et illustre son propos avec l’exemple de l’uranium par rapport à la politique énergétique française et ses implications au Niger ou au Congo. Souligne aussi les effets pervers de l’endettement qui conduit certains pays à devoir accepter les stratégies d’investissement de certaines firmes. Illustre aussi son propos avec la biodiversité et la déforestation en cours.
Animatrice&amp;nbsp;:
Note l’existence de constats partagés et la nécessité de faire ressortir sur ce socle commun un certain nombre de pistes.
A relevé les idées d’une légitimité renforcée des questions environnementales, d’une convergence des associations, syndicats…d’une articulation crise écologique et crise sociale, d’une difficulté à faire vivre une démocratie active, le tour de passe passe du Grenelle à tenter de gommer les conflits…
Débat avec la salle&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;1 François Soltic 	demande si les participants au Grenelle prévoit de faire un contre rapport
2&amp;nbsp;? 	Ne comprend pas que l’on puisse trouver des aspects positifs et félicite le réseau «&amp;nbsp;sortir du nucléaire ».
3 Citoyen de Palaiseau 	Pourquoi les questions de l’eau n’ont pas été traitée à part entière mais inséré dans le groupe «&amp;nbsp;bio diversité&amp;nbsp;» ;
4 - Association «&amp;nbsp;Global chance&amp;nbsp;» 	Vous n’avez pas parlé de l’Administration. Faut s’en préoccuper compte tenu des capacités à détruire tout ce qui peut se faire.
Sur les convergences positives que vous avez évoquées entre associations/syndicats, pourquoi ne pas aller plus loin pour construire des scénarios sur ce qui peut faire l’accord tout en continuant de débattre sur ce qui divise comme le nucléaire.
5 - Claudie Martens 	A la fois du positif dans la dynamique enclenchée et en même temps sans miracle à attendre faute de rapport de forces. Alors oui, valorisons ce qui nous est commun et qui ressort des interventions introductives. Cela appelle sans doute une certaine pérennité pour le travail commun avec des structures légères.
Ensuite souhaite interroger sans malice sur des absences comme certaines organisations syndicales (FO, UNSA, CFDT) ou associations comme France environnement.
6 - Association Val d’Oise 	Interpelle la confédération paysanne pour des mesures en faveur de la culture bio&amp;nbsp;?
7 Association 	Regrette l’élection de N. Sarkozy mais souhaite un travail continu pour éclairer les électeurs.
8 - Martine Billard
Députée Verte 	Informe du calendrier sur le projet de loi sur l’environnement et appelle à la mise en place d’un comité de suivi du Grenelle
Geneviève Azam Attac
Oui il faut travailler à des convergences mais pas avec le plus petit dénominateur commun. Faire apparaître ce qui coince. Evoque le travail effectué par ATTAC avec une série de mouvements sociaux face à la crise écologique. Montre tout l’héritage culturel priorisant la question sociale. Donc construire nos convergences tout en discutant nos divergences.
le Grenelle oblige aussi l’ensemble du mouvement social et écologiste à penser la transition puisqu’il s’agit de penser un autre mode de développement et de consommation.
R. Hochart Confédération Paysanne
Oui, ne pas discuter seulement de ce qui fait consensus entre nous. Et traiter des ruptures à opérer avec le modèle libéral. Insiste sur les moratoires comme les OGM.
Souhaite répondre sur la culture bio qu’il s’agit de changer les pratiques culturales à bien plus grande échelle.
Yannick Jadot Alliance Pour la planète
Le Grenelle n’est qu’une étape. Les combats sont durs aujourd’hui et seront durs demain.
Sur les convergences&amp;nbsp;: le Grenelle ne les crée pas. On les avait parfois depuis des années avec les syndicats. On pourrait aussi dépasser certains malentendus si on discutait plus. Profitons de ce contexte pour mieux travailler ensemble.
Le rapport de forces, c’est aujourd’hui et on est dans sa construction tous les jours.
Sur la question du choix des associations…et leur participation au Grenelle…s’inscrit en faux contre l’idée qu’il y aurait eu une sélection. C’est une affaire de positionnement politique.
Plaide pour ne pas en rester à une vision «&amp;nbsp;tout noir, tout blanc ». Laissons le temps de la négociation et voir ce qui va en sortir. Regardons aussi le poids de l’administration&amp;nbsp;: oui, mieux vaut sortir «&amp;nbsp;Vert Vif&amp;nbsp;» avant de passer à la lessiveuse à «&amp;nbsp;blanchir ».
JP Sotura CGT
Montre que des choses peuvent encore se jouer et qu’il n’est pas acquis pour N. Sarkozy de s’en tirer par une communication politique.
Sur les convergences possibles, valorise les possibilités de bataille à mener sur des mesures de rupture notamment en matière de transport.
Ne pas laisser le gouvernement s’approprier ces questions pour faire ensuite ce qu’il veut derrière.
Pierre Khalfa SOLIDAIRES
Nous n’avons pas été invités au Grenelle et donc nous n’avons pas eu à en débattre. Notre problème à tous est de s’insérer dans l’interstice des déceptions que provoquera inévitablement le projet de loi annoncé pour dans deux mois. Oui, ce serait bien qu’il y ait des réactions communes aux conclusions de N. Sarkozy et que l’on fasse une intervention commune sur le contenu de la loi. Oui, continuer un travail commun.
Nous somme sassez favorables aux quatre moratoires évoqués par les associations pour laisser le champ des possibles ouverts.
Indique la nécessité de ne pas entretenir de confusion sur l’usage du terme «&amp;nbsp;administration ».
Sophie Zafari FSU revient sur l’intérêt de conserver un cadre commun de travail, y compris pour tirer ensemble le bilan de ce Grenelle.
Xavier Renou Réseau «&amp;nbsp;sortie du nucléaire ».
Pour parler de rapport de forces, informe des mobilisations du réseau le 27 octobre, la journée du 8 décembre…et ce mercredi la publication des scénarios de sortie du nucléaire à 5 et 10 ans.
A. Bringault Les amis de la terre
Illustre les positions de l’administration avec l’exemple de l’agriculture et appelle à l’opération 5 minutes sans lumière le 23 octobre.
Interpellation de la salle sur la question de l’eau avec réponse envoyant aux rapports des groupe de travail
Victor N’Zuzi (CADTM)
Montre l’interdépendance des combats à l’échelle planétaire.
Reprise débat de la salle&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;1 Pierre Gineste 	Souhaite que la réflexion intègre mieux la question des rapports Nord Sud. Illustre son propos sur la réduction des GES le faceur 4 pour le Nord…
Pour les convergences, questionne sur la nécessité d’impliquer des associations comme le MRAP à ce type de travail.
Indique la nécessité de se saisir de l’échéance des municipales pour traiter des questions de durabilité, de plan climat territoriaux et préparer ensemble le prochain FSE.
2 intervenant 	Dans la groupe de travail «&amp;nbsp;santé et environnement&amp;nbsp;» on a du mal à traiter du constat. Revient sur l a relation crise sociale et crise écologique avec illustration sur le financement de la sécurité sociale et les problématiques«&amp;nbsp;santé/environnement ».
Animatrice liste des suggestions entendues&amp;nbsp;:
Faire un contre rapport, élaborer des scénarios, un calendrier. Construire un rapport de forces à partir de ce qui rassemble, intégrer l’échéance du projet de loi environnement, peser sur le débat public lors des municipales, travailler à ce qui fait consensus et discuter des divergences…
Geneviève Azam termine en évoquant la journée mondiale du 26 janvier pour y intégrer la dimension écologique .&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.alternativecitoyenne-elus.org/francois-labroille/index.php/post/2007/10/21/Grenelle-alternatif-et-citoyen-21-octobre-2007-St-Denis#comment-form</comments>
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    <title>Aménagement de l’Ile de France Une épreuve de réalité pour « de la rue aux urnes »</title>
    <link>http://www.alternativecitoyenne-elus.org/francois-labroille/index.php/post/2007/12/25/Amenagement-de-lIle-de-France-Une-epreuve-de-realite-pour-de-la-rue-aux-urnes</link>
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    <pubDate>Mon, 01 Oct 2007 11:31:00 +02:00</pubDate>
    <dc:creator>François Labroille</dc:creator>
        <category>contributions</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Article publié dans la revue &quot;critique communiste&quot; octobre 2007&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La révision du SDRIF (Schéma directeur de l’Ile de France) a été et reste une bonne épreuve de réalité pour les nouveaux  élu-e-s de 2004 issu-e-s d’Alternative Citoyenne qui veulent investir les institutions pour les transformer. Elle ne tranche évidemment pas ce débat politique sur le rapport «&amp;nbsp;de la rue aux urnes ». En revanche elle lui fournit un matériau d’autant plus riche que son histoire est encore inachevée.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Aménagement de l’Ile de France
Une épreuve de réalité pour «&amp;nbsp;de la rue aux urnes&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Par François Labroille&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;François Labroille est conseiller régional,
élu en 2004 au titre d’Alternative citoyenne&lt;/p&gt;





&lt;p&gt;La révision du SDRIF (Schéma directeur de l’Ile de France) a été et reste une bonne épreuve de réalité pour les nouveaux  élu-e-s de 2004 issu-e-s d’Alternative Citoyenne qui veulent investir les institutions pour les transformer. Elle ne tranche évidemment pas ce débat politique sur le rapport «&amp;nbsp;de la rue aux urnes ». En revanche elle lui fournit un matériau d’autant plus riche que son histoire est encore inachevée.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En effet, amorcée en 2004, cette révision du SDRIF devait initialement aboutir au début de l’année 2008. Mais son issue est incertaine parce qu’au cœur d’une crise entre le Conseil régional, qui en a désormais juridiquement la responsabilité, et l’Etat qui, par les voix de N. Sarkozy et de F. Fillon, a demandé au début de l’été  la suspension de toute la procédure pour reprendre la main sur le fond du projet.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce conflit est l’indice de l’ampleur des questions en jeu. Dans une région dont personne ne peut ignorer ni la crise sociale avec la secousse qu’ont constituée les révoltes urbaines de l’automne 2005, ni le rôle économique pour l’insertion mondiale du capitalisme français, le SDRIF est beaucoup plus que la production d’un document d’urbanisme. Il oblige à repenser sur un horizon long l’ensemble des questions qui surgissent au présent, depuis les drames des incendies des logements d’urgence de l’été 2005 jusqu’à l’impact de la crise climatique sur les conceptions du développement urbain.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Restituer cette expérience pour en dégager quelques enseignements politiques peut sembler bien hasardeux compte tenu de la multiplicité des sujets traités. Et pourtant nous sommes bien au cœur des questionnements pour construire une alternative réelle au projet sarkozyen, aussi bien sur la conception de l’avenir que sur le rapport aux institutions.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Des enjeux essentiels et très actuels&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Un document d’urbanisme stratégique&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La révision du Schéma directeur de l’Ile de France (SDRIF) constitue probablement l’un des actes majeurs du mandat 2004-2010 du Conseil régional. Elle est en soi d’une grande portée puisqu’elle consiste à anticiper l’aménagement d’une région névralgique pour les 25 ans à venir. Et pour la première fois une telle opération s’exerce sous la responsabilité de la Région et non plus sous celle de la seule autorité de l’Etat comme pour les schémas antérieurs de 1975, 1976 et 1994.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il faut préciser que par sa nature de document d’urbanisme, le SDRIF détermine l’affectation des sols pour la Région jusqu’en 2030, et a déjà de ce seul point de vue une importance stratégique. Mais au travers de la localisation de l’habitat, des emplois, des transports et des grands équipements, ce sont en fait toutes les politiques publiques qui, de près ou de loin, sont concernées par son contenu.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le Conseil régional a travaillé pendant plus de 30 mois de juin 2004 à février 2007 à l’élaboration d’un nouveau schéma en impliquant ses partenaires au niveau des collectivités territoriales, de l’Etat, des chambres de commerce et de l’industrie, du CESR etc.…Après une phase plus centrée sur le bilan du schéma de 1994 et les enjeux nouveaux, ce sont le orientations et la traduction dans l’espace du nouveau schéma qui ont été discutées. La dimension démocratique du processus d’élaboration est restée dans le périmètre de quelques milliers d’élu-e-es, de professionnels et de militants au travers d’ateliers sur quelques thèmes ou décentralisés. Même si elle a pris une forme plus large au travers d’un questionnaire diffusé à 4,5 millions d’exemplaires dans le journal régional, ou plus innovante au travers d’une conférence citoyenne.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une issue incertaine
Le document adopté en février 2007 intègre les grandes orientations portées par le Conseil régional, ainsi que les demandes des diverses collectivités, notamment les départements et, sous une forme assez particulière, celles de l’Etat. En effet certains points litigieux sont intégrés, mais avec la mention qu’ils ne reçoivent pas l’accord de la Région. Les principaux litiges avec l’Etat concernent plusieurs infrastructures routières, notamment le bouclage de la Francilienne, le plan de renouveau de La Défense (augmentant de 300000 m2 son parc de bureaux) avec pour enjeu essentiel la façon d’intervenir sur les équilibres Est-Ouest de la région et l’intégration des nouvelles opérations d'intérêt national annoncées et définies unilatéralement par l’Etat.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En principe, l’ultime phase de la procédure est constituée par l’enquête publique à l’automne 2007, avec la prise en compte des recommandations du commissaire enquêteur et le vote final du projet régional au printemps 2008. Le texte devrait être alors transmis à l'Etat pour analyse du Conseil d'Etat et validation par l'Etat.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette issue est devenue très incertaine depuis l’intrusion de Nicolas Sarkozy avec son discours du 26 juin 2007 demandant à la Région de surseoir à toute cette procédure, au nom de la prétendue nécessité d’un projet plus ambitieux. La même demande a été faite par un courrier du Premier ministre en juillet 2007 au président du Conseil régional. Ce dernier  a cependant maintenu le lancement d’enquête publique. L’issue est donc incertaine et le conflit actuel de procédure renvoie à un conflit des conceptions touchant au devenir de la Région.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le contenu du SDRIF
Les trois défis et les cinq objectifs pour un développement durable
Le SDRIF fixe trois défis majeurs, transversaux à ses orientations, et cinq objectifs fondamentaux pour un développement durable de l’Île-de- France. Ils correspondent à la fois aux enjeux de proximité et à ceux liés aux effets de la mondialisation et du changement climatique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les trois défis sont de&amp;nbsp;:
1 - favoriser l’égalité sociale et territoriale et améliorer la cohésion sociale&amp;nbsp;;
2 - anticiper et répondre aux mutations ou crises majeures, liées notamment au changement climatique et au renchérissement des énergies fossiles&amp;nbsp;;
3 - développer une Île-de-France dynamique maintenant son rayonnement mondial.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les cinq objectifs qui répondent à ces défis visent à&amp;nbsp;:
1 - offrir un logement à tous les Franciliens, avec un objectif central&amp;nbsp;: construire 60 000 logements par an pendant 25 ans et viser un taux de 30 % de logement social à terme&amp;nbsp;;
2 - doter la métropole d’équipements et de services de qualité&amp;nbsp;;
3 - préserver, restaurer, valoriser les ressources naturelles et permettre l’accès à un environnement de qualité&amp;nbsp;;
4 - accueillir l’emploi et stimuler l’activité économique, garantir le rayonnement international&amp;nbsp;;
5 - promouvoir une nouvelle politique de transports au service du projet régional.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le projet spatial régional
A ces objectifs correspond une ambition spatiale visant une meilleure organisation et une réelle solidarité territoriale de la métropole francilienne.
(…)
Les principes de localisation de l’urbanisation nouvelle sont désormais fondés sur des objectifs de développement durable en vue de limiter les consommations énergétiques et les consommations d’espace pour une meilleure efficacité du système interne de la métropole. Il s’agit de limiter les déplacements automobiles et les extensions urbaines, au service d’une ville compacte.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’accent est mis sur la densification des espaces urbains existants et la mutation des friches. La priorité à donner aux aménagements des espaces les mieux desservis est affirmée.
La géographie stratégique et prioritaire
La mise en oeuvre du SDRIF fait appel à deux géographies&amp;nbsp;: celle des territoires stratégiques qui ont, ou doivent avoir, un rôle moteur et structurant pour répondre aux défis qui se posent à l’Île-de-France, celle des sites prioritaires concernés de façon particulièrement forte par les  enjeux de rééquilibrage, de réduction des inégalités et de cohésion
sociale.
Extrait du projet arrêté par délibération du conseil régional du 15 février 2007&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les grandes étapes
Juin 2004&amp;nbsp;: délibération du Conseil régional pour l’ouverture de la mise en révision du SDRIF.
21 octobre 2004&amp;nbsp;: colloque de lancement et publication de&amp;nbsp;: «Eléments pour un bilan du SDRIF de 1994».
Mai 2005&amp;nbsp;: communication du président du Conseil régional sur les premiers éléments d’orientation du nouveau Schéma directeur de la région Île-de-France.
31 août 2005&amp;nbsp;: décret n°2005-1082 ouvrant la procédure de révision du SDRIF.
13 septembre 2005&amp;nbsp;: mandat du Gouvernement au Préfet de région pour la révision du SDRIF.
14 septembre 2005&amp;nbsp;: forum et publication de «les enjeux à prendre en compte dans la révision du SDRIF, note partagée par le Conseil régional, l’État et le CESR à l’issue de la première phase des ateliers thématiques».
Mai 2005 - juillet 2006&amp;nbsp;: ateliers thématiques et territoriaux.
23 juin 2006&amp;nbsp;: délibération du Conseil régional sur «Une Vision régionale pour l’Île-de-France, les orientations de la Région pour la révision du SDRIF».
Septembre-octobre 2006&amp;nbsp;: conférences citoyennes.
12 octobre 2006&amp;nbsp;: avis du CESR «relatif à la révision du SDRIF ».
29 novembre 2006&amp;nbsp;: les États généraux du SDRIF.
15 février 2007&amp;nbsp;: délibération du Conseil régional «arrêtant» le projet de SDRIF.
Juin et juillet 2007: intervention de Nicolas Sarkozy et lettre du Premier Ministre au président du Conseil Régional.
Juillet&amp;nbsp;: confirmation par le Conseil régional du lancement de l’enquête publique du 15 octobre au 8 décembre.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Une expérience mitigée&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’évaluation de cette expérience est difficile car elle ne se prête pas à une approche unilatérale. Et toute tentative de la globaliser est vite caricaturale. Pour la réaliser sérieusement, il faudrait pouvoir restituer des moments très contrastés. Ceux au cours desquels peuvent émerger de vrais débats politiques sur la façon de prendre en compte les processus ségrégatifs, de définir l’attractivité économique ou bien de concevoir un modèle urbain contemporain… Mais aussi ceux au cours desquels l’emportent une rhétorique technocratique qui s’accommode des inégalités ou bien des préoccupations électoralistes locales, amnésiques devant les défis du logement par exemple. En fait se mêlent la capacité réelle à peser sur certains choix déterminants pour l’avenir et les difficultés toutes aussi réelles à donner les dimensions publiques et politiques que de tels choix impliquent. C’est bien ce genre de  paradoxe que devront lever les forces qui entendent construire de nouvelles pratiques politiques.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nos repères
Si on entre un peu dans le détail, le chantier du SDRIF a mobilisé une expertise de grande qualité, notamment de la part de l’IAURIF (Institut d’aménagement et d’urbanisme de la Région Ile de France), et autorisé des débats très ouverts, avec une méthode qui a permis d’identifier des enjeux et de discuter des scénarios possibles.
Nous avons abordé ces 30 mois avec l’ensemble du groupe CACR (Communiste, Alternative Citoyenne, Républicain) avec la volonté de  retravailler la relation entre les exigences du développement économique et les solidarités sociales, ce qui implique de casser le dogme qui voudrait que le développement actuel soit nécessairement inégalitaire. Nous voulions mettre au cœur du projet l’inversion des processus de ségrégations sociales et territoriales qui minent l’Ile de France. Nous voulions aussi que les grands défis de la crise énergétique et climatique soient placés au cœur de cette réflexion prospective. Nous avons souligné en permanence la nécessité d’un débat public sans précédent.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Des prises réelles
Nous avons le sentiment d’avoir laissé une empreinte visible dans la stratégie d’ensemble qui ressort du projet adopté par le Conseil régional en février 2007.
Le texte accorde une place assez centrale à la lutte contre les ségrégations avec une conception du développement adossée à l’égalité sociale et territoriale. Il défend une conception du modèle urbain qui opte pour la ville compacte et s’écarte de l’étalement urbain, ce qui signifie des enjeux de premier plan du point de vue du développement durable. Il donne une grande importance aux questions du logement avec la projection d’un effort de 60 000 logements par an pendant 25 ans – soit 1,5 million - dont 30 % de logements sociaux, seuil au-delà de ce qui figurait dans les versions initiales. Il énonce des choix ambitieux en matière de transports collectifs, très au dessus de ce que prétend financer l’Etat dans le Contrat de plan Etat Région, et l’on sait qu’il s’agit d’exigences déterminantes au regard des enjeux de mobilité et de crise écologique et énergétique. Enfin, la géographie des territoires stratégiques et prioritaires intègre le rôle névralgique du cœur d’agglomération et s’efforce de penser de nouvelles dynamiques territoriales.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Des limites incontestables
Pour autant, l’état du document régional ne lève pas un certain nombre d’interrogations. La nature même de l’exercice est ambiguë. Le projet est une construction entre de multiples partenaires et la cohérence que nous voulons y inscrire n’est pas nécessairement celle que d’autres acteurs veulent y mettre. Dans un document de 150 pages, le risque est réel de perdre de vue les angles les plus saillants de la stratégie d’ensemble et d’aboutir à de simples  juxtapositions d’approches éventuellement contradictoires.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’articulation entre développement économique et solidarité sociale reste une question décisive. Pour concilier les deux termes, il ne suffit pas d’avancer des affirmations incantatoires. Quand on aborde concrètement des opérations telle celle de l’extension de la Défense, on se trouve au cœur des contradictions entre l’insertion dans la mondialisation libérale et les exigences d’équilibres territoriaux. Dans les choix d’implantations d’infrastructures, d’aides de la Région…se pose en permanence la question de la tension entre le parti d’un développement qui dit vouloir affronter les mutations d’une économie ouverte et le parti de la promotion des territoires aujourd’hui les plus relégués.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le caractère effectif de la mise en œuvre des orientations générales retenues est également très incertain. La lutte contre les inégalités ne se fera pas sans moyens financiers conséquents impliquant non seulement l’Etat mais aussi une action redistributive beaucoup plus importante entre les collectivités territoriales.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La troisième interrogation porte sur la conception de l’aménagement de l’espace, le ciblage même de territoires prioritaires. Certes les énoncés retenus pour définir le projet spatial régional apparaissent recevables quand il est question de conforter les grandes polarités de l’agglomération&amp;nbsp;:  Paris, pôles émergents du cœur d’agglomération, ex-villes nouvelles et villes cœur de territoires hors agglomération. Mais la longue déclinaison territoriale du projet  peut laisser  craindre la disparition des priorités. Pourtant, la pertinence du SDRIF se jugera au final sur sa capacité à penser l’interdépendance, à présent incontournable, du cœur de l’agglomération, et donc de Paris intra muros,  et de ce qui désormais n’est plus une périphérie… Ainsi que sur sa capacité à renverser la fragmentation territoriale, qui pénalise si fortement les fractions de la population les plus précarisées et frappe bien au-delà de ce celles-ci.
Le déficit démocratique
La limite principale tient au déficit démocratique du mode d’élaboration et d’arbitrage des choix. Les sujets traités sont les plus politiques qui soient et mériteraient d’innover à grande échelle. L’exercice ne va pas de soi et l’on sait que l’on peut aussi dépolitiser un débat public, si important soit-il, en laissant se multiplier les entrées localistes. Mais l’on sait aussi que l’appétence démocratique est grande quand les questions soumises à débat prennent de la hauteur. L’expérience des rencontres «&amp;nbsp;femmes et SDRIF », dont Claire Villiers avait pris l’initiative en 2006, en avait souligné la possibilité. Le frein essentiel est fondamentalement dans la culture politique qui imprègne l’institution, y compris au travers des partis comme le Parti socialiste ou les Verts qui cèdent facilement à la tentation de considérer que les questions abordées seraient trop complexes pour être discutées à grande échelle. Mais certains des obstacles ne se trouvent-ils pas du côté du mouvement social lui-même&amp;nbsp;? La dissociation des questions sociales, urbaines et écologiques  restent aujourd’hui profondément ancrée dans les représentations. En dépit de tout un patrimoine théorique, la capacité collective des forces progressistes à produire des repères communs reste plus faible quand il est question d’urbanisme que lorsqu’il s’il s’agit de traiter de protection sociale ou d’emploi. Et cette dissociation, qui rend plus opaques les contradictions sociales à l’oeuvre dans l’aménagement urbain, ne renvoie-t-elle pas à une autre dissociation&amp;nbsp;: entre l’entrée par le lieu de travail, qui est spontanément celle du syndicalisme, et celle, plus territoriale, de l’institution politique&amp;nbsp;?
Quoiqu’il en soit, sur un dossier comme le SDRIF, l’affrontement avec les conceptions de l’Etat Sarkozy sur le développement de l’Ile de France ne pourra se mener efficacement sans une implication de nouvelles composantes du mouvement social. La procédure même d’enquête publique de l’automne 2007 ne peut-elle être l’occasion d’interventions citoyennes nouvelles&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour ne pas conclure&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette expérience conforte la conviction que la démocratie est une des clés essentielles pour bousculer les choix établis. Cette perspective invite les acteurs sociaux à mener deux débats actuellement trop vite expédiés.
Le premier, récurrent mais jamais abouti, et aujourd’hui mal réglé, concerne l’équilibre entre protestation et proposition. Le penchant naturel est celui de la protestation, le défi reste la proposition.
Le second concerne le renouvellement même des formes de la démocratie. Pour dépasser les conceptions délégataires, et à l’arrivée inévitablement gestionnaires, il ne suffira pas de proclamer son indépendance à l’égard des institutions. C’est le double piège de l’indifférence et de la déférence à l’égard des institutions que le renouvellement des formes démocratiques doit dépasser. De ce point de vue ce n’est pas simplement l’appel à la démocratie participative, comme supplétif ou béquille de la démocratie représentative, qui peut permettre de surmonter la difficulté. Seule une implication nouvelle des acteurs sociaux dans l’élaboration et la confrontation des choix politiques peut permettre de  renforcer les perspectives de transformation sociale et de révision des modes du développement.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;A consulter
http://www.sdrif.com/ Site du conseil régional Ile de France comprenant l’ensemble des documents de travail sur la révision du SDRIF&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pouvoirs locaux. N° 73. II/2007. Dossier&amp;nbsp;: Paris Ile de France, comment gouverner la «&amp;nbsp;métropole régionale&amp;nbsp;» ?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Revue Urbanisme. Notamment  hors série, n° 29. Novembre-décembre 2006. SDRIF&amp;nbsp;: défis, planification, identité. N° 352. SDRIF&amp;nbsp;: conflits géopolitiques en Île-de-France. Simon Ronai.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.alternativecitoyenne-elus.org/francois-labroille/index.php/post/2007/12/25/Amenagement-de-lIle-de-France-Une-epreuve-de-realite-pour-de-la-rue-aux-urnes#comment-form</comments>
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    <title>Contribution personnelle rédigée le 10 septembre 2007</title>
    <link>http://www.alternativecitoyenne-elus.org/francois-labroille/index.php/post/2008/08/10/Contribution-personnelle-redigee-le-10-septembre-2007</link>
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    <pubDate>Mon, 10 Sep 2007 20:27:00 +02:00</pubDate>
    <dc:creator>François Labroille</dc:creator>
        <category>contributions</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Une tentative de clarifification des termes du débat sur les choix possibles sur les municipales pour les collectifs antilibéraux à Paris&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Entre la perspective d'une alliance de B. Delanoë avec le Modem au second tour, préfiguration d'une construction politique nationale désastreuse, et celle d'un refuge protestataire hors des institutions tout aussi stérile, j'espère encore que l'on sera capables de bâtir une démarche crédible sur Paris. Ca ne va pas être facile.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je plaidais depuis plusieurs mois pour investir ces élections compte tenu du rayonnement national de leur enjeu. En même temps, je deviens de plus en plus perplexe au fil des jours et de mes contacts. Le Pcf est sur une hypothèse de liste avec Delanoë au 1 er tour et la direction nationale de la LCR a parlé de 500 listes aux municipales et donc très probablement de jouer sa carte sur Paris. Les VERTS ont annoncé de leur côté une liste de1er tour. Enfin, au niveau de l'intercollectif parisien, rien n'a certes été tranché mais le sentiment majoritaire en juillet était que les municipales étaient « pliées d'avance » et qu'il valait mieux passer ce tour. Par ailleurs les résultats des présidentielles et des législatives sur Paris ont donné des rapports de forces que l'on a tous en mémoire.
 
Pour forger ma conviction, je souhaite donc discuter de ce qui est accessible et de ce qui ne l'est pas.
 
Si on peut :
·	rassembler une liste de Premier tour, sur les 20 arrondissements, vraiment large, incluant y compris le PCF voire une partie de la LCR,
·	se placer résolument dans la perspective d'une majorité de gauche avec alliance au second tour
·	avec un projet pour Paris et la région en portant les solidarités indispensables Paris/banlieue, la lutte contre les inégalités
·	envisager de passer le seuil de 5 % des voix nécessaire pour une fusion au second tour.
 
Alors cela vaut la peine de tout faire pour y parvenir…Même si cela demande tout un effort de construction en appelant avec des communistes, des socialistes de PRS, MARS, des membres de la LCR, des animateurs des collectifs… à refuser la dérive avec le MODEM. Avec ce volontarisme, il n'est peut-être pas impossible de créer en quelques semaines une situation nouvelle.
 
Mais si on ne peut pas faire plus qu'une liste de témoignage,
·	sans potentiel électoral,
·	coincée entre une liste LCR, une liste Delanoë de 1 er tour avec le PCF et une liste des Verts ,
·	parce que les jeux sont pratiquement faits entre Delanoë qui sait avoir des atouts et pouvoir mettre sous pression tous ses alliés (le PCF seul ne pourrait faire 5 % seul et perdrait ses élu-e-s&amp;nbsp;; les VERTS espèrent capitaliser une identité sur Paris mais répondront positivement aux demandes de Delanoë).
 
Alors, je ne vois pas l'intérêt de s'épuiser dans une bataille électorale perdue d'avance, coûteuse en financement et en énergie, et qui ne pourrait que donner une mesure totalement miniaturisée de l'ambition que nous avons de faire émerge rune force politique nouvelle très large et ancrée à gauche. Dans ces conditions, mieux vaudrait se concentrer sur le travail pour relier luttes, nouveau projet et nouveau rassemblement.
 
Peut-on imaginer une hypothèse intermédiaire de listes sur quelques arrondissements, voire d'une liste sur le 18 ème ? J'aimerais entendre les arguments en Pour et en Contre. Spontanément, autant je pense que l'investissement que nous avons fait pour les législatives étaient passionnant parce qu'il visait à démontrer qu'une démarche unitaire antilibérale n'était pas une illusion, autant je pense que rééditer l'expérience aux municipales n'aurait plus beaucoup d'intérêt, sauf à faire de « l'exception du 18 ème » une fin en soi. Mais je me trompe peut-être. En tout état de cause, cette hypothèse ne prend de l'intérêt que si elle concerne vraiment plusieurs arrondissements avec un seuil de 5 % accessible.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;François Labroille
 
Le 10 septembre 2007&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.alternativecitoyenne-elus.org/francois-labroille/index.php/post/2008/08/10/Contribution-personnelle-redigee-le-10-septembre-2007#comment-form</comments>
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    <title>Un champ de ruines. Reconstruire, mais comment ?</title>
    <link>http://www.alternativecitoyenne-elus.org/francois-labroille/index.php/post/2007/09/10/Un-champ-de-ruines-Reconstruire-mais-comment</link>
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    <pubDate>Mon, 10 Sep 2007 16:58:00 +02:00</pubDate>
    <dc:creator>François Labroille</dc:creator>
        <category>contributions</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Un article de Louis Weber paru dans &quot;raisons d'agir&quot; de septembre 2007 à patir d'entretiens avec  notamment Christophe Aguiton, Claude Debons, Roger Martelli, Claire Villiers, François Labroille&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Un champ de ruines. Reconstruire, mais comment ?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Gauche critique, gauche radicale, gauche de la transformation sociale… le vocabulaire  n’est pas toujours très stable. Les animateurs de la gauche de la gauche utilisent l’une ou l’autre de ces expressions, parfois les trois ensemble. Incapacité de bien encore délimiter l’espace politique revendiqué&amp;nbsp;? Volonté de privilégier, y compris dans la façon de se nommer, le fait qu’il s’agit d’un processus en cours et non pas d'une structuration figée&amp;nbsp;? Tout cela à la fois sans doute. Louis Weber a interrogé quelques-uns des animateurs des collectifs issus du 29 mai sur leur analyse des raisons de l’échec électoral et la façon dont ils voient la suite. Pour ce premier article, priorité a été donnée de façon délibérée à des interlocuteurs issus du &quot;mouvement social&quot;, de préférence aux responsables politiques &quot;officiels&quot; des partis de la gauche de la gauche.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rubrique : Chronique de la gauche de la gauche&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si la séquence électorale de 2007 et surtout l’élection présidentielle ont constitué une lourde défaite pour la gauche, la situation est pire encore pour la ‘gauche de la gauche’. Au-delà de la faiblesse globale du score des trois candidats rescapés du processus mis en place pour désigner un(e) ‘candidature unitaire’ issu(e) du ‘non de gauche’ au référendum du 29 mai 2005, c’est la situation dans les divers collectifs héritiers de ceux qui s’étaient constitués dans tout le pays au cours de la campagne du ‘non’ qui frappe. « L’espace antilibéral a multiplié les fragmentations », pour Claude Debons, principal coordinateur des collectifs du non, puis des collectifs unitaires créés à leur suite en mai 2006 pour animer la campagne antilibérale en vue des élections de 2007. Un « champ de ruines » pour Claire Villiers, vice-présidente du Conseil régional d’Île de France, qui a participé à la première coalition électorale à « gauche de la gauche » à l’occasion des élections régionales de 2003. Le résultat le plus immédiat a été l’organisation de deux réunions distinctes après les législatives. La première a eu lieu les 23 et 24 juin derniers et a rassemblé essentiellement, mais pas exclusivement, ce qui restait des comités Bové. Elle a adopté un texte et annoncé des « Assises des collectifs unitaires à l'automne 2007 ». Comme tous les mots sont en général codés dans ce type de document, il faut regarder de près ce que contient, pour les initiateurs de la réunion, le mot-tiroir de « collectifs unitaires » : il s’agit de « citoyens engagés, membres ou non d'organisations politiques, associatives, syndicales, de courants. », porteurs donc d’appartenances variés mais sans les représenter, les organisations n’étant pas en tant que telles membres des collectifs. Ce qui rompt avec une pratique instaurée il y a une vingtaine d’années – le même structure réunissant des individus et des organisations – et qui, il faut le reconnaître, a été à l’origine de bien des crises. Deux semaines après, le 7 juillet, quelques-uns des principaux animateurs du mouvement depuis le référendum, individus mais aussi représentants d’organisations ou de fractions d’organisations, annonçaient la création de « Maintenant à gauche ! ». L’ambition annoncée, « contribuer à l’émergence d’une nouvelle force politique de la gauche de transformation », n’est pas différente. Mais il n’est pas question pour le moment de créer une structure ou un réseau supplémentaires, qui prendrait ensuite contact avec les forces constituées et s’efforcerait de les rassembler. « Maintenant, à gauche ! » voudrait parler d’abord de contenu et inciter les partis actuels de la « gauche de gauche », le Parti communiste, la Ligue communiste révolutionnaire et quelques autres, à « se dépasser » et non pas les contourner en les tenant d’abord à l’écart.
C’est une des lignes de tension anciennes au sein de la gauche de gauche. Que faire des partis politiques existants, en somme ? Pour bien comprendre comment et pourquoi cette question peut se poser, il faut tenir compte du fait que parmi les militants qui se sont rassemblés pour constituer dans la période récente les collectifs aujourd’hui en crise, beaucoup étaient soit en rupture de parti, soit minoritaires dans leurs partis ou encore engagés dans ces structures nouvelles que sont les collectifs par allergie aux partis.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pourquoi la crise des collectifs ?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les réponses sont évidemment différentes selon les origines militantes des protagonistes que nous avons interrogés. Une constante apparaît cependant : chacun a pointé la difficulté à articuler le social et le politique comme une des causes principales de l’échec du processus. Ce qui met d’abord en cause les partis politiques constitués, incapables de proposer un relais politique à un mouvement social particulièrement dynamique et innovant depuis une bonne dizaine d’années. Et cela faute d’avoir un ‘projet’, un mot qui, après une période de relatif discrédit après les désillusions de l’après-1981, reviendra souvent dans les conversations.La période 1995-2006 a en effet été celle de luttes sociales qui ont transformé le pays et changé le rapport des Français à la politique. Mais aucune de ces luttes n’a pu être convertie en projet susceptible d’être porté par une majorité de la population.
Christophe Aguitton a participé à beaucoup d’initiatives sociales innovantes depuis la création de Sud-PTT à la fin des années 1980. Il s’est retrouvé avec José Bové dès après le référendum. Pour lui, la victoire du ‘non’ ouvrait précisément une perspective pour articuler politique et mouvements sociaux. « Le premier appel, en septembre 2005, a été signé par un large éventail de personnes et d’organisations, y compris la LCR. Beaucoup de jeunes se sont engagés par ailleurs, notamment à partir de l’appel ‘Votez Y’. Trois projets coexistaient cependant chez les participants. Les Verts étaient pour une candidature unique de la gauche. Une partie du mouvement associatif prônait un ‘consensus interpellatoire’ pour faire pression sur les candidats, sans envisager cependant une candidature propre. Enfin, une dernière composante voulait dès ce moment rassembler le courant antilibéral et présenter une candidature à ce titre, celle de José Bové en l’occurrence. Le problème, à cette époque, était le‘poids social’ assez faible du rassemblement. Ce n’est que progressivement en effet que les anciens comités du non ont basculé vers les nouveaux comités. Mais la vraie difficulté, jamais surmontée, était le fait que, pour toute une série de raisons, les comités avaient besoin des ‘appareils’, alors que ceux-ci, souvent des ‘micro-appareils’ au demeurant, portaient une pléthore de particularismes et d’intérêts propres ». D’où, pour Christophe Aguitton, deux raisons immédiates à l’échec. La première est conjoncturelle. « Elle vient de ce que j’appelle ‘l’effet pétrole’ : les pays qui bénéficient de la rente pétrolière cessent de penser leur avenir. À la LCR, l’effet Besancenot joue le même rôle et empêche ainsi de faire de la politique. La deuxième raison, plus profonde et plus grave, tient au fait que la gauche dans son ensemble est incapable de penser en termes renouvelés le capitalisme du xxie siècle, et donc la sortie du capitalisme.&amp;nbsp;»
Roger Martelli est membre de la direction du parti communiste et un des initiateurs de la création des « Refondateurs communistes » en mars 2007. Il note, à partir de 1993, une inflexion sur le terrain de la conflictualité sociale, alors que les deux décennies précédentes avaient été marquées par un grand reflux et une succession de défaites ouvrières. « À partir de ces années, on voit apparaître un nouvel acteur : le mouvement social, qui ne se confond pas tout à fait avec le mouvement ouvrier. Ce qui fait émerger un problème qui n’a pas trouvé de solution à ce jour : comment articuler la conflictualité sociale à une construction politique ? La difficulté, c’est la dichotomie entre le champ politique constitué, avec les partis qui existent, et le mouvement social. L’extrême gauche a certes eu l’intelligence de se raccrocher au mouvement social (liens avec les « sans », les nouveaux syndicats). Mais, comme le PC ou le PS, elle propose des réponses anciennes à des mouvements qui sont nouveaux. »
Pour lui, le projet de TCE avait un aspect global, articulant l’économique, le social et l’institutionnel. Ce qui a « en quelque sorte contraint à une rencontre ‘nécessaire’ depuis 1995. Les collectifs du non ont rassemblé mouvement social, syndicats et partis politiques, dans une dynamique d’agrégation. Alors que tout avait échoué entre 1995 et 2005, cela a marché, non seulement théoriquement mais aussi pratiquement. C’est la tentative de ‘reproduire’ ce processus dans la séquence électorale de 2007 qui a échoué. »
« Le xxe siècle a été marqué en France par un certain type de relation entre le social et le politique, distincte de celle du travaillisme et de la social-démocratie. Il y a eu longtemps une forte subordination du social au politique, notamment à la CGT. Cette subordination a été ‘propulsive’ à une certaine époque. Mais il y a eu inversion vers 1960. Pour échapper à la subordination, les syndicats se sont affranchis du politique, selon des modalités variées. À ce modèle s’ajoute le syndicalisme révolutionnaire, qui postule que l’association syndicale ou sociale peut être elle-même le lieu de la recomposition politique. Il influence une grande partie du nouveau mouvement associatif dit de lutte, notamment autour de José Bové. L’articulation ne se fait dans aucun de ces cas, ce sont alors les logiques d’organisations, voire d’appareils, qui finissent par dominer. »
Claude Debons a été au cœur de la plupart des dispositifs unitaires mis en place avant et après le 29 mai 2005. «&amp;nbsp;Ce qui faisait alors ‘sens commun’ pour la gauche antilibérale est résumé dans l’appel des 200 d’octobre 2004&amp;nbsp;: le non au référendum et la réorientation nécessaire de la construction européenne. L’idée était alors de couvrir le pays avec des collectifs unitaires pour le non. Pour les associations, les syndicats et les militants individuels, il s’agissait de trouver un cadre qui préserve du ralliement à un parti politique. Le mouvement est allé crescendo, avec rapidement des meetings unitaires très suivis. » Pour lui, « les ennuis ont commencé quand il s’est agi de répondre à la question : que faire de cette victoire ? Les mauvais signes, qui annonçaient la suite, sont venus très tôt. Les partis politiques ont en effet fait une mauvaise lecture de ce qui s’était produit. Par exemple, Marie-George Buffet a proposé rapidement une ‘candidature communiste à la présidentielle pour incarner le ‘non’. Pour la LCR, les collectifs avaient rempli leur mission et le temps était venu de se rassembler autour d’Olivier Besancenot. Les Verts ont été absorbés par leurs enjeux internes. Il y a donc eu, pendant un temps, retrait des militants politiques. Les collectifs ont survécu grâce aux militants associatifs et syndicaux. Nous avions les échéances électorales de 2007 en tête. Mais nous avons vu dans l’appel autour de José Bové en septembre 2005, le risque de ‘pulvériser les collectifs’ et avons privilégié un processus plus lent de maturation, en posant d’abord les questions programmatiques, à commencer par la rédaction d’une Charte. Cette divergence de vues sur les étapes de la construction unitaire reste aujourd’hui une de nos difficultés.
Pour Claude Debons, « la direction du PCF n’a jamais envisagé autre chose que la candidature de Marie-George Buffet, confortée par le retrait de la LCR et de PRS. Les collectifs n’ont pas réussi à faire admettre que le rassemblement ne pouvait pas se faire autour d’une ‘grande figure’ de l’un des partis de la gauche de la gauche. Des écolos, altermondialiste et quelques collectifs ont ensuite orchestré le retour de Bové (pétition Internet). Mais deux conceptions différentes se sont exprimées au moment de prendre la décision&amp;nbsp;: aller jusqu’au bout, quoi qu’il arrive, ou faire du projet de candidature une « interpellation unitaire », un moyen de pression sur les deux autres (Besancenot, Buffet) en lui donnant une légitimité plus grande grâce aux collectifs. Rendez-vous devait être pris en mars pour évaluer la dynamique engendrée. Mais la machine était lancée.&amp;nbsp;»
Au-delà de la difficulté à s’entendre sur une candidature commune, Claude Debons voit lui aussi la question des structures : « Fallait-il pousser à la création d’un ‘mouvement du 29 mai’ ? Les principaux animateurs du collectif national n’ont pas souhaité créer un ‘mouvement’ supplémentaire, mais dépasser la fragmentation en intégrant des composantes diverses. Les trajectoires des uns et des autres ont ensuite divergé au cours de la campagne, dans un (tout) petit espace politique, l’espace antilibéral.&amp;nbsp;»
Claire Villiers est venue à la politique à partir du syndicalisme. Elle défendait au sein de la CFDT l’idée que «&amp;nbsp;l’autogestion est la suite du syndicalisme révolutionnaire ». Elle a ensuite « transposé dans la sphère politique sa posture syndicale, avec le refus de la division : champ politique/champ syndical, syndicat/parti. »
Pour elle aussi, « c’est la hiérarchie/articulation entre le social et le politique qui est au cœur des débats de la gauche de la gauche. Comment exercer le pouvoir ? Quel rôle pour les élus ?, etc. »
Dans son expérience militante, et s’agissant de difficultés liées à la structuration d’un mouvement, AC ! a constitué un archétype. « L’idée a été de mettre ensemble des syndicats, des associations et des chercheurs. Dès l’origine, on retrouvait une configuration qui avait déjà posé des problèmes à Ras l’Front : il y avait d’un côté un réseau fondé par des responsables d’organisations (même si celles-ci ne s’impliquaient pas forcément) et de l’autre des individus qui voulaient créer une organisation et qui ne se sentaient pas représentés dans ce réseau des réseaux. Ce problème, jamais résolu, va se poser plus tard dans ATTAC, entre autres. Les collectifs unitaires n’allaient pas y échapper , avec une difficulté supplémentaire : la présence de minoritaires d’organisations non participantes. »
Pour elle, les raisons de l’échec sont complexes. « La LCR n’a pas de vision stratégique pour la gauche radicale autre que le grossissement de la LCR. Elle ne sait pas répondre à la question : comment un militant révolutionnaire peut-il inscrire son action dans un travail institutionnel ? Le PCF reste la force principale, en termes de militants. Mais son problème est le même : comment en France, en Europe et dans le monde, concevoir les outils pour rassembler la gauche radicale, ce qui suppose son propre dépassement. Les partenaires du PCF ont cru qu’il était prêt à mener le débat jusqu’au bout avec Marie-George Buffet comme proposition, puis s’incliner. L’expérience a montré qu’il y avait erreur. »
La gauche de la gauche a aussi sous-estimé l’état réel du pays, sur le plan idéologique. Le référendum avait fait illusion parce qu’il s’agissait d’une bataille en ‘contre’. Claire Villiers ne croit pas à un glissement à droite de la société « mais il faut s’interroger sur les raisons pour lesquelles des antilibéraux de 1995 ont pu voter pour Sarkozy. Il faut trouver les réponses à tous les étages. Par exemple, pour la TVA sociale, il ne suffit pas de dire qu’elle fera augmenter les prix. Il faut aller plus loin et montrer qu’elle détourne une part de la richesse produite au bénéfice du patronat. Il y a un problème de compréhension des relations dialectiques entre l’individuel et le collectif. Il faut montrer que sans garanties collectives, il n’y a pas de perspective pour les individus. »
François Labroille a été responsable syndical à la FSU jusqu’en 2003. Il est ensuite entré en politique, via la CCAG et les élections régionales de 2004. Au départ, il s’agissait pour lui de « contribuer à rassembler un arc de forces très large à la gauche du PS, avec des personnes ayant des pratiques différentes et qui veulent dépasser aussi bien le champ politique que le champ syndical traditionnels, faire bouger en somme les lignes entre les deux. Les partis politiques ont une vision erronée du champ social, qu’ils veulent instrumentaliser. Les mouvements sociaux ont souvent une visée condescendante du politique. » Ce qui était intéressant dans le mouvement, « c’était les trajectoires, des individus. S’il y a échec aujourd’hui, il n’est que provisoire. » Car il y a eu « décloisonnement de ce qui était jusqu’alors en concurrence. Il s’agissait d’intégrer les expériences de ceux que l’on combattait jusqu’alors. En dépassant la concurrence, on va beaucoup plus loin. »
N’ayant jamais « surestimé la dynamique du ‘non’, qui était complexe, avec une part de régression », il constate cependant que «&amp;nbsp;la dynamique unitaire s’est rompue et qu’il faut donc ‘construire’ quelque chose de neuf. » Les difficultés sont anciennes. « À partir de 1995, il y a eu échec répété dans les tentatives de produire des alternatives. Au cours du mouvement de cette année-là, il y avait des enjeux de société, l’aspiration à la démocratie par exemple, et pas seulement des revendications matérielles. Mais le résultat a été très pauvre de ce point de vue. Le phénomène s’est reproduit en 2003 : le mouvement a posé des questions essentielles, la solidarité entre générations, par exemple. Mais il n’y a eu ni débouché intellectuel, ni débouché social, ni débouché politique. »
« En 2007, il y a eu des rassemblements électoraux, mais pas de vision commune en termes de projet. La fragmentation n’est donc pas seulement celle des collectifs, elle est aussi celle qui sépare les intellectuels , le politique et le social. Un thème comme l’antilibéralisme est par exemple pauvre en termes de contenu. Son usage passe-partout incite à la paresse. C’est un peu la même chose pour l’altermondialisme. Du coup, les programmes ont faibles. On répète que le SMIC à 1500 euros sera financé en récupérant les 10 points de plus value perdus par les salaires. Tout se passe comme si la radicalité passait par la magie de quelques chiffres, ce qui dissimule la pauvreté de la pensée sur le contenu de la rupture avec le modèle social actuel. »
Pourquoi cette difficulté à penser un projet de société depuis dix ans ? Pour François Labroille, il ne suffit pas de se réunir pour accumuler les demandes. « Ce qui fait défaut, c’est la rencontre entre communauté intellectuelle, mouvements sociaux et acteurs politiques. Ce qui veut dire aussi que l’échec de la candidature antilibérale n’est pas le résultat d’enchaînements factuels. Il plonge plus profond. Les rivalités sont venus après, par-dessus. Mais, à l’inverse, il ne suffit pas d’être en dehors des cadres politiques traditionnels pour avoir de la compétence. Dans les collectifs, on a souvent l’impression que la prétention à diriger est inversement proportionnelle à la compétence. En somme, il y a sous-estimation du travail intellectuel, du travail nécessaire pour produire un projet. De ce fait, la question de la candidature a été hypertrophiée. En revanche, on n’a guère « posé la question de fond&amp;nbsp;: Pourquoi la gauche de la gauche n’a-t-elle pas de projet ? Pourquoi passe-t-elle à côté de la jeunesse, à côté même de la société, d’une certaine façon ? Bové a été une réponse à une frustration immédiate, une fuite en avant. Mais il n’y a rien eu ensuite. Sa candidature n’a pas été la matrice d’une régénération. Il est possible que les processus de fragmentation et les guerres tribales continuent. Mais cela ne fait pas une stratégie politique. »
Christophe Ventura est de cette génération pour qui l’engagement altermondialiste a coïncidé avec l’entrée en politique. Il a été un des animateurs de la tentative, finalement avortée, de présenter des listes ‘100% altermondialistes’ aux élections européennes de 2004. Il a participé au collectif du 29 mai pour ATTAC après le référendum, après un débat interne assez vif. Cela a duré pendant toute l’existence de ce collectif, jusqu’à sa transformation en collectif unitaire en mai 2006. Pour ATTAC, le travail unitaire sur le référendum était possible, mais non pas pour des élections.
Christophe Ventura n’a jamais cru à la possibilité d’une candidature unique. Pour lui, cela revenait en effet à tenter une recomposition politique à partir des appareils issus du mouvement ouvrier. Ce qui lui paraissait impossible, « notamment à cause des réflexes boutiquiers. Il faut renouveler, construire une force politique nouvelle, et non pas recomposer. Beaucoup de terrains (le contenu et les formes du militantisme, la place de l’individu, l’environnement, etc.) ne sont pas couverts aujourd’hui par l’offre politique existante. La demande est pourtant forte. » Mais les gens « ne voteront plus pour des partis trop marqués par leur histoire (LCR, PCF). Le ‘plus médiatique’ qu’apporte Besancenot a pu faire illusion. Mais les législatives ont remis les pendules à l’heure. »
Pourquoi une force politique nouvelle ? Pour Christophe Ventura, « cette question est omniprésente, y compris dans l’apparition d’associations comme ATTAC, qui s’est développée sur fond de crise politique entre 1998 et 2005. Il y a en effet explosion de la demande d’offre politique, la critique du capitalisme est à nouveau à l’ordre du jour, la question politique est revenue au centre du jeu, comme forme d’expression sociale. » Le problème, pour l’instant, est que ces aspirations nouvelles sont portées par des forces anciennes. Les listes altermondialistes pour les européennes de 2004 s’inscrivaient au contraire dans la tentative de renouveler l’articulation entre mouvement social et champ politique.
« Les collectifs sont cependant des formes proto-politiques, associant organisations et individus. Cela ne pouvait pas marcher. D’où la désillusion. Beaucoup de collectifs ont privilégié le processus pour le processus, le mouvement pour le mouvement et par le mouvement. Ce qui passait par une forme de négation des contradictions idéologiques. On a agglutiné, mais sans donner du ‘sens commun’. Il manquait une pensée ‘globale’ pour donner sens. Il y a eu en quelque sorte d’un côté retour vers le syndicalisme révolutionnaire à travers le refus de séparer syndical et politique, mais sans qu’il y ait, de l’autre côté, fusion du ‘revendicatif’ dans un projet politique. »&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et maintenant ?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les convictions anciennes sur les mérites respectifs des organisations, des réseaux et des mouvements ne vont certainement pas changer. Elles n’ont d’ailleurs empêché la gauche de la gauche de travailler ensemble et personne ne les tient pour responsables de la situation actuelle. Ce qui a fait défaut, c’est, pour reprendre ce qui a été un véritable leitmotiv, un ‘projet’. La défaite électorale apparaît en effet d’abord comme un ‘échec idéologique’, mis en rapport avec le ‘travail en profondeur’ (et qui parfois fascine intellectuellement) de la droite incarnée par Nicolas Sarkozy. Pour autant, la reconstruction ne consiste pas simplement à faire comme avant , avec un projet en plus. L’alchimie est plus complexe au moment où la gauche dans son ensemble accuse un retard dans ses analyses qu’aucun de nos interlocuteurs n’a contesté.
Christophe Aguitton appelle de ses vœux une « refondation programmatique ». Il manque à la gauche de la gauche une ‘vision du futur’. Pour la démarche, il suggère la méthodologie du logiciel libre, qui permet, par un travail coopératif, d’augmenter l’espace des biens communs. Il y a de ‘grandes questions’ qu’il est nécessaire de traiter aux trois niveaux, local, national, mondial, avec dans chaque cas la préoccupation de l’environnement et celle, tout aussi essentielle, du contrôle par les citoyens.&amp;nbsp;: la nouvelle révolution énergétique et la sortie du pétrole, les multinationales dans le contexte de la mondialisation, l’urbanisation, avec bientôt 50% de l’humanité habitant dans les grandes villes, etc.
Pour Roger Martelli, un cycle se termine et la victoire de Sarkozy marque une rupture : il a réalisé à droite ce qui semblait impossible jusqu’ici. La France fait donc sa contre-révolution libérale après les autres. La tentation est très forte de créer en face de cette droite une gauche qui s’adapte. Le problème stratégique lui paraît donc être le suivant : comment garder le cap de l’antilibéralisme, tout en ne reprenant pas à l’identique ce qui a échoué ? Il existe une exigence de renouvellement, qui devrait empêcher de se satisfaire de la reproduction. La gauche de la gauche doit incarner ce renouvellement dans tous les domaines, ceux de la dynamique sociale et de la dynamique politique. L’antilibéralisme a en effet un double inconvénient : il laisse le terrain de la liberté, y compris celle de l’individu, aux libéraux ; c’est un ‘anti’, qui ne peut constituer un mythe de rechange à ceux qui ont échoué. ». D’où l’idée d’un ‘projet post-libéral’, qu’il faut penser en termes de réseaux.
Claude Debons pense lui aussi que la droite tire aujourd’hui les bénéfices d’un travail idéologique de plusieurs années, sur la valeur travail – alors que la gauche parle de la fin du travail –, sur l’Etat nation (où va la France ? Être français, c’est quoi aujourd’hui ?), etc. Ses réponses sont celles d’un libéralisme économique plus agressif, qui va s’attaquer d’abord au droit du travail et conjuguer le conservatisme moral avec l’autoritarisme. Mais il a bien perçu certaines attentes de la société, y compris en matière européenne (euro, Banque centrale, etc.). Par contrecoup, il révèle très fortement le retard idéologique de la gauche.
La société n’a pas basculé à droite, comme en témoigne « le fait que les gens se cabrent dès que le social revient (TVA sociale, franchises). Les ressorts anciens (1995, 2003, 2005, etc.) sont donc toujours là ». Ce qui manque à gauche, c’est donc une reconstruction idéologique, pour redonner du sens aux choses, reconstruire les solidarités, pour aller vers un bloc social majoritaire. Sarkozy a sapé tout cela en introduisant des oppositions : ceux qui se lèvent tôt/les assisté, les immigrés/les autres, etc.
L’échec de 2007 n’est donc pas un accident, dû par exemple au fait que Ségolène Royal n’aurait pas été bonne. Il est plus profond. Au sein du PS, l’évolution vers le social-libéralisme est la plus probable. Que fera alors PRS ? À la gauche du PS, la situation est « sombre ». Le PC était KO debout, il a bénéficié d’un sursaut aux législatives, grâce à son enracinement local. Mais le débat interne ne s’engage pas bien. La LCR voudrait faire surgir, sur les bases de son analyse de la situation, un appel à la création d’un nouveau parti. Tout cela sur fond d’une immense déception.
Beaucoup de collectifs ont éclaté. Il reste aujourd’hui des comités Bové « maintenus », éventuellement appelés unitaires, et des vrais ‘collectifs unitaires’, dans la tradition du 29 mai. La coordination qui s’est réunie les 23 et 24 juin 2007 n’a plus qu’une légitimité partielle du fait de ses liens avec la campagne Bové. Le débat interne porte sur la question&amp;nbsp;: comment continuer, en se structurant (ce qui est différent d’une coordination souple).
Cela ne lui paraît pas être la bonne solution. « Si on veut rebondir, il faut une nouvelle force politique qui ne se construira ni à partir des partis existants, ni par un surgissement citoyen qui les ignorerait. L’exemple allemand intéresse car il montre que l’on peut dépasser des héritages culturels très différents (celui de la gauche du SPD et des syndicats, celui du PDS). Cette différence est sans doute plus importante que celles qui existent au sein de la gauche de la gauche en France ! »
Pour Claire Villiers, construire un projet doit tenir compte du fait qu’il y a allergie aux ‘projets ficelés’. Il y a deux façons de faire, pour convaincre : « votez pour nous, nous ferons… » et « construisons ensemble, discutons de la dynamique dont ce monde a besoin pour que nous – moi, les autres, ma famille – puissions y vivre. Cette démarche est différente de celle qui consiste à élaborer un projet et à le soumettre aux gens. »
Il faudrait donc savoir penser des cadres protecteurs irrigués par la dynamique collective et non pas par la délégation. Ce n’est pas la démocratie participation comme la prône Ségolène Royal, qui est un face à face entre individus abstraits de leurs appartenances et les élus. Il faut au contraire faire vivre les réseaux d’appartenances avec productions de réponses, de dynamique collective, de pensée. On créerait ainsi un creuset pour une nouvelle construction démocratique.
Pour elle, « on peut essayer de remettre les compteurs à zéro dans les collectifs mais il restera des traces. Ce qui doit inciter à analyser plus finement la situation de la gauche en France. Faut-il viser un élargissement de la gauche radicale ? Ou tenter de faire en sorte que toute la gauche devienne une gauche de transformation sociale ? Sommes-nous à la fin du cycle qui a commencé en 1995 et qui s’est poursuivi avec les forums sociaux et l’altermondialisme ? Ne faut-il pas penser à autre chose ? Comment par ailleurs remédier à la grande faiblesse des structures européennes regroupant la gauche radicale ? »
Pour François Labroille, les collectifs se sont rétrécis mais restent dynamiques. Les 23 et 24 juin, ils ont réuni 150 à 180 personnes. Mais « la tentation existe de cultiver le ressentiment à l’égard des partis. Elle peut conduire à vouloir créer une nouvelle force sur une base anti-partis, pour exister, mais sans que le projet soit très clair (l’échec, c’est à cause de la division, la division, ce sont les logiques de partis…). D’autres pensent qu’entre la posture protestataire de la LCR et le PS, il est possible de rassembler une force de gauche sur un arc large. Pour cela, il faut relever le défi intellectuel de la construction d’un nouveau projet, ce qui passe par la diversité des partenaires. Le pari, c’est de faire se rencontrer des cultures politiques diverses, qui se sont affrontées jusqu’ici. Il faudrait travailler sur le fond, avec un angle très ouvert (y compris générationnel). Les comités anciens étaient coupés des milieux culturels et artistiques, des milieux intellectuels. C’est méconnaître le fait qu’il existe des univers où l’on réfléchit et qui sont pourtant très éloignés des cercles politiques. Le problème pour la gauche de gauche, c’est de capter ces milieux. Car Sarkozy a montré une extraordinaire capacité à récupérer les thèmes de la gauche, à les vider de leur sens, pour les remettre, ainsi dénaturés, en résonance avec les attentes des gens. C’est plus qu’un procédé, un vrai travail de fond.
Christophe Ventura pense lui aussi qu’il «&amp;nbsp;faut renouveler, construire une force politique nouvelle, et non pas recomposer. Beaucoup de terrains (le contenu et les formes du militantisme, la place de l’individu, l’environnement, etc.) ne sont pas couverts aujourd’hui par l’offre politique existante. La demande est pourtant forte. L’idée de mettre simplement les gens en mouvement pour produire un acteur nouveau ne marche pas, surtout s’il y a, comme dans les collectifs, de profondes contradictions idéologiques, façonnées par l’histoire politique des militants. »
En 1978, dix ans après mai 68, une affiche humoristique montrait deux personnages dont l’un brandissait un pavé et l’autre le questionnait&amp;nbsp;: « Que fais-tu avec ce pavé ? » Réponse du premier : « J’attends une occasion favorable ». Gageons que, malgré les déceptions du moment, la gauche de la gauche saura s’affranchir d’une telle attente et trouver en elle les ressorts pour ‘rebondir’.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Université d’été ATTAC Août 2007</title>
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    <pubDate>Thu, 30 Aug 2007 06:38:00 +02:00</pubDate>
    <dc:creator>François Labroille</dc:creator>
        <category>contributions</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Voici une transcription brute d’une partie des travaux de l’université d’été d’ATTAC sur le thème «&amp;nbsp;créer une planète durable&amp;nbsp;» qui en constituait l’une des 7 filières&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Université d’été ATTAC Août 2007&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voici une transcription brute d’une partie des travaux de l’université d’été d’ATTAC sur le thème « créer une planète durable » qui en constituait l’une des 7 filières.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Son intérêt est d’y trouver
·	une tentative très utile de mieux politiser le débat sur les enjeux de la crise écologique et climatique
·	des éléments sur les initiatives critiques en gestation autour du Grenelle de l’environnement prévu par le gouvernement cet automne.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il ne s’agit que d’une compilation de prises de notes personnelles faites à plusieurs mais ce document peut servir à éclairer l’activité d’ATTAC dont l’un des trois axes de campagne sera justement « l’urgence écologique liée à la question sociale ».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le site d’ATTAC met en ligne l’ensemble des vidéos de cette université d’été.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;François Labroille&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Filière 2 : CREER UNE PLANETE DURABLE AU LIEU DE CONSIDERER LA NATURE COMME RESERVOIR INEPUISABLE ET DEPOTOIR AU SERVICE DES PROPRIETAIRES DU CAPITAL.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Vendredi 24 août 2007 17 h
Crise environnementale, inégalités sociales et rapports Nord-Sud, et dettes écologiques
Intervenant : Claude Quémar&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Croiser dette financière et dette écologique avec l’idée que ce concept de dette permet de réfléchir avec la dimension Nord Sud.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’origine de ce concept de dette écologique…au plan international….en France
Les « amis  de la terre » et …
3 temps
·	Dette écologique
·	Son articulation avec dette financière
·	Interrogations&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;1 - La dette écologique&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Accumulée par lez pays industrialisés au détriment des pays du SUD en raison du pillage de ressource et atteintes à leur environnement.
L’intérêt de la terminologie « dette est l’analogie immédiate réalisable avec la dette financière. Et donc question des réparations, à ‘identique de ce que l’on peut dire pour la dette historique (esclavage etc…).
Le danger du parallèle = question du chiffrage car la mesure ne se pose as dans les mêmes termes qu’au plan de la dette financière.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;NB Les protagonistes de cette affaire de dette renvoient à une relation sociale non réductible à Nord Sud puisque ce qui e profitent se trouvent y compris au Sud.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;5 composantes&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;·	La dette du carbonne : regarder où est la pollution atmosphérique due au carbonne même si on ait que les effets sont de long terme.
EU production de 5 T par habitant et les autres PID 2,45 T
Inde O,22 T Chine 0,55 et reste des PVD 0,56 en moyenne.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;·	Le passif environnemental : ressources exploitées par les pays du Nord u sein des pays du ud en grevant les possibilités de développement de ces pays tout e créant des dommages environnementaux dans les pays concerné. Exemple du pétrole en Equateur par Texaco avec 1,5 million d’ha de forêts détruits et rejet de produits toxiques touchant directement 300 000 personnes.. Autre exemple : celui de l’explosion de Bopal.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;·	La dette alimentaire : modification des conditions de la production agricole des pays du Sud notamment en liaison avec les programmes d’ajustement structurel du FMI supposés favoriser les production d’exportation au détriment des productions vivrières.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On peut donner des exemples multiples, notamment celui de Madagascar exportant du riz très nutritif et important des brisures de ris meilleur marché mai s beaucoup plu s pauvres. Illustration aussi en 2thiopie ou Somalie avec importation de ris américain, sans aucun rapport avec les habitudes alimentaires et les productions locales.
Ces phénomènes ont des conséquences économiques, sociales et cultuelles.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;importantes…exode rural, émigration…abandon aussi de production avec atteinte à l biodiversité avec l’exemple d’Haïti et de ses 34 espèces de mangues dont une seule est développée massivement pour l’exportation ver le marché nord américain. Exemple aussi avec le soja au Paraguay produit par Monsanto au détriment des petites structures agricoles.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;·	La bio piraterie.
Il s’agit de la brevetabilité des procédés ou produits issus de siècles d’expérience et appropriés par de grandes entreprises. Exemple du Riz Basmati.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;·	Transport dangereux.
Le phénomène correspond à l’utilisation des normes moindres de pays d Sud. Illustration avec les périple du Clémenceau. Illustration avec l stockage de matériel informatiques à recycler…effectué en Chine et non aux Etats-Unis.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;II – La dette financière&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dette extérieure publique des PVD 1800 milliards de dollars pour 85 %de l population mondiale lors que le dette publique d el France est de 1500 Milliards de dollars.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Complète par des données sur l’endettement de pays du Sud comme processus organisé.
Illustration sur Areva et l’uranium du Niger.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’articulation
Les pays du Sud doivent surexploiter leurs ressources et les exporter pour rembourser leur dette. Et en général ce sont des multinationales issues d Nord qui exploitent ces ressources.
Donc transfert de richesses sous fore brute, richesses qui pourraient satisfaire les besoins nationaux et être transformées sur place avec un processus de développement. Cel alimente un processus de dégradation des termes de l’échange.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;III – Interrogations&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;1.	Comment évaluer le montant de cette dette écologique ?
Le chiffrage des pertes de vies humaines envoient à des questions éthiques…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;2.	L’évaluation monétaire simultanée des deux dettes  l’intérêt de la facilité de la comparaison…mais cette mise en équivalence induit un reconnaissance de la légitimité de l dette financière et d’autre part l dette écologique n’intègre pas les effets à venir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;3.	Qui doit payer ? la responsabilité de la dette écologique n’est pas la même pour l’ensemble de la population du Nord… On ne peut confondre Areva au Niger et l’ensemble de la population française.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;4.	Comment obtenir des indemnisations ? il ‘agit de la question des réparations pour les pays du Sud. Le droit international donne peu d’outils…Certes un texte de 1789 x Etats-Unis…utilisé contre Texaco pour dépôt d’une plainte mais sans qu’il y ait eu procès…Juridiquement, la notion d dégâts environnementaux n’existe pas.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;5.	Comment traduire une condamnation pour dégâts environnementaux. L’indemnisation doit être suffisamment élevée pour être dissuasive. Sinon, on  se retrouve dans la logique du protocole de Kyoto et du marché des permis à polluer.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Discussion&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;1.	Intervenant 1 : sur l’impact déséquilibré de la crise écologique.
2.	Intervenant 2 Souhaite intégrer dimension « guerre » et « armements ».
3.	Intervenant 3 : souhaite clarifier certaines notions utilisées et veut réfléchir sur le degré de réversibilité de certains phénomènes. Sur dette historique…et son amnistie…Quand passe-t-on l’éponge ? Sur l’évolution monétaire de la dette écologique, il y a le risque d’accepter une un substituabilité entre environnement et économie.
4.	Intervenant 4 dit sa réticence à mettre en équivalence dette écologique et dette financière…dit on accord avec l’idée qu’il faut progresser au niveau du droit international.
5.	Intervenant 5 : insiste sur l’importance de la question de la disparition des espèces…et parle de développement de l’huile de palme en Indonésie et la disparition des orang houtang.
6.	Intervenant 6 sur « qui doit payer ?» Certes entend la distinction entre la responsabilité du simple citoyen et celle des multinationales mais n’exonère pas le consommateur qui choisit d’acheter des haricots verts importés du Kénya.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Réponse&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rappelle la démarche de son exposé consistant à présentant le concept de dette écologique et à l’interroger.
Donc sur le fond, dit partager assez l’essentiel des critiques faites.
Précise cependant qu’il a simplement fait le constant que dans le débat sur l’annulation de la dette financière, on voit beaucoup mobiliser l’argument de la dette écologique.
Dit qu’il n’est pas un partisan acharné de la notion de dette écologique car elle part dans des directions nettement différentes mais s’interroge aussi sur son intérêt pou mener des campagnes…enchaîne sur une réflexion sur quel type d développement car ça permet de traiter aussi de la question de « qui est concerné ». Dit certes avoir provoqué mais ne croit pas que l’on puisse en rester à l alogique du commerce « équitable. Et ajoute que fondamentalement il faut questionner le type de développement. Illustre son propos avec la question des transports pour montrer qu’avant de se satisfaire du plaidoyer en faveur du ferroutage, l faut s’interroger sur la nécessité ou de transport. Ironise sur l’exemple des1000 ou 2000 km de la fabrication  d’un pot de yaourt. Sur la question de l’amnistie, développe sur l’expérience de la dette historique  l’importance de la reconnaissance symbolique…qu l’aide publique au développement soi appelée « réparation ». La dimension écologique pourrait se poser dans des termes proches…mis cela suppose de mieux connecter des mouvements sociaux internationaux.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Intervenant 7 sur la question de la responsabilité en reconnaissant…mais sans culpabiliser. Il y un balancement nécessaire…et parfois craint entendre un discours vert qui dilue les responsabilités des décideurs.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Intervenant 8 l’exemple du pot de yaourt et un salarié du Nord est un salarié.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Intervenant 9 ne veut pas dédouaner les citoyens en donnant plusieurs exemples…les citoyens votent et laissent faire. Sans culpabiliser, il faut savoir faire les responsabilités partagées.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Intervenant 10 Sur la notion de dette écologique/réparation insiste sur la notion de patrimoine mondial…et pas seulement des atteintes portées à telle ou telle population… et donc repenser la réparation en mettant à disposition des pays du SUD des moyens et savoirs technologiques autorisant le développement durable.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Intervenant 11 revient sur la responsabilité individuelle…pour redire double nécessité de dénonciation globale et d’action locale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Intervenant 12 aborde la question de la dette alimentaire…pour insister sur l’ancienneté historique du phénomène et la responsabilité de la colonisation. Et détaille sa réflexion sur l’exemple malgache du riz… et conclut sur la crainte d’un usage abusif de la notion de dette alimentaire au détriment des pays q aurait fait le plus d’effort pou assurer une autosuffisance alimentaire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Réponses
Sur le riz malgache…veut redire la portée générale de son propos sur la responsabilité des programmes d’ajustement structurel. Rappelle que dans la gestation de la notion de dette écologique, la dimension alimentaire a été progressivement mieux intégrée.
Sur la question des responsabilités, prend l’exemple d’EDF de la crise argentine en 2000…et au niveau des responsabilités au plan local, note la faible implication des élus…Met en relation dette écologique et migrations pour en déduire la nécessité d’une autre regard.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Echange sur la dette « médicale »…nouvelle forme d’exploitation et d’oppression… Et la perche du Nil…&lt;/p&gt;


&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;





&lt;p&gt;Samedi 25 août matin
Quel statut social pour l’environnement et la nature ? La crisé écologique : un moment historique qui nous prend au dépourvu
Intervenante : Geneviève Azam&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’accélération de la crise écologique depuis une vingtaine d’années représente un moment historique et non une simple parenthèse. D’où la nécessité de réviser en profondeur modes de production et de consommation.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un moment historique qui nous prend au dépourvu.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Première fois que l’humanité met en cause sa survie sa propre activité ( à l’exception sans doute du recours l’arme nucléaire).
Force d’inertie du système techno industriel qui montre l’ampleur des transformations à opérer si on veut affronter la crise climatique. Il s’agit d’une crise globale, systémique, qui engage toutes les strates de la société et qui appelle une révision rapide du mode de développement. Y ajouter une dimension anthropologique car s’opèrent des modifications du rapport au vivant…en relation avec l’essor des biotechnologies…Cite Fukuyama…nouvelle phase de l’histoire au-delà de l’humain.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Se saisir du danger du danger pour ne pas céder à la panique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cite le livre de Jean-Pierre Dupuy Pour un catastrophisme éclairé ainsi que Jean Chesneaux sur « savoir et croire ». Or nous savons. Distinguer la peur et la panique avec Dupuy. Le pessimisme ne consiste pas à ouvrir le yeux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette menace sur l’existence physique de no sociétés concerne aussi le champ politique. Si la peur par rapport à la survie l’emporte, alors la dimension « liberté », « libre choix » disparaît. Dénonce une écologie de propagande, idéologue, apolitique avec le risque totalitaire de disparition du politique. Dénonce uen compassion généralisée sur l’avenir de la planète, au dessus des conflits et des rapports d’intérêt. Donc faire l lien entre l’écologique, le social et le politique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les conséquences&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;1.	D’abord urgence de réviser les choix fondamentaux de consommation et sortir du couple « libéralisme/productivisme ».
Cela ne veut pas dire s’installer dans la rareté mais accepter l’idée de « limites » au sens où les sociétés ont le devoir d’effectuer un certain nombre de choix. La pénurie réside dans les sociétés d’abondance. Il y a des renversements à opérer face à la formidable concentration actuelle de la richesse.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;2.	Ensuite, la responsabilité face à l’avenir : « la terre nous est prêtée par nos enfants ». Cela implique un nouveau rapport au temps.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;3.	Les analyses en termes de classes sociales et de rapports Nord/Sud et leur relation avec la crise écologique.
Les pays du Sud sont en position de coresponsabilité à l’égard de la crise écologique…et aujourd’hui la montée des océans concerne autant la Hollande que le Bangladesh. Et les retombées de la crise écologique ne feront pas le tri entre classes sociales, même si l’on sait que…. Ce sont les sociétés humaines entant que telles qui sont concernées et en même temps subsistent des appartenances de classe.
Oui, il existe une dette écologique énorme des pays du Nord à l’égard de ceux du Sud et cela doit être intégré dans toutes les négociations. Mais la coresponsabilité ne signifie pas des responsabilités indifférenciées.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sur le statut social de l’environnement et de la nature&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Quelques définitions préalables&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La nature = le monde physique, matériel….de l’ordre du donné qui ne relève pas de l’activité humaine.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’environnement = le construit, comment les sociétés humaine sont adapté les réalités matérielles.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il existe toute une tradition de la pensée occidentale séparant « nature » et « culture ». LA civilisation, c’est alors s’extraire de la nature ». La division entre mouvement écologiste et mouvements sociaux vient en partie de là.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Evoque au passage les dérives de l’écologie « profonde »…..sacralisant la nature comme sujet….conduisant à une dépolitisation de l’écologie.
Or il existe une nécessaire séparation entre l’humain et le non humain. Nous sommes les sujets de l’histoire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tout cela suppose un changement d’imaginaire social et politique&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La crise écologique est globale, systémique…. L’enjeu du séminaire est de repenser la question sociale et la question écologique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le rôle de l’individu dans tout cela. Il existe un besoin d’apprentissages nouveaux….même si on ne surmontera pas la crise écologique par la somme des volontés individuelles.
Ce lien écologie-société est un axe central pour ATTAC.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Discusssion&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Intervenant1	Sur la nature comme stock de ressources certes mais l’homme en fait partie….insiste sur la nécessité pour ATTAC d’intégrer à la réflexion les enjeux par rapport aux bio et nanotechnologies. Comment l’activité scientifique se rattache-t-elle à l’histoire ?
Intervenant 2	Apprécie la formule « en même temps » pour sortir du dualisme opposant « nature «  et « culture » et souhaite prolonger cette distinction entre « savoir » et « croyance ». Quel homme voulons-nous ? On a trop idéalisé la philosophie des Lumières.

Intervenant 3	Repenser la nature « objet » et « sujet. Revient sur le thème médiatique de l’animalité et sur la continuité et la différenciation entre monde animal et monde humain.
Sur le collectif et le privé (individuel », ironise sur les consommateurs de piscines et de 4X4.
Intervenant 4	Attac Cévennes, sur religion et spiritualité à ne pas confondre.
Intervenant 5	Décroissance….Oui, on consomme trop. Mais traiter la question par le plaisir. On ne résoudra rien par la contrainte.
Intervenant 6	Ecologie individuelle…Face à la drogue de la consommation, on ne règle pas par la culpabilisation….Insiste sur les limites de l’écologie individuelle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Geneviève Azam
Revient sur pensée chinoise….Aucune pensée, si élaborée soit-elle, nous protège. La chine d’aujourd’hui est une catastrophe écologique.
Comment peser pour des mesures urgentes sans traiter exclusivement des comportements individuels….On est face à de tels enjeux.
Dit partager une bonne part des analyses des tenants de la « décroissance » mais pas le terme, en précisant qu’il ne suffit d’y adjoindre  les qualificatifs de « conviviale » ou « heureuse ».
Revient sur « animalité » / « humanité ».&lt;/p&gt;


&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Intervenant 7	Evoque les critiques du capitalisme dans l’ouvrage de Boltanski (le nouvel esprit du capitalisme ») et interroge sur la façon d’articuler la critique sociale et la critique écologique.
Intervenant 8	Salue l’exposé liminaire et s’interroge sur les relations entre richesse et pauvreté à partir de la notion de besoins.
Insiste sur la réflexion nécessaire sur l’autonomie du social et de l’environnemental.
Intervenant 9	Sur action individuelle et plaisirs.
Sur voitures et camions.
Aller voir ce que nous  apportent les autres cultures.
Intervenant 10	Ravie de voir l’effort de jonction entre l’écologique et le social. Se félicite de l’émergence des questionnements autour des OGM et des transports.
Intervenant 11	Sur les erreurs du N° Spécial du monde.
Intervenant 12	.Revient sur la notion de décroissance et d e »limites ».
Intervenant 13	Valorise les actions individuelles
Intervenant 14	Revient sur la notion d e »limites ».
Geneviève Azam
Sur individuel et collectif .
Sur mouvements sociaux et enjeux écologiques avec illustration par l’exemple d’une mine de charbon rouverte….plaide pour dépasser les mises en opposition et accepter les contradictions.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Samedi 25 août 2007 17 heures
Quels choix énergétiques pour quel type de société ?
Intervenants : Jacques Cossart, Philippe Mühlstein&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Philippe Mühlstein
Titre  plus affirmatif : choix énergétiques, choix de société.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;1.	Détour par l’histoire
2.	Relation démocratie, choix énergétique
3.	D’autres choix toujours possibles.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;1 – Choix technologiques, choix humains.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un choix technologique n’est jamais neutre avec ce qu’il interdit et ce qu’il autorise. A la lumière de l’anthropologie, la technologie apparaît comme la science humaine de l’usage des techniques. La technique est un acte humain sur le réel.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Donne une série d’illustrations du chasseur, de l’artificier utilisant la poudre pour son canon, …&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;2 – L’énergie, la société. (mensonges et coups de force)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La civilisation du pétrole : choix datant d’un siècle, remplaçant la civilisation du charbon. Evoque la relation entre guerres en Irak et enjeux de la maîtrise des ressources pétrolières.
Met en relation la civilisation de la bagnole et le pétrole pas cher. Souligne que nous sommes encore dans cette phase avec un baril à 70 $ et un litre de super à 1,30 euros. Son prolongement par les agro carburants suppose le maintien du Sud sous statut semi colonial.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sur le développement de l’électronucléaire.
Montre d’abord que son développement après-guerre s’est effectué, pour surmonter le traumatisme de la bombe nucléaire et neutraliser l’opinion publique, sur le mensonge et la non réplique… Donne plusieurs illustrations de la violence policière…et se rappelle du terme d’électrofascisme qui avait sa part d’exagération dans les années 1970 mais désignait bien cette absence de transparence démocratique quand il est question de l’électronucléaire.
Indique que le lancement du programme électronucléaire en 1974 s’est fait sans véritable débat…et dit que le s besoins énergétiques ont été systématiquement surévalués.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cherche à montrer les procédés de communication pour surestimer la contribution du nucléaire. Illustre par l’utilisation du taux d’indépendance énergétique et les confusions entretenues entre énergie primaire et énergie finale. Ironise sur cette imposture.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Revient sur l’actualité des coups de force avec l’imposture que représente l’argument de la lutte contre le réchauffement climatique. Il s’appuie sur l’argumentaire de Global Chance où en 2030 on aurait réduit seulement de 9 % les émissions de GES. Poursuit en dénonçant les confusions entretenues par l’idéologie productiviste.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;3- Que faire ?
Changer de paradigme et sortir de la prétendue de l’omniscience de quelques uns.
La variable principale est dans la maîtrise de la demande d’énergie, notamment dans les transport et l’habitat. L’outil : la démocratie.
Il existe plusieurs scénarios possibles et évoque l’association mégawatts qui montre la possibilité d’élever sensiblement le rendement de l’énergie primaire… Evoque aussi le scénario du réseau « sortir du nucléaire ». Mais il y a des intérêts puissants pour empêcher de sortir des scénarios pré établis.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Exposé 2
Jacques Cossard&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A qui profite le crime énergétique ?
Les propriétaires du capital : indique des données sur l’ampleur de la richesse appropriées par le 150 premières firmes transnationales comparées à la faiblesse de l’aide publique au développement.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le choix énergétique : la vérité des prix.
Mentionne les externalités négatives du choit tout routier à la charge de la société et le fait que le choix de l’électronucléaire n’a pas été un choix citoyen. Cette opacité masque les perturbations graves pour la planète des choix imposés.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La planète comme réservoir
Montre que la vraie alternative suppose de sortir de la course à la croissance dont le principe repose sur la non finitude des ressources.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La planète comme poubelle
Dénonce les stratégies des compagnies pétrolières et leurs profits considérables.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Que faire ?
La démocratie comme axe central de l’action et donc un immense programme de formation des citoyens.
Mettre en place des financements à partir de ressources publiques.&lt;/p&gt;


&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;1	Souhaite un propos plus terre à terre et évoque une émission TV sur une maison économe en énergie et des voitures roulant à l’hydrogène. Et puis une autre émission avec des voitures roulant avec un carburant roulant avec un carburant à partir d’algues.
2	Souhaite porter une précision sur la dépendance énergétique avec l’uranium.
Précise su l’hydrogène.
3	Revenir sur l’absence du professeur bielorusse invité.
Apporte des précisions sur le travail du réseau « sortir du nucléaire » avec des scénarios soit à 5 ans soit à 10 ans…
4 	Sur l’uranium et les relations Nord Sud, revint sur les négociations AREVA et Niger.
Sur les scénarios Mégawatts avec 3 piliers : la sobriété, l’efficacité, les énergies renouvelables.
5 	Revenir sur l’usage du terme de « consubstantiel » au capitalisme. Système condamnable. Mais attention à ne pas s’interdire de dialoguer avec les tenants du système.
6 	Pourquoi ATTAC n’est pas membre du réseau « sortir du nucléaire » ?
Réponse de J. Cossard sur la diversité des approches au sein d’ATTAC et sur le fait qu’ATTAC n’a pas vocation à traiter de toutes les questions.
7 	100 % d’accord avec le discours d Philippe mais souhaite revenir sur la question du prix de l’énergie…avec un assez long développement sur l’évaluation comparée des coûts humains et matériels de l’énergie.
8 Pierre Gineste	Surpris par les deux interventions car sceptique sur le fait de mettre tout sur le dos du capitalisme même s’il n’a aucune difficulté à être anticapitaliste.
La question du nucléaire est en fait une question seconde par rapport à la problématique générale de l’énergie. Prend comme entrée la question de la sobriété qui implique des renoncements assez sévères. Il ne suffit pas de travailler sur les failles du système en place mais aller plus loin sur la question de la sobriété et il faut donc traiter de l’évaluation des besoins.
9 Claudie Martens	Reste sur sa faim sur les alternatives possibles.
A la fois faire face aux besoins de développement des pays du Sud et continuer à satisfaire les nôtres tout en travaillant la question des modes de vie et   de développement.
Les solutions ? j’entends bien… dans l’implicite des exposés , ll y a une approche négative  du nucléaire.
Sur  la place du recours éventuel  au nucléaire - parce qu’il faut quand même intégrer la question de l’impact sur les GES - on a des chiffrages divers et il faut intégrer évidemment la question des déchets… Mais aussi intégrer des pistes comme celle de la fusion nucléaire…ITER…moteur à hydrogène…
Fin de discussion assez tendue avec une intervention regrettant les banalités des exposés introductifs, une réaction de Jacques Cossard, une nouvelle intervention d’une représentante du réseau « sortir du nucléaire » sur le choix entre travailleurs irradiés/Clients éclairés…Geneviève Azam intervient sur le thème de la transition et des douleurs que cela impliquera nécessairement…notamment pour les profits.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Réponses Philippe Mühlstein
Sur l’illusion de la fuite en avant technologique…sur les scénarios du réseau « sortir du nucléaire »… sur le scénario Mégawatts…Sur réformisme, révolution et réformisme radical…pour traiter des transitions. Et répond aux critiques sur la faiblesse du propos des alternatives en disant que l’objet de l’atelier était de relier choix énergétique et choix de société.&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Dimanche 26 août 2007 matin
Les mouvements sociaux confrontés à la crise écologique. Comment poursuivre le travail du séminaire ?
Intervenante : Geneviève Azam, Groupe Ecologie société&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il ne s’agit pas ici d’une conférence mais d’un atelier de discussion autour de 2 questions&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt; - Comment inscrire dans les campagnes d’ ATTAC la préoccupation écologique ?
 - Comment établir les liens entre organisations  écologistes et mouvement social ?&lt;/pre&gt;


&lt;p&gt;Retour sur le séminaire du 24  mars&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’idée est venue du  groupe écologie et société (constitué de membres du conseil scientifique  et des groupes locaux de la région parisienne : c’est un groupe ouvert auquel participe une dizaine de personnes , pas forcement toutes au centre d’ATTAC à partir d’une préoccupation : l’urgence de s’approprier les questions écologiques à un moment où elles tendent à se présenter de manière apolitique et asociale; ATTAC doit participer à la construction d’une  écologie sociale politique et  populaire , qui sorte par le haut des contradictions entre revendications sociales et exigences écologiques.
ATTAC par son histoire a bien plus travaillé les grandes questions sociales que les questions environnementales.
Le séminaire a été  organisé avec Aitec alter eco, les  amis terre, cadtm ,ccfd, cfdt-fgte ,cgt confédération paysanne, crif, fne, fsu , global chance, Greenpeace, politis, solidaire, 4D . Rassembler dans cette diversité était une première
.Ce fut un succès (300 personnes y ont participé), il a  lancé un travail commun de confrontations entre perspective  plus syndicale ou plus écologique
Cette démarche a été reprise par quelques villes (aix en provence)
Mode de fonctionnement avec les différents partenaires
Objectif : Continuer un travail en profondeur avec des réunions mensuelles de l’ensemble des  partenaires.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Deux pistes de travail : faire apparaître la dimension écologique et son lien avec la dimension sociale
·	dans le FSE de septembre2008 et
·	le FSM en janvier 2009 .&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Grenelle de l’environnement, construction de grenelles citoyens
ATTAC ne fait pas partie des organisations invitées , mais certains fondateurs et certains partenaires sont partie prenante : les  amis de la terre, Greenpeace , syndicats cgt et fsu  Il s’agit dans cet atelier d’avoir de premier échanges sur comment Attac peut s’inscrire dans un travail avec eux Une première  réunion le  10 septembre préparera un ou des grenelles citoyens à Paris et dans 4ou 5 villes de France.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;2 réunions ont déjà eu lieu à Paris. Les associations participant au Grenelle sont débordées par la rapidité du calendrier et le travail qui en découle ; elles comptent sur Attac pour participer à l’organisation d’un Grenelle citoyen en même temps que s’ouvriront les négociations officielles fin octobre.
Hypothèse : un  grenelle citoyen à Paris et des séminaires dans quelques villes.
Un contregrenelle est programmé à Lyon par des  associations exclues du Grenelle (sortir du nucléaire,  mouvements liés a la décroissance) et rejoins par d’autres (confédération paysanne, action conso, …)
L’objectif des Grenelles citoyens est que  les citoyens s’emparent de ces questions en lien avec questions sociales
L’organisation du Grenelle en collège (syndical, patronal, associations écologiste,)  oppose les uns aux autres .
Il existe un forum d’associations «&amp;nbsp;alliance pour la planète » ou se préparent les ateliers du Grenelle, C’est un réseau informel qui a connu des  conflits (départ de la fondation  hulot), mais qui a fait un vrai travail au moment de l’élection présidentielle.  . ATTAC n’est pas partie prenante d’ «  alliance pour la planète » faut-il qu’il y  adhère ?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Débat  sur le grenelle et les thèmes a mettre en avant dans la campagne d’ATTAC&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;1 Proposition d’un  grenelle citoyen semaine avant le 15octobre, village,  rencontres … (Grenelle débute le 15 octobre)
Proposition village citoyen, exploration d’initiatives dans d’autres villes ,
Journée mondiale climat 8 décembre 2007&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;2 solidaire cheminot grenelle incontournable mais on a du travail à plus long terme&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;sous estimation de la question sociale dans le grenelle : le titre est significatif « environnement » et pas « écologie »,  « grenelle » renvoyant au  compromis social de 68 pour l’ effacer (effacer le social au nom de l’environnement).&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;sur midi Pyrénées réfléchir a l’échelle région : traiter la question transport avenir du fer et ogm&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;3 confédération paysanne,  effaré de la dispersion des forces.  En face ils sont rassemblés s’imposer le thème de l’unification dans l’action , créer un contrepoids, un rapport de force, un objectif d’action.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;4 Attac Montpellier : organisent des journées de débat du 17 au 20 octobre,  écologie  et néolibéralisme  cf site Attac Montpellier&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;5 65,  travail sur OGM dans le cadre d’ un collectif, l’un des conseillers généraux  du département fait partie d’ un des groupes de travail du grenelle,  on veut faire émerger des cahiers de doléances sur ogm, on veut l’interpeller&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;6 Solidaire , le  syndicat a commencé à aborder les questions d’écologie, cela  pose des pb conflits mais il y a des pistes autour des énergies  renouvelables et de l’emploi.
Questions de l’urbanisme, des transports&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;7 faire une liste thématique et des groupes de travail par thème&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;8 Thème de la santé au travail à travailler, associations  autour de l’amiante ont des choses à dire mais les rapports ont difficiles entre associations de victimes et syndicats ; les associer aux réflexions&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;9 Oise/ Travailler les  transports logistique&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;10 travail et santé risque chimique peu pris en compte&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;11 Attac toulouse rapport de force se fixer des objectifs pour la campagne,
autre chose est la préparation du Grenelle , séparer le débat&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;12 FSU  un représentant dans le grenelle ,  les questions environnementales traitées  au dernier congres montrent qu’il faut que l’on travaille, débats  dans le syndicat sur certaines questions (ogm, nucléaire)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;13 midi Pyrénées,  eau potabilité/ résidus médicamenteux ; de  nouvelles normes devraient etre établies a partie d’une étude sur Rhône alpes Basse Normandie et  midi Pyrénées savoir ou cela en est ; Problème de l’avenir des  friches industrielles polluées et des constructions&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;14 le grenelle peut entrainer des reculs par rapport aux ogm par exemple,&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;pb des maladies chronique  à venir pour la secu a cause de l’environnement, des pesticides en particulier. Des pays européens ont adopté des législations pour la réduction des pesticides (Danemark) ce qui implique une modification des moyens de production comme le bio&lt;/pre&gt;


&lt;p&gt;15 Grenelle citoyen : créer une télévision&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;16 Attac Isère travailler les questions d’urbanisme : contradiction entre l’aspiration à la  maison individuelle et la proximité
travail par theme dans le grenelle,  on peut mettre en cohérence par la question de l’urbanisme permet de rassemble  et de pointer des contradictions&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;17 ogm et les désaccords : les  ogm c’est question seconde par rapport a celle du productivisme et des alternatives au productivisme, par cette entrée on peut dépasser les désaccords&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;18 Attac a une spécificité une originalité et ne peut traiter tous les sujets&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;la  Spécificté d’attac c’est l’entrée sur  les méfaits du neolibéralisme  et plus particulièrement  les effets du marché financier on attend de nous de mettre cela au cœur, pas que l’on fasse ce que font les verts ou d’autres. Attac n’est pas une organisation ecolo.&lt;/pre&gt;


&lt;p&gt;19 accord sur ce point de venir sur ces questions avec notre prisme&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;20 Nanterre
aspect financier a envahi la sphère de la  communication, les gens raisonnent en terme de coût . prendre cette entrée pour convaincre le pb n’est pas le profit mais le profit de certains avec un coût supporté par d’autres , ogm en est un bon exemple :  refus des semenciers de s’assurer contre les risques&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;21 je ne sais pas sur quoi va déboucher le grenelle. Des propositions peut être ?
va se poser la question du territoire et de la démocratie contradiction entre emploi et écologie, entre systèmes énergétiques conventionnels  et alternatifs, entre énergie renouvelable  et autres.
pour les dépasser prendre en compte la durée quels sont les processus démocratiques territoriaux pour prendre en compte dans la durée les enjeux&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;22 Discussion sur les thèmes sur lesquels Attac va s’engager
Plusieurs Associations invitées au Grenelle  se sont fixé des lignes rouges : obtenir a minima des moratoires sur
-	la culture des ogm à l’ air libre,
-	la  construction de nouvelles autoroutes
-	d’ usine de traitement des déchets
-	EPR
Pour les faucheurs refus de participer au grenelle car ont fait du moratoire ogm un préalable&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;23 Objectif de ces grenelles citoyen ? Les préciser pour choisir les thèmes&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;24 GA C’est de Rendre public, faire apparaître des questions portées par des mouvements qui ne sont pas dans le grenelle
Le Grenelle officiel devrait aussi organiser des initiatives   décentralisées dans six villes mais pas liste encore fixé&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;25 Tous les thèmes soulevés par les groupes locaux doivent être  recensés
Les groupes choisissent un ou deux thèmes sur lesquels il y a action en se posant la question de quelle intervention citoyenne&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;26S’unifier sur une ville en résistance
ex Toulouse et airbus&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;27 utiliser les forums sociaux locaux
quel lien avec des organisations  non citées comme ligue des droits de l’homme, unef…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;28 Les thèmes doivent être décidés au niveau local avec des rencontres avec tous les syndicats on ne peut décider d’en haut, utiliser réseau des fsl&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;29 thème proposé : internalisation des couts sociaux et environnementaux liés  a nos activités&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;30 lier progrès écologiques et  et réduction des inégalités&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;31 qui est prêt a faire quelque chose ? on ne peut y répondre pas de mandat&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;32 GA pas question de décider d’en haut mais croiser nos infos sur les possibilités
on construit mais peut être faudra-t-il ensuite après le grenelle  une campagne d Attac qui nous rende lisibles&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;33 élections municipales plus facile d avoir des liens avec les partis les élus qu’avec les syndicats
penser une stratégie en leur direction&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;34 assoc de consommateurs : travailler vers eux pour leur faire accepter l’idée de payer les produits a leur juste prix en fonction des contraintes&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;35 faire passer l’idée que ce grenelle n’est qu’une opération de désinformation, apporter de la contre information&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;36  quelle forme le grenelle va-t-il pendre ? Retransmission ? peut déterminer les modes d’action&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;37 PROPOSE LE THEME  alternatives ecolo et relocalisation&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;38 utiliser les médias, y a-t-il un groupe qui travaille dans Attac sur une stratégie de communication ?un dossier à préparer pour envoi dans la presse, des interlocuteurs Attac pour les médias&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;38 grenelle pas que de la désinformation , des mesures peuvent être prises( péage urbain par exemple normes de construction …. )&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;39 GA oui, quasi accord sur la mise en place d’une  taxe énergie a condition  de ne pas alourdir le cout sur les entreprises&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;40 Themes porteurs transport des marchandises pollue et n’est pas payé a son juste prix le public paie les dégâts « relocalisation » est porteur retrouver de l’emploi consommer local&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;41 Vigilance, ces débats du grenelle  ne passent jamais devant le parlement : vigilance sur la démocratie, qui va décider quoi ?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;42 Thème de campagne Attac :  transport et internalisation des couts amortissement des autoroutes pollution nuisances usagers nuisances sur riverains ….couts sociaux et environnementaux&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;43  désaccord :  ne pas chiffrer la nature en euros, ne pas traduire les choix sociaux environnementaux en marchandises.
Ne pas surestimer Sarkozy, il est  nul sur l’environnement rien a proposer&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;44 Risque avec ce grenelle de franchir le pas de l’écologie productiviste pro nucléaire  et pro ogm.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Réponses
Stratégie de communication : sujet douloureux à Attac on a commence avec le site à rénover
Efforts en interne lettre du conseil scientifique par ex 4 pages vont être améliorés
Communication  externe :  il y a du travail avec la crise gros creux auprès des médias on va pouvoir réexister on remonte
Sur les grands thèmes ne pas tordre le bâton sur les couts montrer sous évaluation de certains cout ce qui ne veut pas dire que tout est chiffrable
Thème fédérateur  pourrait être la relocalisation,  intéressant car peut être relié a d’autres sujets comment résister au libre-échange, relié aussi a l’expérience des économies alternatives , aux service publics mais résistance dans Attac car peut être lu comme repli sur le local autarcie
Ne pas opposer luttes et Fse et Fsm, nécessité de lieux symboliques qui identifient le mouvement ; la crie est globale il faudra des mesures globales donc enjeu essentiel a ne pas oublier
Université d’été ATTAC européenne a Sarrebruck début aout 2008
Fse début sept 2008 pays scandinave tradition du nord facilitera la présence des questions environnementales.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.alternativecitoyenne-elus.org/francois-labroille/index.php/post/2007/08/30/Universite-dete-ATTAC-Aout-2007#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>Quelle intervention syndicale au niveau régional?</title>
    <link>http://www.alternativecitoyenne-elus.org/francois-labroille/index.php/post/2007/08/29/Quelle-intervention-syndicale-au-niveau-regional</link>
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    <pubDate>Wed, 29 Aug 2007 11:49:00 +02:00</pubDate>
    <dc:creator>François Labroille</dc:creator>
        <category>contributions</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Intervention SNES UA 28 août 2007&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C’est au titre d’une double expérience, syndicale et institutionnelle que j’interviens&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Intervention SNES UA 28 août 2007&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Quelle intervention syndicale au niveau régional?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C’est au titre d’une double expérience, syndicale et institutionnelle que j’interviens.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais en précisant&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;•	Pas grand chose à vous apprendre en termes de connaissances…mais des points de vue, des convictions qui se sont forgées…et que je ne prétend pas du tout ériger en vérité absolue. Ce qui m’intéresse, c’est d’en discuter.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;•	Sur la nature de mon expérience&amp;nbsp;: elle n’est pas d’abord syndicale puis politique. Elle est militante avec une continuité de préoccupations mais sa nouveauté est la découverte d’un univers institutionnel que je ne connaissais pas du tout lorsque j’exerçais des responsabilités syndicales.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’idée directrice que je souhaite développer est qu’il y a bien plus matière à interventions syndicales que ce que l’on imagine.
•	Sans sous-estimer les risques d’un engluement dans un univers technocratique
•	mais en repérant que l’on peut concilier une conception d’un syndicalisme de mobilisation et d’action avec un rapport plus important avec l’institution régionale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce propos vaut pour le SNES en tant que tel et pour la FSU, dans un contexte que vous êtes en train de réfléchir qui est celui de la victoire de la droite conservatrice, de son rapport de forces pour l’instant très favorables, et d’une gauche défaillante dans ses diverses composantes et en proie à une crise majeure.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mon intuition est que l’énorme travail de reconstruction dont ont besoin les forces progressistes ne se fera pas sans des apports nouveaux du mouvement syndical. Je vais donc parler de l’échelon régional mais avec en tête cette préoccupation.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je me propose d’introduire la discussion en trois temps
1.	Les difficultés à identifier l’échelon régional dans les politiques publiques
2.	Le bilan que je tire de mon expérience sur ce qui peut se faire ou de ce qui ne peut pas se faire dans et autour de l’institution régionale.
3.	Les quelques pistes auxquelles on peut penser pour l’activité syndicale.&lt;/p&gt;


&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;I - Un paradoxe entre faible visibilité et de fortes responsabilités&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’une des difficultés majeures pour l’action syndicale est la faiblesse de la visibilité de l’action régionale. Mais c’est un paradoxe car&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;1 – cette faible visibilité c’est malgré des compétences importantes&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Parler des compétences des Régions&amp;nbsp;: la faible visibilité des régions…vraie au niveau grand public et vraie au niveau plus militant. Les raisons&amp;nbsp;? Encore récentes et surtout des interventions dans des partenariats qui ne facilitent pas l’identification des politiques régionales en tant que telles.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;E t pourtant&amp;nbsp;:
1 les compétences sont importantes au plan juridique
2 Le poids politique des Régions s’est renforcée en 2004 en terme de légitimité.
3 – Le pouvoir régional est un enjeu majeur du nouveau contexte politique. Quand on sait que 20 régions sur 22 sont à gauche&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;2 - Ce paradoxe se retrouve de façon assez éclatante au niveau du cœur de l’activité du SNES
Les compétences régionales et symétriquement les compétences des CG pour les collèges sont importantes et simultanément l’activité syndicale reste ciblée pour l’essentiel sur l’Etat central. Ou de façon plus complexe coexiste tout un savoir faire accumulé par des S1, S2 e S3 dans les relations avec la Région ou le CG mais au travers de quelques militant-e-s initiés.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Certes, des acquis remarquables existent…le travail parfois depuis longtemps effectué dan plusieurs régions…l’institut de la FSU sur la formation professionnelle Bretagne… NPC… la contribution FSU au schéma des formations en IdF mais, sauf sauf exception, c’ets une activité encore relativement marginale pour la masse des syndiqués.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les nouvelles responsabilités au niveau des TOS vont inévitablement changer et changent déjà les perceptions mais de façon encore partielle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;3 – Ce paradoxe est vrai bien plus largement pour l’ensemble du mouvement social.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’expérience du CESR existe certes mais avec des effets pervers…L’institutionnalisation ce n’est jamais unilatéral mais c’est aussi la capacité à neutraliser les conflits et à intégrer.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Des exemples extrêmes vécus&amp;nbsp;: la COPIRE, organisme paritaire MEDEF te confédérations qui émet un avis unanime sur le COM sur l’apprentissage entre l’Etat et la Région. San s en reste rà cette caricature, on sait que les syndicalistes qui s’investissent dans des instances de représentation au plan régional ont du mal à impliquer la structure syndicale en tant que telle.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Et pourtant, des choix de grande importance qu’il faudrait pouvoir longuement illustrer.
Formations&amp;nbsp;: non seulement les compétences connues en  matière de constructions, rénovations et équipements des lycées
Mais aussi Schéma des formations&amp;nbsp;: Dimension formation professionnelle…
STIF et transports avec tarification…et bien plus
Aménagement du territoire avec exemple SDRIF en IdF c’est à dire l’affectation des sols en matière d’habita, logement, équipements et grandes infrastructures
Démocratie… subventions…Associations…projet citoyens…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;De façon plus générale, des politiques régionales jouent un rôle important&amp;nbsp;: amortisseur politique de l’Etat&amp;nbsp;? Où en est la décentralisation&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;II – Un diagnostic mitigé&amp;nbsp;: ni déprécier, ni idéaliser.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A quoi peut servir une intervention sur l’institution régional&amp;nbsp;? Ets-ce un leurre ou bien peut-on peser sur les choix, en tirer des résultats pour le personnels, nos conceptions de l’Education ou des transformations à apporter à la société&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Renvoie à un débat politique de fond sur ce qu’est la transformation sociale. Enjeux des dernières années qui traversent la gauche… respecter les convictions de chacun…Pour moi, il va de soi que l’implication à l’échelon régional ne se substitue en rien à un combat plus général.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Difficile de restituer sans simplifier.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Préciser ma profession de foi politique sur le rapport aux institutions…
Mais sentiment est double&amp;nbsp;: l’institution incroyable machine à produire du consensus e en même temps donne des prises…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il faudrait pouvoir illustrer
EN sachant qu’il ya des actes majeurs et de multiples délibérations.
Le budget est l’acte majeur et ensuite de multiples individualisations de crédits.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En IdF, question de la tarification des transports
Celui du SDRIF et des logements sociaux ou des projets de transports
Celui du Schéma des formations.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La grande faiblesse est la non implication du mouvement social.
Il faudrait un débat approfondi mais cela renvoie à toute une histoire en France de division des rôles entre
•	le champ proprement politique entendu comme exercice du pouvoir et compétition pour l’exercer
•	Et champ syndical et associatif.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sur mon expérience, le mouvement syndical n’a été que marginalement concerné par les processus de décision de la politique régionale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On peut trouver des tas d’explications comme
•	des agendas désynchronisés,
•	une dissociation entre l’entrée par le lieu de travail qui est spontanément celle du syndicalisme et celle plus territoriale qui est celle de l’institution politique. A cet égard, illustration possible avec l’exemple de la ZAC des Batignolles qui est l’une des dernières grandes opérations urbaine sur Paris et la difficulté à en traiter syndicalement alors que les enjeux scolaires y sont importants.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais le fond est ailleurs&amp;nbsp;: il est enraciné dans une culture. Côté de l’institution, on n’attend pas grand-chose du mouvement syndical et côté du mouvement syndical non plus.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et pourtant, ne pas surestimer les institutions. Il ya des prises sur certains sujets, des marges de choix possibles, des débats d’idées…
L’administration régionale est relativement peu développée&amp;nbsp;: ainsi en IdF avant le transfert des TOS, de l’ordre de 1200 agents. Les élue-s, les commissions, les VP ont des prérogatives sans doute pas exorbitantes car tout le système institutionnel est hyper présidentialisé mais en même temps il existe un besoin de connaissance des réalités dont le mouvement syndical peut être porteur.
Administration et élus vivent souvent sur des représentations caricaturales des sujets traités.
Quand l’alchimie prend entre mobilisations, des interventions dans le débats d’idées, alors des inflexions réelles peuvent être apportées aux politiques.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;III – Quelques interrogations ou suggestions&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En quoi le SNES et la FSU peuvent investir beaucoup plus les politiques régionales&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Précisons d’emblée que la conception implicite de mon propos n’est en rien de la cogestion mais bien de prendre les institutions comme des enjeux, des terrains d’intervention.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;1 – Un déficit d’intervention que le quotidien professionnel des collègues.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tout ce qui est équipement. Parfois je crains d’être très en dessous des compétences moyennes des collègues ou des élus en CA. Mais je suis surpris de voir la méconnaissance des procédures d’attribution…. Dans les 5 CA de Lycée dans lesquels je représente laz Région. Or c’est tout le quotidien des collègues.
Ets ce que le SNES a le niveau des interventions équivalent à ce que l’on fait dans bien des domaines&amp;nbsp;? Sentiment que des domaines entiers nous échappent avec le circuit des inspections et chefs d’établissement.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En fait deux niveaux&amp;nbsp;:
•	celui des S2/S3 te des SD FSU où je suppose que nous avons de interventions  déjà assez poussées sur l contenu des politiques d’équipements, les plans de rénovation ou de création de nouveaux lycées
•	Mais aussi celui des S1&amp;nbsp;: mon impression est que la Région n’ets pas un interlocuteur parfaitement identifié, que ce soit au niveau d el’2lu-e au CA, de l’ingénieur du secteur, du VP et de son cabinet, des services.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour mon propre S1, je sais qu’un mémento indiquant les procédures d’attribution et en alont de demande, la gestion de la gratuité…des manuels…serait très utile.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et puis avec transfert des TOS, des questions nouvelles pour la situation de spersonnels mais aussi pour les créations ou non d’emploi. C’est donc un domaine assez dé&amp;amp;cisif pour le SNE Set la FSU.
Anecdote clé USB.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;2 – Sur politique de formation.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Souvenir d’un travail remarquable fait par des S3 et des FSU.
Compétences aussi avec travail au sein du CIEN…
Mais suivi des rapports, contact avec les VP…et sur cartes des formations&amp;nbsp;?
Rapports entre formations technologiques, professionnelles et apprentissage…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nécessité d’un investissement dans divers lieux de représentation pour y articuler des luttes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je vois les difficultés&amp;nbsp;: temps courts et temps longs. Par exemple sur rénovations…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;3 – Sur politique plus générale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce n’est pas à la périphérie de l’activité syndicale.
Vous connaissez les grands affrontements sont sur mobilité, emploi, transports…
Les enjeux d’aujourd’hui, c’est l’acceptation ou non des processus ségrégatifs qui accompagnent le type de développement mondialisé qui prévaut.
Parler d’alternative…c’est nécessairement s’intéresser aux choix globaux, sans dépendance à l’égard du champ politique mais sans indifférence…
Un exemple assez poignant qui reste devant nous est l’explosion des révoltes urbaines de novembre 2005 comme symptôme d’une crise sociale majeure et qui interroge inévitablement les politiques publiques dont les politiques régionales.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ma conviction intime est qu’il y a sous-estimation. L’état des forces politiques est tel, leur crise est telle qu’il faudra que sous une forme ou une autre le mouvement syndical intervienne de façon plus active sur des sujets qui concernent les salariés. J’ai toujours gardé le souvenir dans UA d’une approche qui articule les entrées professionnelles, éducatives et de société. C’est ce que vous faîtes quand vous contribuez au réseau RESF, aux engagements altermondialistes, ou que vous vous intéressez aux grands enjeux de la crise écologique et climatique&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Qui qu’il en soit, il y a un échelon des politiques régionales qui désormais a pris un statut nouveau. C’est un échelon
•	en partie de conception
•	et en partie de mise en œuvre des politiques publiques.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Alors pour conclure, dire simplement deux choses&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;1.	La première est que j’ai conscience de mal connaître les pratiques et l’expérience accumulées des S2/S3 et des structures FSU et donc de vivre sur des représentations sans doute obsolètes. Je suis donc très intéressé par une meilleure connaissance de ce que vous faîtes et de ce que vous percevez…de confronter nos perceptions.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;2.	La seconde est que dans le contexte du renouvellement impressionnant du projet de la droite sarkozienne, et des questions à traiter, c’est un échelon à réévaluer aussi bien en termes d’efficacité immédiate pour le travail syndical qu’en termes d’investissement pour prendre en charge des enjeux généraux qui touchent plus aux choix de société.&lt;/p&gt;


&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Eléments dans la discussion&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les marges des politiques régionales&amp;nbsp;:
Une fonction d’investissement avant tout…et un budget très contraint…non seulement le transferts de charges sans les compensations équivalentes. + une fiscalité régionale qui laisse très peu de marges.
Ex IdF la majorité absolue des recettes sont les dotations de l’Etat. L’augmentation de la pression fiscales produit des effets marginaux en ressources et colossaux en perception politique (TF, cartes grises…). Sans réforme fiscale profonde, impasse…
On va le voir avec les TOS&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sur le devenir de la décentralisation.
Je en sais pas où en sont vos analyses…Pas clair pour moi. On connaît parfaitement le schéma transfert de charges sur fond de raréfaction des ressources publiques… E même temps l’Etat central ne délègue pas si facilement ses prérogatives…Exemple manifeste en IdF avec l’intervention de N. Sarkozy…
En fait une importance politique à la maîtrise des pouvoirs sur les collectivités régionales…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sur les questions du développement économique, emploi, formation…Il existe un gros travail…que connaissent les représentants au CESR…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Là encore une perception ambivalente…Toute une imprégnation de l’institution et de l’administration d’une rhétorique classique…Stratégie de Lisbonne, économie de la connaissance…des machines à produire du papier… Le volapuk régional existe…
mais aussi une perméabilité aux mises en débat quand elles sont réellement faites…Si je reviens sur l’IdF…la problématique des inégalités en rapport avec la question de l’attractivité et du rayonnement mondial..
Ou bien la politisation des enjeux climatiques, écologiques et environnementaux avec les débats du SDRIF sur le modèle urbain…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il existe des matériaux dont le mouvement syndical doit mieux s’emparer…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sur la conception de l’investissement syndical.
Elle est celle d’un syndicalisme qui sait articuler mobilisations, rapports de forces et négociations. Pas de difficulté majeure à ce niveau…
Mais deux questions à réfléchir&amp;nbsp;:
Question des responsabilités étatiques quand on aborde les questions dures…Exemple TOS…Sur la base de la fiscalité régionale actuelle, c’est une impasse.
Question du coût d’entrée pour dégager des points de vue pertinents. L’exemple du travail fait en Région Bretagne me semble exemplaire. Mais ne pas sous estimer l’investissement nécessaire.
Je prends l’exemple du logement. C’est devenu une question insoluble pour la grande majorité des jeunes collègues. L’explosion des prix en IdF résulte d’une pénurie de l’offre de logements…Pour surmonter faut croiser des réponses d’abord à l’échelle de l’Etat dont c’est le champ de compétences mais aussi au niveau régional en termes d’aménagement et dans ce cadre repenser les responsabilités  de l’employeur à l’égard des personnels.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://www.alternativecitoyenne-elus.org/francois-labroille/index.php/post/2007/08/29/Quelle-intervention-syndicale-au-niveau-regional#comment-form</comments>
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    <title>OMOS MARDI 13 Mars 2007</title>
    <link>http://www.alternativecitoyenne-elus.org/francois-labroille/index.php/post/2007/03/13/OMOS-MARDI-13-Mars-2007</link>
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    <pubDate>Tue, 13 Mar 2007 07:15:00 +01:00</pubDate>
    <dc:creator>François Labroille</dc:creator>
        <category>contributions</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Je  me propose de reprendre le questionnement suggéré sur l'exercice de la citoyenneté au travers d'une expérience personnelle qui combine une pratique syndicale sur une longue période et une pratique politique d'élu plus récente.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;OMOS MARDI 13 Mars 2007&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Contribution François Labroille&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Je  me propose de reprendre le questionnement suggéré sur l'exercice de la citoyenneté au travers d'une expérience personnelle qui combine une pratique syndicale sur une longue période et une pratique politique d'élu plus récente.
Je n'ai aucune prétention à théoriser quoi que ce soit mais j'ai simplement accepté de me prêter à cette tentative de lire mon expérience en me demandant finalement si dans les luttes sociales et dans les institutions on peut développer ou non une prise sur les choix collectifs. Je n'ai ni une lecture enthousiaste ni une lecture désabusée mais quelques enseignements personnels que je voudrais confronter pour la réflexion.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Quelques repères sur ma double expérience.
En préalable, il me semble utile de préciser la spécificité de chacune des deux expériences.
L’une est donc syndicale et l’autre politique au sein d’une institution, le conseil régional en Ile de France.
Mon expérience syndicale s’est déroulé au sein de la direction du SNES puis de la FSU de 1986 à 2002 et en partie 2003. Avec participation directe au suivi des questions d’action, de mobilisation, de stratégie et une implication sur les dossiers salaires/carrières, protection sociale et politique économique set sociale de façon plus générale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans l’enchevêtrement de plus de 15 ans de responsabilités, je retiens  trois expériences saillantes : la crise de la FEN, son éclatement et la construction de la FSU ; les mouvement de1995 et de 2003 ; le dossier des retraites avec une implication personnelle aussi bien dans les instances de concertation comme la commissions Charpin ou le COR que dans les les mobilisations.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mon expérience politique se déroule au sein du Conseil régional depuis 2004. Je suis conseiller régional à partir d’une démarche qui voulait faciliter l’implication du mouvement social dans les institutions…à partir donc de l’intuition qu’il fallait repenser les rapports entre fonctions syndicales et fonctions politiques. D’où l’originalité de la liste Gauche populaire et citoyenne de 2004 et sa traduction dans le groupe CACR (communiste, alternative citoyenne, républicain).
L’expérience concrète est ici double: celle de la contribution à l’animation du groupe auquel j'appartiens sur les questions générales de la vie du conseil régional ; celle de l’implication dans quelques dossiers lourds, principalement les 30 mois de travail sur l’élaboration du nouveau SDRIF depuis juin 2004&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Quel regard sur cette double expérience?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;1 – Une appétence démocratique mais toujours incertaine, imprévisible et jamais définitive
Le premier enseignement est qu'il existe une grande appétence pour le débat public dès lors que certaines conditions sont réunies. C'est assez classique dans les grands mouvements comme ceux de 1995 ou 2003… Dès lors que le coût d’entrée est dépassé, on décèle une grande capacité à se saisir des enjeux et des scénarios possibles.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le mouvement de novembre et décembre 1995 est particulièrement intéressant. Mon souvenir est que les débats syndicaux, les débats qui se sont développés dans la phase de la mobilisation la plus haute en décembre allaient bien plus loin que le dossier des retraites. L'automne 1995 avait été marqué par des mouvement de fonctionnaires puissants sur les salaires, des manifestations des mouvements pour les droits des femmes en novembre.... les débats de l'époque portent largement sur des choix de politiques économique, ce qui est possible et ce qui ne l'est pas... le drame sera une sortie sans suite par rapport à cette promesse... le mouvement syndical ne parviendra pas à donner de prolongement sur le fond des questions soulevées et les états généraux du mouvement social de 1996 seront sympathiques mais sans l'ampleur espérée.
2003 m’ a aussi beaucoup frappé par l’intérêt porté au débat sur la nature de problèmes de retraites et finalement sur la capacité à repérer la réalité des mutations liées à une nouvelle distribution des âges et à imaginer d’autres choix que celui d’un recul brutal des droits à la retraite. Je pourrais raconter des dizaines de débats où j’ai vu des interventions passionnées et pertinentes sur les résolutions possibles  de l’équation des retraites.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et en même temps je retiens que les incertitudes sont grandes.
Tout mouvement n’est pas porteur en soi des mêmes caractéristiques et des mêmes exigences. Certains mouvements sont mêmes porteurs de régression.
Pour illustrer: dans le secteur de l'enseignement, notamment pour le second degré, les années 1997-2000 ont été particulièrement difficiles avec un ministre, Claude Allègre, extrêmement agressif  envers les enseignants, avec des conflits qui vont largement occuper les années 98-99 et 99- 2000 jusqu'à son départ forcé, mais sans que les mobilisations pourtant très fortes portent du projet, du sens... Parfois les résistances provoquent du repli et du simplisme...
Il s'agit donc pour moi d'une interrogation qui va plus loin que l'opposition facile entre posture protestataire ou posture plus propositionnelle...Les contextes où les agressions sont les plus fortes ne sont pas nécessairement les plus stimulants pour les mobilisations sociales...et l'une des caractéristiques des années 2002-2007 n'est elle pas aussi fondamentalement marquée par cette difficulté? Y compris ne faut-il pas s'interroger sur le contraste entre d'une part l'importance de la mobilisation sur le CPE et des questions quelle portait en terme d'exigence de sécurité, de formation et d'insertion et d'autre part la maigreur des résultats et des suites au delà du retrait de l'alinéa concerné de la loi de février 2006?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'est la même ambivalence que j'ai retenue dans l'expérience du travail autour du SDRIF.
L'enjeu du SDRIF, en deux mots, c'est l'affectation des sols à l'horizon 2030 et donc des choix de localisation de l'habitat, des activités des transports, des infrastructures et des grands équipements pour 25 ans. Ce n'est pas rien et cela touche de fait à toutes les politiques publiques.
A d'autres lieux, j'espère avoir l'occasion de revenir sur l'intérêt passionnant des questions traitées.
En trente mois, j'ai vu à la fois une expertise de grande qualité mobilisée pour quelques milliers d'initiés et une extraordinaire difficulté à traduire les enjeux traités en débat public. Certes un questionnaire à 4,5 millions d'exemplaires a été diffusé dans le journal du conseil régional ...mais rien à la hauteur et pourtant, au travers d'une conférence citoyenne organisée en octobre 2006, nous avons vu un panel de citoyens passionnés par les questions traitées.
Là encore, je retiens une appétence démocratique dès lors que des conditions sont réunies....
L'un de mes plus grands remords est de ne pas avoir su suffisamment anticiper et pousser à ce que l’on se donne les moyens de payer le coût d’entrée sur ces questions.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;2 – Sur le problème de relation faite entre des approches globales et des approches fragmentées&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je retiens une grande difficulté en penser à la fois le général et le particulier et à déterminer quels sont les mouvements les plus transformateurs. Il ne suffit pas de dire que  les mouvements fragmentés seraient particularistes et les mouvements globaux porteurs de cohérence.
La cohérence, la vision d'ensemble ne se décrètent pas... elles se construisent.
C'est un enjeu syndical permanent: comment articuler le professionnel, le sectoriel, le sociétal? Cela ne va pas de soi…c'est une vieille question des luttes sociales et chacun connaît le risque de globalisations artificielles comme d’enfermements catégoriels…Quelque part cela renvoie d'ailleurs à la double besogne de la Charte d'Amiens entre la « réalisation d'améliorations immédiates » et la préparation « de l'émancipation intégrale ».
Mon expérience est que les questions éducatives ont permis au SNES et à la FSU de saisir des enjeux  généraux qu’une entrée plus globalisante n’aurait pas nécessairement permis.
Il serait intéressant de pouvoir développer mais il est frappant de voir que le syndicalisme de la FEN s'enferme dans la décennie 1980 et au début des années 1990 dans la théorisation de ce que l'on appeler le syndicalisme de la marge....en laissant aux forces politiques le soin de déterminer ce était possible et ce qui ne l'était pas. Cette époque de tentative de recomposition syndicale, de rapprochement FEN et CFDT sur fond d'une syndicalisme d'accompagnement va être contrarié dans le secteur de l'Education par une vision qui associe des préoccupations professionnelles et la prise en charge de la nécessité d'une investissement éducatif de grande ampleur.
Je veux dire par cet exemple que le mouvement syndical peut se trouver en situation d'anticiper des besoins sociaux, d'en prendre la mesure et de produire des visions d'ensemble que la seule activité politique ne dégage pas spontanément.
Autrement dit je continue à penser il y a une méconnaissance de la part du politique non seulement de l’expertise syndicale mais d'un savoir et d'une capacité à produire du projet. C'est encore un peu comme s'il était impossible de sortir de cet héritage d’une hiérarchie de noblesse ou de prestige entre les fonctions politiques, syndicales et associatives.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais en même temps le mouvement syndical est souvent dans la position de l’ignorance réciproque. J'ai vécu tout au long des années 1980 et 1990 l'affirmation d'une conception de l'indépendance syndicale que je pense salutaire quand elle permet au mouvement syndical de s'affranchir de toute subordination et de traiter d'égal à égal avec les forces politiques sans confondre les fonctions. Mais la difficulté redouble d'intensité quand le besoin d'indépendance se transforme en ignorance... La déperdition d'informations, de savoirs et de prise sur les institutions est alors considérable.
L'expérience au sein de l'institution régionale et frappante. Y compris quand les compétences régionales sont fortes, le mouvement syndical est très extérieur, impliqué au travers de quelques initiés... et au mieux au travers du CESR qui est une des modalités peu convaincante  de l'institutionnalisation des relations sociales.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;SDRIF
Pour donner un éclairage complémentaire, je voudrais revenir  rapidement sur l'expérience régionale d'élaboration du SDRIF. C'est un très bon exemple pour réfléchir au croisement des approches fragmentées et des approches globales.
J'ai dit l’intérêt de l'exercice mené et des questions abordées avec des enjeux politiques essentiels. Quand on s'intéresse au contenu d'une alternative aux dégâts du libéralisme, on est au coeur.
Au delà du déficit démocratique déjà évoqué, le second enseignement que j'en ai retenu est la très grande difficulté à accorder les approches des divers territoires. Certes le travail effectué a dégagé des axes stratégiques d'aménagement en termes de lutte contre les inégalités, de solidarités territoriales, de prise en compte des enjeux énergétiques et écologiques mais dans la réalité de l'élaboration finale, les rivalités géographiques ont souvent été importantes, voire prépondérantes.
Les enjeux sont très politiques mais les rivalités géographiques transcendent parfois les clivages politiques. Où les obscurcissent. Grande est alors la difficulté à politiser un débat pourtant éminemment politique.
Cette difficulté est donc d'un autre nature que celle évoquée au niveau du mouvement syndical, mais je retiens que plus on politise un débat et un enjeu et plus se dégage du particularisme.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;3 – l’institutionnalisation des relations sociales neutralise-t-elle la volonté transformation sociale?
On peut prendre la question sous l'angle des formes de représentation syndicales et des procédures de négociation...on peut le prendre sous l'angle des institutions politiques.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans les deux cas, l'enjeu est un peu le même avec le risque d'une intégration institutionnelle qui neutralise la capacité de transformation. Le dépassement de ce risque est évidemment d'énoncer une mise en relation entre le « dedans » et le « dehors » qui associe la capacité d’expertise qu’autorise l’institution et la nécessité d’y porter des rapports de forces et des questions posées par l mouvement social..&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sans embellir la réalité, mon sentiment est que cette dialectique est relativement plus simple à mener au plan syndical qu'au plan des institutions politiques. Parce que la grande difficulté de mon expérience régionale est le quasi impossibilité de concrétiser le projet initial de dialectique entre la rue et les urnes. Même sur des sujets emblématiques, comme celui de la gratuité des transports pour les chômeurs, les mises en relation sont laborieuses. Les obstacles sont multiples. Certains sont des agendas discordants entre vie institutionnelle et vie réelle...mais aussi ce sont aussi les modèles culturels en place qui sont en cause.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Autant je sais le risque de s'engluer dans l'institution, autant je pense qu'il y a sous-estimation des marges d'action, des leviers dont on peut se saisir...mais cela ne peut être ponctuel...cela renvoie au dépassement d'une division des rôles...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour conclure&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour conclure, je pense qu’un renouvellement de l’exercice de la citoyenneté serait capable de bousculer les choix établis, de bousculer les prérogatives d’Etat. Dynamiser la transformation sociale suppose de la part des acteurs sociaux de réfléchir  à deux enjeux.
Le premier c’est celui de l’équilibre entre protestation et proposition, aujourd’hui mal réglé. Le penchant naturel est celui de la protestation, le défi est la proposition. Or il n’y a pas de mobilisation collective durable sans projet et les acteurs sociaux ont un mal considérable à déplacer le centre de gravité de leur activité vers la proposition.
Le deuxième défi c’est celui du renouvellement des formes de la démocratie. Pour dépasser les conceptions délégataires, il faut repenser la fonction des élus en rapport avec le mouvement social dans un sens non pas d’arbitrer les choix mais dans le sens d’être des facilitateurs de leur expression. A la limite une démocratie qui ferait vraiment sa place au mouvement social serait une démocratie dans laquelle les élus mettraient à la disposition du mouvement social ce qu’ils comprennent de l’élucidation des choix possibles, des scénarios possibles tels que d’ailleurs l’expertise du mouvement social permet aussi de les identifier mais sans les trancher à la place des citoyens. Ce renouvellement des formes démocratiques n’est pas simplement l’appel à la démocratie participative comme supplétif ou béquille de la démocratie représentative mais une façon de repenser leur articulation de façon à ce que l’élu ne se réfugie pas derrière la délégation mais soit bien un agent de l’implication des acteurs sociaux dans les choix politiques.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Intervention l’École, instrument d’intégration urbaine</title>
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    <pubDate>Fri, 15 Dec 2006 16:18:00 +01:00</pubDate>
    <dc:creator>François Labroille</dc:creator>
        <category>contributions</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Intervention au séminaire de Guy Burgel au CNAM décembre 2006.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Une observation préalable sur le statut de mon intervention sur le sujet de l’école comme instrument d’intégration urbaine.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ni chercheur ni réellement un acteur institutionnel mais un témoin un peu particulier puisque je croise deux ou même trois expériences, celles d’enseignant en lycée, celle d’ancien syndicaliste enseignant et celle d’élu régional en Ile de France investi sur la révision encours du schéma directeur de l’IdF.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si je devais livrer une impression spontanée, c’est celle de l’extrême difficulté à impliquer les acteurs et donc à faire de l’offre scolaire un instrument des politiques publiques.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Au niveau de l’expérience enseignante en termes de pratiques professionnelles ou de pratiques syndicales : l’immersion dans les établissements rendent peu visibles les enjeux de carte scolaire. Soit les enseignants vivent sous la pression de l’urgence des difficultés à surmonter, soit ils vivent l’appartenance à l’établissement avant celle à un territoire plus vaste. Un peu comme s’il y avait une difficulté à faire coïncider la vision locale et la vision d’ensemble.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais paradoxalement, l’expérience plus institutionnelle au niveau du conseil régional conduit à un même type de diagnostic sur la difficulté à agir.
Avec un paradoxe tout le diagnostic des travaux préparatoires à la révision du SDRIF mettent en évidence el renforcement des processus ségrégatifs et en déduisent des objectifs de correction au niveau d’aménagement de la région mais la dimension scolaire y est relativement peu présente. Certes les travaux en cours sur le schéma des formations ne se font pas dans l’indifférence à ces préoccupations mais la dimension territoriale n’y est pas première.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour contribuer à vos travaux, je voudrais tenter d’expliciter cette difficulté à agir non pour m’y résigner mais pour la surmonter.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;1 - Première interrogation qui a dû parcourir vos travaux est évidemment celui du rapport de causalité entre crise urbaine et école. En quoi l’école est-elle sous l’influence des nouvelles fractures sociales et en quoi y participe-t-elle ? L’école enregistre des phénomènes qui la dépassent mais elle en est aussi l’accélérateur. La question qui intéresse l’acteur est de savoir la marge qu’autorise le volontarisme politique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’impression, l’intuition est que les phénomènes macro sont évidemment très lourds mais que l’univers scolaire n’est pas passif, il peut être aussi bien un accélérateur qu’un frein ou un contre feu aux processus ségrégatifs. Ce sont moins les études sur le versant accélérateur bien connues que celles sur le versant contre feu qui m’intéressent. Au niveau des collèges et des lycées, les évolutions ne sont pas unilatérales. Vous avez sans doute traiter du bilan des ZEP. Ce n’ets pas ici directement mon propos. En quoi des politiques d’établissement, des cultures d’établissement peuvent-elles entretenir des logiques plutôt ségrégatives ou plutôt intégratives ? Mon expérience de plusieurs lycées parisiens depuis 20 ans, Carnot, Mallarmé, Turgot, Balzac…m’incite à penser Carnot l’extrême difficulté à renverser des logiques du consumérisme scolaire et de stratégies d’évitement qui poussent au tri social mais aussi que la possibilité de produire d’autres logiques. Je pourrai parler de Turgot dans Paris centre, population extrêmement diverse du Sentier, et de l’immigration d’origine asiatique. Parler aussi de Balzac avec des sections internationales entremêlées à des sections classiques. Les statistiques donnent des profils plus diversifiés. Certes la ségrégation peut devenir interne mais il y a un effet incontestable. L’enjeu est ici de savoir comment, par quels moyens et quel pilotage les politiques publiques peuvent favoriser ces logiques.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;2 – Deuxième interrogation est de savoir quelle est le panoplie de moyens permettant à l’école de plus s’affranchir des conséquences de la divisions sociale des territoires.
Les instruments&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’analyse des processus ségrégatifs à partir du consumérisme scolaire est impitoyable. Tous les segments du système éducatif sont touchés. Vous en savez beaucoup plus moi mais ce que j’en sais conduit à penser que sectorisation n’est pas suffisante pour contenir la ségrégation sociale, si importante soit-elle comme outil. Le renforcement des ségrégations résidentielles dans Paris et en proche couronne est tel que la seule sectorisation n’y suffit pas et l’on pressent que le couple sectorisation/ZEP est à repenser, moins  pour l’abandonner que pour en renforcer l’efficacité.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais l’intuition de l’enseignant est que la territorialisation des politiques scolaires restera de peu de poids si l’on ne s’interroge pas sur le contenu des formations scolaires. Chacun sait les controverses et le pire est de caricaturer. Mais il ne peut y avoir d’intégration sociale dans l’école si contenus et méthodes d’enseignement ne s’ouvrent pas plus à la diversité des cultures et ne parviennent pas à casser l’échec scolaire si fortement corrélé à l’origine sociale.
En disant cela, je ne sais pas ce qui est pertinent et ce qui ne l’est pas dans la critique du modèle scolaire actuel  et je suis persuadé que l’échec scolaire ne se réduit pas à l’inadaptation des méthodes pédagogiques. Mais sans l’ouverture de la culture scolaire à de nouveaux savoirs, à la mémoire, à de nouvelles évaluations, la compétition scolaire sur un seul modèle d’excellence poursuivra son tri social et le consumérisme scolaire restera le moteur des comportements.
En le disant autrement, la question de l’école comme instrument d’intégration urbaine est aussi affaire de contenus d’enseignement.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour conclure
Revenir sur l’expérience institutionnelle. J’ai indiqué au départ la difficulté à avoir une prise mais je voudrais corriger cette formulation. En tentant de suivre les travaux autour du SDRIF et du Schéma des formations, j’ai été frappé par la somme des expertises disponibles pour observer et décrypter les réalités régionales. L’un des enjeux est de partager cette connaissance au niveau de l’ensemble des acteurs.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Intervention colloque FSU Décembre 2006</title>
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    <pubDate>Fri, 15 Dec 2006 12:02:00 +01:00</pubDate>
    <dc:creator>François Labroille</dc:creator>
        <category>contributions</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Attentes de la société, pratiques professionnelles et création de la FSU.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Intervention colloque FSU
Décembre 2006&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Attentes de la société, pratiques professionnelles et création de la FSU.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En intro
Il m’a semblé stimulant de se prêter à ce travail de mémoire sur soi, non pour faire œuvre d’historien ou de chercheur, mais pour contribuer à produire un matériau à leur livrer, avec la part de subjectivité que cela implique mais aussi l’enrichissement que produit ce retour cette séquence de l’histoire du syndicalisme.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Au premier abord, j’ai eu l’impression que je n’avais strictement rien à dire mais dès l’amorce de ma conversation téléphonique avec François Bouillon, j’ai senti tout un désordre d’idées enracinées sur cette expérience à la charnière des années 1980.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J’ai pris le parti de restituer en quelques observations ce désordre à l’état brut, je veux dire en acceptant de prendre ce qui m’est venu spontanément, sans faire œuvre savante, uniquement pour échanger quelques impressions avec des acteurs autrement importants de la naissance de la FSU.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Je voudrais essayer de formuler l'hypothèse à laquelle je parviens en essayant de réfléchir à cette période:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A cette charnière des années 80 et 90, le SNES, mais pas seulement lui, a été contraint ou conduit à beaucoup mieux articuler l'ancrage professionnel de son syndicalisme et des dimensions sociales larges, liées à des transformations en cours de la société.
Cette évolution, qui a rencontré d’autres trajectoires dans la FSU, a contribué à produire une culture syndicale qui est celle de la FSU et qui lui a permis d’affirmer une identité particulièrement visible que ce soit dans les mouvements de 1995 par exemple ou de 2003.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour le dire autrement, c’est un peu comme si l'aggravation de la crise de la FEN, la pression contre le SNES pour le mettre hors jeu, les accusations de corporatisme dont il est l’objet l’avaient conduit à intensifier et à renouveler cette mise en relation profession/Education/Société, à mieux penser le métier enseignant du point de vue des enjeux nouveaux de scolarisation et à mieux penser le syndicalisme dans le cadre des mutations de la société. Je ne dis pas cela avec le recul d'une analyse historique et cela peut apparaître comme une simple opinion mais je le dis comme remontée de la mémoire du travail accompli dans la seconde moitié des années 1980 quand nous accélérons une réflexion autour de l’investissement éducatif qui met en cohérence et en perspective les revendications syndicales, qui s’efforce de réfléchir à des alternatives aux politiques économiques et sociales.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Au passage, je pense aussi que sur la base de démarches différentes, EE et UA, et probablement aussi le SNETAA à sa façon, se sont retrouvés dans cet effort pour mieux relier métier et société. Les cheminements ont pu être inverses d'ailleurs avec de la part de l’EE la nécessité de mieux identifier les préoccupations professionnelles et pour UA  SNES celle de moins juxtaposer métier et société. Mais il me semble qu’il y a là le creuset, la matrice d’une culture syndicale qui va être décisive dans l’histoire de la FSU.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Je voudrais essayer d’illustrer plus concrètement cette affirmation&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La fin des années 1980; le puissant mouvement de 88-89 autour de la revalorisation du métier sont à ce croisement. Toute notre démarche syndicale s’appuie alors sur le triptyque «&amp;nbsp;revalorisation du métier, crise de recrutement et scolarisation des jeunes ». Ce n’est pas en soi nouveau pour le SNES mais cela prend une dimension nouvelle en phase avec des exigences d’élévation et de démocratisation de la formation des jeunes qui sont encore très largement sous-estimées parmi les pouvoirs publics et bien au-delà, y compris dans la FEN.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce dont je voudrais témoigner, c’est de ce cheminement intellectuel, de ce travail d'élaboration autour de l'investissement éducatif, notion esquissée au début des années 1980, empruntée de façon assez confuse à l'économie de l'Education mais repensée dans une visée collective, sociale. A l’époque, on est encore très loin des thèmes de la société de la connaissance. .
Je n'ignore pas les limites de la notion d’investissement éducatif mais cette approche nous conduit alors à aller plus loin dans la prise en compte des enjeux de société. C’est la nécessité de penser les revendications en cohérence avec des choix économiques et sociaux et ce dans une perspective que nous voulons de transformation sociale.
Les conceptions qui s'affrontent alors dans le syndicalisme français et tout particulièrement dans la FEN sont centrées sur la théorisation de la «&amp;nbsp;marge&amp;nbsp;» autorisée par les contraintes économiques. La direction de la FEN en est imprégnée et finalement glisse vers un syndicalisme qui se contente de conformer les revendications syndicales et ce qui est supposé être «&amp;nbsp;possible ». A l’inverse, la culture syndicale qui se forge dans la gestation de la FSU est de s’intéresser de beaucoup plus près à la discussion du «&amp;nbsp;possible&amp;nbsp;» et donc d’intervenir sur les mutations de la société qui deviennent des enjeux et non de simples contraintes. C’est une des clés de l’histoire de la FSU&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Deux implications assez fortes&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La première est un investissement important du SNES à la fin des années 1980 dans des domaines qui étaient traditionnellement réservés.
Ainsi les questions de protection sociale qui étaient un terrain de prédilection de la FEN deviennent beaucoup plus présents et vont faire l'objet de la création d'un corpus assez élaboré qui va marquer les débuts de la FSU jusqu'au mouvement de 2003.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je pourrai prendre plusieurs exemples mais celui des retraites est particulièrement significatif. Au départ il s’agit d’un dossier suivi de façon assez marginale, un peu une affaire d'initiés, de spécialistes mais en 1990/1991; moment du livre blanc, le travail collectif pour discuter et contester le livre blanc est important et surprend la direction de la FEN. Il implique plusieurs des futurs syndicats de la FSU, UA SNI et j’ai le souvenir d’avoir assisté à des réunions de travail à la FEN en présence de Michel Deschamps qui y représentait le SNETAP.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ainsi une anecdote: réunion de la FEN où il faut discuter selon JP R de l'acceptable, du négociable et de l'inacceptable sans jamais s'interroger sur la pertinence ou non du diagnostic.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La démarche que nous développons alors est de discuter l’expertise et dès lors de remettre en perspective la revendication syndicale. Cela est mal connu mais les prises de position de la toute jeune FSU contre la réforme Balladur durant l’été 1993 sont très fermes et surtout la très forte implication de la FSU dans le mouvement de 1995 renvoie aussi à une autre vision de la résolution des problèmes de protection sociale et de retraite que le plan Juppé. Il me semble légitime d’établir un rapport entre l’intensité de ces mobilisations sociales et la façon dont la culture syndicale de la FSU va appréhender ces questions. C’est l’une des raisons qui me semble expliquer l’importance du mouvement de 2003 contre la loi Fillon.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La seconde implication de cette posture syndicale, c'est aussi une attention nouvelle à des mouvements sociaux qui ne sont pas spontanément ceux qui sont les plus familiers au syndicalisme. Une disponibilité sans doute plus grande, une curiosité et une démarche là encore facilitées par la rencontre des cultures UA et EE. Ainsi Louis Weber et bien d'autres pourraient raconter l’essor des  ces NMS autour de l'exclusion, la présence de la FSU d'emblée rue du Dragon en 1994, un numéro de POUR où l'on inteviewe JB Eyraud, A. Jacquard, Henri Leclerc... mais aussi l'implication de la FSU dans la création de AC! là où le syndicalisme UID va passer à côté de ces mouvements.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Pour conclure
j’ajoute que cette articulation renouvelée entre le métier/Education/société esquisse un nouveau rapport au champ politique, sans subordination et sans indifférence. Ce n’est pas une question résolue et c’est encore et toujours un défi pour le syndicalisme d’aujourd’hui, pour la FSU comme pour les autres organisations syndicales. Mais à la charnière des années 1980, la genèse de la FSU est de cet ordre là. Sa double crédibilité me semble avoir été celle de son indépendance et celle de sa capacité à mettre en perspective des revendications syndicales par rapport à des enjeux d’avenir qui concernent la jeunesse et les solidarités sociales.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais j’ai la conviction que le pluralisme des sensibilités et des expériences dont elle se réclame va jouer un rôle essentiel dans cette capacité à produire cette nouvelle culture syndicale.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>échanges de bons procédés revue VACARME printemps 2005</title>
    <link>http://www.alternativecitoyenne-elus.org/francois-labroille/index.php/post/2007/12/28/echanges-de-bons-procedes-revue-VACARME-printemps-2005</link>
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    <pubDate>Thu, 30 Jun 2005 17:46:00 +02:00</pubDate>
    <dc:creator>François Labroille</dc:creator>
        <category>contributions</category>
            
    <description>&lt;p&gt;table ronde, avec Marie-Claire Cailletaud (CGT), François Labroille (FSU), Jérôme Martin (Act Up), Emmanuelle Mercier (APF) et Jérôme Tisserand (CIP-IdF)
&lt;a href=&quot;http://www.alternativecitoyenne-elus.org/francois-labroille/index.php/post/2007/12/28/[&quot; title=&quot;fr&quot;&gt;&lt;/a&gt;|fr]&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;échanges de bons procédés&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;table ronde, avec Marie-Claire Cailletaud (CGT), François Labroille (FSU), Jérôme Martin (Act Up), Emmanuelle Mercier (APF) et Jérôme Tisserand (CIP-IdF)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les registres de mobilisation sont-ils déterminés par la structure des organisations qui les initient&amp;nbsp;? Plus ou moins grosses, plus ou moins anciennes, plus ou moins reconnues par les pouvoirs publics, chacune dispose d’un répertoire de lutte spécifique, dont les évolutions engendrent innovations et tiraillements, adhésions et tensions. Qu’est-ce que les mobilisations apprennent ou ignorent les unes des autres&amp;nbsp;? Y a-t-il des emprunts mutuels&amp;nbsp;? Des zones de contact dangereuses à franchir&amp;nbsp;? Une ronde de réponses en compagnie de cinq interlocuteurs&amp;nbsp;: une déléguée CGT, un ancien dirigeant de la FSU, le président d’Act Up-Paris, une représentante de l’Association des Paralysés de France et un membre de la Coordination des Intermittents et Précaires d’Ile-de-France.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une table ronde organisée par Joseph Confavreux, Philippe Mangeot &amp;amp; Brigitte Tijou.
Les répertoires de la contestation&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jérôme Martin, Act Up-Paris.
Act Up dispose d’un répertoire d’actions relativement stable. La plupart ont été empruntées aux méthodes activistes américaines, et en ont gardé le nom — nos actions sont des zaps&amp;nbsp;; le die in consiste à se coucher sur le sol pour bloquer un passage, tout en figurant symboliquement les morts du sida, etc. Si Act Up est devenue une référence dans le champ de la contestation en France, c’est parce que nous avons été parmi les premiers, à la fin des années 1980, à importer ces techniques qui n’avaient pas cours à l’époque.
La question de la visibilité est au coeur de toutes nos actions. Il s’agit d’imposer une autre image des malades, et de faire en sorte qu’elle soit répercutée, alors que nous étions et sommes restés peu nombreux. Cela suppose une dramaturgie, un usage des corps, qui permettent de nous identifier immédiatement&amp;nbsp;: d’où l’attention que nous portons à la cohérence graphique, à nos «&amp;nbsp;uniformes&amp;nbsp;» (les T-shirts aux triangles roses, etc.).
Si l’action publique constitue la part la plus visible de notre activité, elle ne fait pourtant pas de nous une simple association d’agit-prop&amp;nbsp;: à l’exception des zaps de pure colère, toutes les actions d’Act Up s’inscrivent dans une double stratégie de lobby sur nos interlocuteurs et d’information en direction des personnes atteintes.
À partir de là, on peut tenter d’établir une typologie. Il y a des actions qui sont de l’ordre de l’obstruction&amp;nbsp;: bloquer des issues, de sorte qu’on est obligé pour passer de nous marcher dessus, ce qui est symboliquement déplorable pour des personnes en charge de la lutte contre le sida. Ou encore, avec ce que nous appelons des zaps phone/fax, bloquer les standards téléphoniques en pratiquant, à un moment donné, un harcèlement qui nous permet de monter en hiérarchie, les secrétaires excédé(e)s finissant par nous passer ceux qu’elles étaient censées protéger. C’est une manière économique d’accélérer, par exemple, la signature d’un décret administratif, ou de résoudre un cas particulier. Il y a des actions d’intrusion, d’interruption, et des actions d’occupation (même si nous savons bien mieux interrompre qu’occuper). Il y a enfin les actions strictement symboliques&amp;nbsp;: s’en prendre à un établissement, sans confrontation directe avec quiconque, mais pour créer une image. C’est ce que nous avons fait récemment, en jetant du faux sang sur l’Élysée — ce qui nous a valu l’arrestation et le jugement de huit militants, mais aussi une très forte médiatisation.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Marie-Claire Cailletaud, Fédération nationale des mines et de l’énergie CGT (FNME-CGT).
Au printemps 2004, la Fédération Énergie de la CGT a lutté contre le projet de loi sur la transformation des entreprises EDF-GDF en Sociétés Anonymes. Pour les agents EDF, l’enjeu était très fort, en termes de statut, et en termes de conception du service public. Le mouvement a commencé au mois d’avril, il y a eu des jours avec 80% de grévistes, des manifestations de 80000 personnes&amp;nbsp;; mais la médiatisation ne s’est véritablement faite que quand les électriciens ont coupé la gare Saint-Lazare.
Cette action s’inscrivait dans une série qui tranchait avec les méthodes auxquelles on associe spontanément la CGT. Quand le conflit a débuté, 1995 pesait dans toutes les têtes. À EDF, beaucoup des grévistes avaient été sanctionnés, certains avaient dû souscrire des prêts pour pouvoir passer la période, le mouvement avait donc été coûteux et il avait perdu — le gouvernement était passé en force. Pour les gens, il fallait donc cette fois faire payer la boîte en déboursant le moins possible. Il y avait aussi le précédent de France Télécom&amp;nbsp;: nous avions le sentiment que le mouvement n’était pas parvenu à intéresser au-delà de l’entreprise&amp;nbsp;; nous devions donc avoir l’opinion publique avec nous.
À EDF, les modes d’action diffèrent selon les métiers. Ceux qui travaillent à la production ont les moyens de baisser la charge&amp;nbsp;: l’incidence peut être considérable, puisque l’électricité ne se stockant pas, tout se casse la figure quand la consommation excède la production. Ceux qui occupent les postes de transformation peuvent couper l’électricité. Et puis il y a les gens de la distribution qui vont voir les abonnés. Ce sont eux qui ont imaginé les opérations «&amp;nbsp;Robin des bois », qui consistaient à remettre le courant aux plus démunis. Pour eux, c’était un moment très important&amp;nbsp;: dans les cités, ils étaient habitués à se faire recevoir à coups de pierre, parce qu’ils venaient couper. Or voilà qu’ils y allaient la tête haute, pour remettre les gens en gratuité. Il y a eu également les opérations dites «&amp;nbsp;vitales », où l’on passait les hôpitaux en gratuité. Ou les actions de démontage des compteurs des députés qui avaient dit ouvertement qu’ils allaient voter la loi.
Mais nous pouvions aussi mettre la France dans le noir. Pendant tout le conflit, nous en avons discuté. C’était à double tranchant&amp;nbsp;: cela pouvait faire basculer le mouvement en retournant l’opinion contre nous — imaginez une contre-manifestation des propriétaires de congélateurs&amp;nbsp;! De ce point de vue, l’action de la gare Saint-Lazare a été à la fois la plus spectaculaire et la plus compliquée pour nous. Elle a fragilisé l’unité syndicale&amp;nbsp;: des fédérations ont contesté ce mode de protestation, en disant qu’il n’était pas légitime d’embêter les gens qui allaient travailler — tous ces discours sur la «&amp;nbsp;prise en otage des usagers&amp;nbsp;» qu’on entend si souvent, et qui peuvent infuser jusque parmi nous. Nous avons donc revendiqué cette action, en disant qu’il ne fallait pas que cela se reproduise. Je ne sais pas si ce choix était le bon&amp;nbsp;: après tout, la loi est passée.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Emmanuelle Mercier, Association des Paralysés de France (APF).
L’APF est une vieille dame, mais elle est toute jeune à propos des formes d’action qui jouent sur le rapport de force, en parallèle avec un travail de sensibilisation ou de lobbying institutionnel. Historiquement, elle s’inscrit dans une culture de l’entraide, de la défense des droits mais aussi de la charité. Elle a été fondée dans les années 1930 par des personnes handicapées, qui ont élaboré des réseaux de solidarité, créé des centres de vacances, puis des structures médico-sociales. Son rôle de gestionnaire de structure a progressivement pris le dessus, et la vie associative des délégations a perdu de sa force&amp;nbsp;: l’investissement des adhérents a été petit à petit remplacé par une gestion plus professionnelle.
Il y a cinq ans, une réforme interne a donc été engagée pour que les adhérents reprennent les choses en main, en termes de responsabilité politique. Or nos modes de fonctionnement s’en sont trouvés déstabilisés. Les personnes handicapées qui souhaitent s’y investir ne sont pas forcément celles qui étaient présentes auparavant — des gens dépendants, en quête de réconfort ou d’activités. Voilà qu’arrivent des gens qui viennent chercher un engagement politique sur la cause du handicap. Certains d’entre eux ont des handicaps acquis, et ont milité dans d’autres champs. Quand ils arrivent à l’APF, ils trouvent une association dont la culture militante et revendicative leur semble pauvre. Il y a aussi des gens handicapés de naissance qui prennent appui sur la réforme pour formuler un discours critique vis-à-vis d’une association qu’ils considèrent parfois comme trop frileuse, engagée depuis des années dans un lobbying institutionnel dont les résultats ne sont pas à la hauteur de leurs attentes.
Quand je vous entends parler d’une crise de certaines formes de contestation, je me dis que nous sommes décidément novices. Nous avons été très heureux, en 1999, de faire une grande manifestation nationale. Mais faire venir en nombre des personnes handicapées sur Paris coûte cher&amp;nbsp;: cela suppose un transport spécialisé, un(e) auxiliaire de vie par personne, une infrastructure lourde (des toilettes adaptées sur le parcours de la manif par exemple). Il y a donc à la fois un souvenir merveilleux — on a trouvé la force d’aller dans la rue, on a donné une autre image que celle qui joue sur la corde caritative — et le sentiment qu’il faut trouver des formes plus légères. L’APF organise par exemple les «&amp;nbsp;chantiers de l’accessibilité&amp;nbsp;» : une opération annuelle, dotée d’une communication unique, mais déclinée localement en des «&amp;nbsp;actions coup de poing&amp;nbsp;» menées par 15-20 personnes. On a ainsi vu des personnes en fauteuil tenter de prendre en groupe un transport en commun non accessible, qui se retrouve donc bloqué de facto&amp;nbsp;; ou des opérations de bâchage de voitures de personnes non handicapées sur des places réservées (une personne valide se gare, on bâche la voiture, on filme l’action, la personne est bloquée dans son véhicule, on la libère, on se fait insulter, mais elle a du mal à continuer à s’énerver devant des personnes en fauteuil).
Aujourd’hui, cette opération pose question&amp;nbsp;: la communication est nationale, certains peinent parfois à se l’approprier. Beaucoup en viennent donc à dire qu’ils n’ont plus envie que l’initiative vienne «&amp;nbsp;d’en haut », qu’ils veulent inventer leurs propres modes d’action. En même temps, l’organisation nationale garantit un impact politique et médiatique plus fort. On est donc au cœur de cette période à la fois passionnante et tourmentée. Et dans ce cheminement, nous cherchons tous azimuts des inspirations.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jérôme Tisserand, Coordination des Intermittents et Précaires d’Île-de-France.
La Coordination d’Île-de-France est le fruit d’un mouvement, l’une de ses composantes, mais elle est aussi largement à l’initiative des formes qu’a prises aujourd’hui ce mouvement. Puisque nous parlons de techniques, il faut commencer par le plus important&amp;nbsp;: le principe d’occupation d’un lieu public, qui est le socle à partir duquel le collectif lui-même s’élabore. Il faut bien sûr des gens pour initier une action d’occupation, mais le collectif se construit dans le temps de l’occupation. Pour nous, tout commence au printemps 2003 avec l’occupation — largement négociée — du Théâtre de la Colline à Paris. Le 26 juin, le protocole Unedic est signé, et mille personnes déboulent à une AG. Le lendemain matin, nous occupons la Grande Halle de la Villette, puis la salle Olympe de Gouges où nous restons tout l’été. L’énergie et l’unité du mouvement viennent donc de cette technique initiale&amp;nbsp;: un usage collectif de l’espace public. L’intitulé que nous nous sommes donné, «&amp;nbsp;Intermittents et Précaires », a également beaucoup joué&amp;nbsp;: dans l’intermittence du spectacle, il y a 650 métiers. C’est à partir de la définition de l’intermittence comme pratique d’emploi et non comme statut d’artiste ou de «&amp;nbsp;professionnel de la profession&amp;nbsp;» que nous avons pu sortir d’une série d’assignations inextricables (artiste/pas artiste, vrai ou faux professionnel, etc.). En région, les actions de blocage ont conduit à l’annulation en chaîne des festivals. À Paris, nous étions moins exposés à ce qui a pu être vécu comme un déchirement&amp;nbsp;: la grève. L’affaire était plus simple&amp;nbsp;: une AG, 800 personnes, 15 départs en actions — piquets, blocages de tournages, occupations de ministères, etc. Nous ne partions pas d’une culture d’action préalable, nous disposions moins de techniques que d’un sens pratique. On est aussi passé très vite à des actions de type zaps d’Act Up.
La deuxième phase de la coordination a été son inscription dans la durée par un travail de structuration interne avec un noyau dur d’une centaine de personnes. Cette structuration s’est faite autour d’une multiplicité d’objets et d’actions&amp;nbsp;: la proposition d’un nouveau modèle d’indemnisation-chômage pour les salariés à l’emploi discontinu, dont l’élaboration a démarré dès le 28 juin 2003&amp;nbsp;; une série d’actions dirigées contre le gouvernement et les syndicats à l’origine de la réforme, ainsi que des actions de perturbation à fort impact dans l’espace public, comme l’intervention au journal télévisé de France 2 et tout récemment le 7/9 de France Inter. Parallèlement, un travail institutionnel inédit a été effectué, avec la création du Comité de suivi (rassemblant les coordinations, les syndicats en lutte contre le protocole et des parlementaires de tous bords) qui a abouti au dépôt, le 2 mars dernier, d’une proposition de projet de loi à l’Assemblée Nationale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;François Labroille, Syndicat National des Enseignements du Second Degré / Fédération Syndicale Unitaire (SNES-FSU)
Mon expérience — celle du syndicalisme enseignant — procède d’une double donne&amp;nbsp;: la communauté enseignante se caractérise par une forte homogénéité professionnelle (on est loin des 650 métiers de l’intermittence), et par une immense dispersion des lieux de travail (60000 écoles, 4500 collèges, 1200 lycées). Dans ce cadre, des formes ont été codifiées&amp;nbsp;: face au problème de la dispersion, la grève de 24 heures sur un appel centralisé par les organisations syndicales permet une synchronisation des mobilisations sur des lieux très dispersés. Dans l’Éducation Nationale, il est impossible de décider en AG de ce qu’on fait le lendemain — le problème restant toujours la gestion de la durée. Ces formes classiques grèves/manifs ont longtemps fonctionné, mais elles ont énormément vieilli au cours des années 1990.
De ce point de vue, les conflits de 1989 et de 1995 ont été emblématiques. En 1989, le mouvement enseignant succède à ceux des infirmières et des agents des impôts&amp;nbsp;: il y a donc un effet en chaîne sur la question des métiers du social dans la fonction publique. La mobilisation culmine avec une manifestation nationale puissante en mars, les formes en sont classiques, mais 1989 préfigure les thèmes de la décennie suivante&amp;nbsp;: la question de savoir comment bloquer la machine devient un thème de réflexion constant, avec toujours l’idée — ou l’illusion, selon les points de vue — qu’il doit y avoir une forme-miracle qui va tout bloquer, et donc tout résoudre. Évidemment cette forme pure n’arrive jamais, même si on s’en approche à certains moments effectivement miraculeux — ceux où la mobilisation collective acquiert une espèce de force irrésistible.
Ce fut le cas en 1995. Ce grand moment de conflit, où les enseignants sont très engagés, est marqué par l’émergence de nouveaux mouvements — Act Up, les mouvements des «&amp;nbsp;sans&amp;nbsp;» (l’occupation de la rue du Dragon par le DAL date de décembre 1994, etc.). La rencontre entre des formes classiques de mobilisation syndicale et ces formes nouvelles ne se fait pas facilement, elle n’est d’ailleurs pas complètement accomplie, mais elle crée une effervescence qui vient perturber et régénérer la réflexion sur les formes, notamment avec le développement de grèves reconductibles. L’expérience de 2003 m’a semblée très intéressante, même si son échec a été vécu de façon traumatique. Le conflit de 2000 avec Allègre avait mis en mouvement beaucoup de gens, tous les ressorts d’indignation avaient joué face aux insultes du ministre, mais la rencontre avec l’opinion publique ne s’était pas faite. La mobilisation de 2003, au contraire, rencontre bien plus que ce qu’on a appelé une «&amp;nbsp;procuration&amp;nbsp;» de la part du privé&amp;nbsp;: des valeurs universelles. Le mouvement portait sur les retraites — c’est-à-dire sur ces questions de rapport entre les générations qui sont, d’une certaine manière, au cœur de la pratique enseignante — et sur la décentralisation — c’est-à-dire sur les questions d’égalité d’accès à l’Éducation. Il est significatif que la montée de la grève ait épousé la carte des établissements les plus exposés à la crise sociale, et dont les enseignants étaient les plus susceptibles de parler à tous. Et c’est chez eux que s’est déployée une inventivité dans les formes, qui dépasse complètement ce que le cadre syndical plus central aurait pu penser ou proposer. Alors que le syndicalisme enseignant est, historiquement, très autarcique, des liens transversaux ont été tissés avec d’autres groupes. Alors qu’on avait cent fois essayé de copier sans beaucoup de succès des formes d’animation, les manifestations sont devenues festives, et cela allait de soi. Ni la transversalité des luttes ni l’invention des formes ne se décrètent&amp;nbsp;; mais quand la mobilisation d’une profession porte des valeurs qui parlent à la société tout entière, alors survient du transversal, et les formes nouvelles d’expression apparaissent.
Le poids de l’opinion&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jérôme Martin
Je pense comme François Labroille qu’un mouvement qui marche est celui qui réussit à articuler une question particulière et un enjeu universel. Mais je ne crois pas que cette articulation passe nécessairement par l’adhésion de «&amp;nbsp;l’opinion ». Quand Act Up parle du point de vue des pédés, des gouines, des putes, des prisonniers, des toxicos, etc., nous savons que cela ne nous gagnera pas la sympathie de l’opinion publique, mais cela ne rend pas notre combat moins universel pour autant. Dans nos actions, la question de l’opinion publique compte moins que celle du rapport au pouvoir. Ce décalage n’a sans doute jamais été aussi clair que quand le président d’Act Up, au beau milieu du Sidaction 1996, provoque un scandale en parlant de la France comme d’un «&amp;nbsp;pays de merde », parce qu’on y expulse des personnes malades.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;François Labroille
L’hostilité momentanée que vous avez suscitée se paie à terme d’un capital de sympathie considérable. Le rapport au temps n’est pas exactement le même dans un conflit classique, avec un employeur ou avec le gouvernement&amp;nbsp;: le dénouement est une échéance courte, et la question de savoir où bascule l’opinion publique est cruciale. Quand j’ai vu que les électriciens avaient coupé la gare Saint-Lazare, j’ai eu le sentiment, sans avoir de conviction arrêtée, qu’un risque énorme avait été pris. Dans le secteur de l’enseignement, nous avons d’ailleurs été confrontés à des questions analogues avec l’hypothèse de la grève du baccalauréat.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Marie-Claire Cailletaud
Le problème est toujours de savoir qui va pâtir d’une action. L’idéal serait bien sûr de couper l’Élysée, mais ça, on ne peut pas. Par ailleurs, jusqu’au dernier conflit, nous n’avions aucune maîtrise sur les impacts d’une baisse de charge. Les militants pouvaient faire baisser la production dans une centrale, seule la direction disposait d’une vision nationale du dispatching production/consommation&amp;nbsp;: elle pouvait donc choisir de préserver tel gros client et couper une ville entière, ce qui pouvait se retourner contre nous. C’est d’ailleurs pourquoi, dans les négociations qui ont suivi, l’un des enjeux a été d’obtenir qu’un syndicaliste soit présent dans le dispatching national.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Emmanuelle Mercier
Dans le cas du handicap, la question de l’opinion publique ne recoupe pas entièrement celle des rapports de forces avec les pouvoirs. Les personnes handicapées considèrent que le public, du fait de ses représentations négatives du handicap, participe à leur exclusion. Travailler sur l’opinion, c’est donc chercher à se mettre en scène d’une façon digne et intelligible, pour faire évoluer les représentations. Des corps cassés, «&amp;nbsp;monstrueux », qui de plus sont loin d’être nantis et parlent d’argent, d’accès au monde ordinaire, à l’école, au travail — comment va-t-on pouvoir se mettre en scène pour positiver cette image&amp;nbsp;?
Les risques de l’action&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Marie-Claire Cailletaud
Je suis toujours impressionnée par les grévistes qui restent un mois sans salaire — et étonnée quand des gens semblent découvrir que quand on fait grève, on n’est pas payé&amp;nbsp;! Mais les actions de désobéissance — qui sont hors la loi — peuvent aussi avoir des conséquences graves&amp;nbsp;: les gens risquent la mise à pied immédiate. Cela a d’ailleurs été le cas en 1995. Dès le début du mouvement du printemps 2004, nous avons donc décidé que le syndicat revendiquerait toutes les actions dont le principe aurait été adopté à la majorité par les AG du personnel. Jusqu’alors, les coupures s’étaient faites de manière très discrète. Désormais, les actions devaient être décidées collectivement et menées à visage découvert — dans la majorité des cas, elles sont donc exécutées par des gens couverts par un mandat syndical.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jérôme Martin
Nous avons longtemps négligé le risque d’interpellation judiciaire&amp;nbsp;: les deux gardes à vue successives dont ont récemment fait l’objet des militants d’Act Up (à l’occasion de zaps contre l’Élysée et contre le siège de l’UMP) constituent un tournant dont nous allons devoir prendre la mesure. Car Act Up a bénéficié d’une longue histoire d’impunité&amp;nbsp;: pour ceux auxquels nous nous attaquons, il n’est pas très rentable de s’en prendre publiquement à des malades du sida. Les chômeurs ou le DAL auraient fait certaines de nos actions, ils n’auraient pas bénéficié de la même clémence... Mais je suis persuadé que les handicapés bénéficieraient de ce type d’impunité.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Emmanuelle Mercier
J’en suis moi-même convaincue&amp;nbsp;: les CRS n’oseraient pas taper sur une personne en fauteuil. C’était évident en septembre dernier lors de notre manifestation régionale à l’occasion du passage en deuxième lecture à l’Assemblée de la loi «&amp;nbsp;pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées&amp;nbsp;» : des personnes en fauteuil s’approchaient très près des CRS, les touchaient presque. Et les CRS ne savaient tout simplement plus quoi faire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Marie-Claire Cailletaud
Nous devrions faire des manifestations ensemble...
Tensions internes&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Emmanuelle Mercier
Cette action a mis en évidence certaines contradictions qui traversent aujourd’hui l’APF. À la différence d’autres associations, PAPE s’est mobilisée dans le travail d’amendement de la loi. Mais en parallèle, elle voulait manifester la forte présence des personnes handicapées dans le suivi des débats. Une action relativement festive avait donc été organisée devant le Sénat, elle a déplu à certains adhérents très critiques à l’égard de cette loi. Il y avait donc d’un côté les adhérents qui disaient «&amp;nbsp;on n’est pas là pour faire les guignols&amp;nbsp;; on entend peser dans le rapport de force&amp;nbsp;» ; et de l’autre, le Conseil d’Administration, qui voulait juste «&amp;nbsp;témoigner d’une présence vigilante des personnes handicapées ». Je ressens parfois un paradoxe entre le fait que l’association encourage des aspirations militantes plus agressives et sa crainte de perdre une légitimité acquise auprès des pouvoirs publics. Elle redoute en outre qu’une radicalisation de ses modes d’action ne conduise à une perte d’adhérents qui ne s’y reconnaîtraient plus. Une partie du débat interne est ainsi structurée par la question du rapport entre majorité et minorité. Que ce débat soit né d’un souci de démocratisation de l’association est intéressant&amp;nbsp;: redonner une légitimité locale dans une association très centralisée, c’est changer d’échelle et donc de formes d’action&amp;nbsp;; repenser la possibilité de travailler à plusieurs dizaines plutôt qu’à plusieurs milliers.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Marie-Claire Cailletaud
Pour le dernier conflit, notre volonté était de placer les agents eux-mêmes au centre de la décision d’action. Cela a libéré une inventivité extraordinaire. Il y a eu des «&amp;nbsp;opérations dératisation&amp;nbsp;» : les souris des ordinateurs étaient débranchées, les gens ne pouvaient plus travailler&amp;nbsp;; ou bien on envoyait l’ensemble des clés des véhicules aux directions. Mais inversement, on a pu nous reprocher de ne pas donner de directives précises. Les gens ont toujours en tête l’idée de délégation, de manifestation nationale, qui permet de montrer sa force tous ensemble — ce qui est également indispensable. Il y a eu de toute évidence une diversification des modes d’action — ce qui ne veut pas nécessairement dire radicalisation.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jérôme Tisserand
À la différence d’autres mouvements, le lien entre coordination et syndicats dans le cadre du conflit des intermittents a pu fonctionner. Mais la question des modes d’action a pu faire discussion&amp;nbsp;: la critique de la CGT vis-à-vis des coordinations porte souvent sur l’idée que les actions y sont groupusculaires. De fait, la coordination a validé en AG l’idée que des actions pouvaient être préparées confidentiellement et par de très petits groupes. C’est aussi une question de confiance. Mais c’est un risque que nous pouvons prendre, contrairement peut-être à une organisation syndicale. Tout dépend donc des formes d’organisation.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;François Labroille
Sortir du principe majoritaire a quelque chose d’assez jouissif. Mais cela n’est pas sans risques. Je suis prof à Paris. En 2003, j’ai vu des collègues venir des bahuts voisins pour essayer de nous faire faire la grève du bac. Ils n’étaient plus dans leurs lycées depuis un mois. Dans tout mouvement, il y a une accélération de vie personnelle, cette tentation du décrochage. Or nous étions très majoritaires à ne pas vouloir faire la grève du bac. La conduite d’un mouvement majoritaire est assez épuisante, puisqu’il faut fonctionner au consensus&amp;nbsp;; mais elle a l’avantage de la sécurité collective. De l’extérieur, je peux comprendre cette jubilation d’être défait de la contrainte majoritaire&amp;nbsp;; mais en même temps j’en vois les limites. Pour ces collègues qui faisaient la tournée des établissements, la prise de risque individuelle a été importante. Quand le mouvement est retombé, c’est d’ailleurs pour eux que le traumatisme a été très fort. Mais la force du mouvement de 2003 était pour l’essentiel ailleurs, dans un mouvement à la fois très représentatif des professions de l’Éducation Nationale et très en lien avec d’autres secteurs et l’opinion publique. L’idéal serait de pouvoir marier efficacité majoritaire et inventivité minoritaire.
La diffusion des techniques&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jérôme Tisserand
Plus que d’apprentissages ou de transmission, il faut penser en termes de pillage, de réappropriation dans l’urgence d’une lutte. Dans la coordination, certains avaient participé aux luttes des chômeurs, d’autres venaient d’Act Up, et sont venus avec leur savoir-faire, sans qu’il y ait pour autant formation. On pourrait dire que l’occupation vient des luttes des chômeurs — mais en même temps, l’occupation des usines est une vieille pratique... Et si la technique du die in est empruntée à Act Up, je parie que 99% des gens qui l’ont pratiquée dans ce mouvement ignoraient son origine. Une idée de technique passe, on ne sait pas d’où elle vient, on la prend.
De la même façon, nous avons sans doute inspiré d’autres mouvements. Ce que nous avons fait au festival de Cannes, par exemple, a rencontré en Italie la réflexion des mouvements qui participe au réseau européen MAYDAY &lt;a href=&quot;http://www.alternativecitoyenne-elus.org/francois-labroille/index.php/post/2007/12/28/1&quot; title=&quot;1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;, dont la Coordination fait partie aujourd’hui. Les Italiens ont organisé Global Beach au festival de Venise&amp;nbsp;: au coeur du système de l’industrie culturelle, une présence massive des activistes venus profiter de cet espace comme d’une caisse de résonance.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jérôme Martin
Pour des mouvements récents, Act Up a pu fonctionner comme un modèle d’activisme. Il arrive d’ailleurs que nous soyons invités pour témoigner de notre «&amp;nbsp;savoir-faire&amp;nbsp;» : par le mouvement des chercheurs par exemple&amp;nbsp;; ou par des collectifs de personnes handicapées créés en marge de l’APF par certains de ses adhérents. Mais aucune technique n’est mécaniquement exportable&amp;nbsp;: nous pouvons donner des conseils, mais les actions-type d’Act Up se heurtent, pour des personnes handicapées, notamment à des problèmes de locomotion.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Emmanuelle Mercier
J’ai, avec quelques autres, contacté Act Up. Or cette initiative a été considérée en tant que telle comme un acte significatif, même si cela a peut-être un peu foutu la trouille. La question n’était pas tant d’importer telles quelles des méthodes que de dire quelque chose des orientations que nous voulions prendre. À Act Up, nous allions chercher du même (une expérience de la pathologie, et du combat contre la «&amp;nbsp;honte&amp;nbsp;» qui lui est attachée) et du différent (une radicalité politique très éloignée de la culture de l’APF).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;François Labroille
Je me souviens avoir représenté en 1998 le SNES-FSU à des réunions dans le cadre du mouvement des chômeurs. J’étais frappé par les modalités que je découvrais, et j’en répercutais le récit. Il existe ainsi des points de contact, dont les forums sociaux peuvent être les lieux. Mais ces passages sont encore rares. La culture d’organisation est demeurée très forte&amp;nbsp;; l’univers syndical reste l’univers syndical&amp;nbsp;; l’univers associatif reste l’univers associatif, et il est lui-même très segmenté. Je ne crois pas cependant qu’il existe d’ingénierie de l’action collective, de techniques transposables dont le mode d’emploi assurerait l’efficacité&amp;nbsp;: rien ne marche a priori. Et pourtant, pas de mobilisation sans un débat intense sur les formes, avec d’énormes controverses. Si nous sommes dans la recherche de la technique, c’est parce que nous sommes confrontés à des questions d’efficacité. On peut multiplier les inventions de formes&amp;nbsp;; tant qu’on n’a pas de résultats, les formes qu’on a inventées s’épuisent à une vitesse phénoménale.
Contestation, proposition&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;François Labroille
Il me semble difficile de parler de techniques de contestation sans réfléchir à leur articulation avec la question de la proposition. C’est ce qui m’a le plus frappé dans le mouvement des intermittents&amp;nbsp;: sa capacité à produire une contre-expertise, à élaborer un contre-projet. Un équilibre a été trouvé entre contestation, proposition, subversion et transformation, dont je sais d’expérience qu’il est difficile.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jérôme Tisserand
D’entrée, nous avons dû reconnaître la complexité de la situation&amp;nbsp;: les interlocuteurs étaient multiples — État, syndicats d’employeurs et d’employés. Nous sommes d’ailleurs en train de mener une enquête sociologique auprès de 1500 intermittents, qui interroge les particularités du rapport employé/employeur dans les métiers du spectacle. Alors que le discours majoritaire État/syndicats s’obstine à clamer comme seule résolution du problème de l’intermittence ce que nous nommons alternative infernale, «&amp;nbsp;l’emploi&amp;nbsp;» (le vrai, durable, etc.), nous devons montrer comment, sans tomber dans une caricature de la flexibilité, certaines formes d’activité peuvent vivre de la mobilité&amp;nbsp;; il faut donc inventer de nouveaux dispositifs, de nouveaux droits.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Marie-Claire Cailletaud
Pour la CGT, il est clair qu’il y a quelque chose de nouveau à s’affirmer comme un syndicalisme de proposition. Dans le cas du conflit EDF, nous devions montrer, arguments juridiques à l’appui, que le changement de statut n’était pas imposé par le cadre européen. Et nous avons élaboré la contre-proposition d’une fusion EDF-GDF 100% public. Il ne s’agit évidemment pas de renoncer à la contestation — au contraire — mais de montrer qu’il y a d’autres possibles. Une proposition alternative, c’est aussi ce qui maintient une marge de manoeuvre et d’espoir si le mouvement échoue et le projet contre lequel on s’est battu passe.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jérôme Martin
À Act Up, nous produisons de la contre-expertise et de la contre-proposition, en particulier sur le terrain médical. Mais il ne faudrait pas en venir à considérer qu’une contestation qui ne s’appuierait pas sur de la proposition serait illégitime.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;François Labroille
Ce n’est pas une question de légitimité, mais de rapport de force. Dans la tradition syndicale, nous avons longtemps surfé sur la culture contestataire. Mais il faut être honnête&amp;nbsp;: les grandes avancées syndicales des vingt dernières années — les 35 heures par exemple — ont été octroyées&amp;nbsp;: elles ne sont pas le produit direct des luttes sociales. Or dans un conflit, la faiblesse de la proposition fait qu’on laisse toujours à l’interlocuteur le soin de penser le plus global, de déterminer la question du possible. Pour la tradition d’où je viens, il y a là une mutation difficile. Il suffit de voir comment on construit un mouvement&amp;nbsp;: ce qui est toujours premier, c’est le retrait d’un projet. Lors du conflit sur les retraites, des propositions alternatives existaient, mais nous n’avons pas su les porter dans le débat public. La contestation, qui est un ressort très fort, n’a pas eu l’énergie de sa proposition — et elle en a été stérilisée.
La belle action&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jérôme Martin
Je rêve qu’un jour, des personnes en fauteuil roulant bloquent tout. Je veux bien en être l’organisateur (rires).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Emmanuelle Mercier
Pour les personnes handicapées, je ne rêve pas tant d’un blocage matériel que d’une prise de parole. Pour beaucoup de personnes handicapées physiques, la prise de parole est complexe, soit du fait de problèmes d’élocution, soit en raison d’un manque de confiance et du sentiment que l’on confond handicap physique et mental. Mon rêve serait qu’un jour, elles arrivent à prendre la parole, à saisir au vol l’attention, un micro, une caméra, et que les auditeurs fassent l’effort de tendre assez l’oreille pour les entendre. Le rapport de force se jouerait alors à l’intérieur de chacun des auditeurs. Pendant les débats au Sénat, des personnes handicapées étaient dans les salons et quelques sénateurs sont venus discuter, ils ne repartaient pas comme ils étaient venus.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jérôme Tisserand
Je rêve de voir les agents EDF faire irruption dans le journal télévisé, les profs à la Star Ac, les handicapés rentrer dans les théâtres, Act Up occuper le festival de Cannes&amp;nbsp;: qu’il y ait perturbation et décomposition des catégories. On aurait pu attendre des intermittents un mouvement artistique, c’est un mouvement social qu’ils ont donné, «&amp;nbsp;ON NE JOUE PLUS ».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Marie-Claire Cailletaud
Je rêve d’actions à la fois très majoritaires et très populaires&amp;nbsp;: les gens ne payent pas l’électricité, tout le monde circule gratuitement. Cela peut arriver. Souvenez-vous de la joie de 1995.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;François Labroille
C’est vrai qu’il y a des moments de grâce&amp;nbsp;: quand il y a une dynamique qui fait que le mouvement existe par lui-même. En 1995, il y a eu comme cela cinq ou six jours. Les dirigeants syndicaux ne se parlaient pas, sinon par les médias interposés. Mais peu importait&amp;nbsp;: le mouvement existait, une décision était prise, elle se mettait en oeuvre. Or ces moments adviennent quand l’immense majorité des gens s’approprie et les formes et le fond. Alors, une démocratie réelle se met à vivre, où il y a du plaisir, et où il n’y a plus besoin d’organisation. Mais c’est une vieille utopie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.alternativecitoyenne-elus.org/francois-labroille/index.php/post/2007/12/28/1&quot; title=&quot;1&quot;&gt;1&lt;/a&gt; MAYDAY&amp;nbsp;: une journée européenne pour de nouveaux droits. Depuis 2002 a lieu à Milan, le 1er mai, une journée de mobilisation des précaires, pour mettre à l’ordre du jour les nouvelles situations de vies marquées par la précarisation croissante du marché du travail, à travers l’explosion des contrats dits atypiques (intérim, temps partiel, CDD...). Rassemblant plus de 100 000 personnes à Milan et à Barcelone en 2004, elle aura lieu cette année dans une dizaine de pays européens, en lien avec la journée européenne des migrants du 2 avril.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Le révélateur des retraites</title>
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    <pubDate>Mon, 30 Jun 2003 17:51:00 +02:00</pubDate>
    <dc:creator>François Labroille</dc:creator>
        <category>contributions</category>
            
    <description>&lt;p&gt;par François Labroille, Daniel Rallet
Article dans Nouveaux Regards printemps 2003
dossier Printemps du mouvement social&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Le révélateur des retraites&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;par François Labroille, Daniel Rallet&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’ampleur des réactions des personnels de l’Éducation Nationale, et tout particulièrement celle des enseignants, au projet de loi du gouvernement sur les retraites révèle en fait beaucoup plus d’enjeux sociaux que ne le laisserait  supposer le fait de relier importance des reculs des droits et intensité des mobilisations.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La brutalité des mesures envisagées et de leur impact pour des professions débutant leur activité professionnelle relativement tard et majoritairement féminisées a joué un rôle incontestable dans la montée des grèves à partir d’avril. Mais l’effervescence des idées autour de la recherche confuse mais réelle d’un autre avenir montre que l’explication est trop courte.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L’hypothèse de réactions avant tout individualistes (quinquas qui ne s’intéressent qu’aux petits calculs de leur pension, quadras qui se précipitent sur l’épargne, jeunes indifférents au long terme et centrés sur les difficultés du métier) a ainsi été comme balayée par la prise de conscience que le projet de réforme des retraites était un enjeu de société et faisait système avec les autres réformes (décentralisation, éducation, budget, fonction publique).  La force principale du mouvement, sa profondeur, vient probablement en grande partie de cette prise de conscience. C’est cet éclairage qui mérite d’être précisé à partir des débats que nous avons pu animer pour la FSU ces dernières semaines.
Enjeu de société&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La portée négative du projet Fillon ne fait pas vraiment discussion dans les nombreuses réunions/débats  qui accompagnent les mouvements de grève. Cette perception résulte non seulement de l’allongement de la durée de cotisation mais aussi de l’instauration du mécanisme de la décote dans la fonction publique qui apparaît comme une «double peine» tant la quasi-totalité des personnels sait ne pas pouvoir atteindre les 40 annuités requises en 2008 et a fortiori les 42 annuités en 2020.  C’est même l’importance des effets à terme de cet abattement pour années «manquantes» qui peut surprendre le plus les participants puisque à comportements constants avec départ à 60 ans pour une durée de cotisation validée de 37,5 annuités, le taux de remplacement passerait de 75 % à moins de 52 %, soit un recul de 30 % pour les générations nées en 1960 et au-delà. Mais très vite il apparaît que le point aveugle des dix dernières années  a été la méconnaissance des dégâts de la réforme Balladur de 1993  et de la réforme des régimes complémentaires de 1996 pour le secteur privé. Ignorance de la dégradation à long terme des taux de remplacement et ignorance des mécanismes qui la provoquent. Certes l’allongement à 40 annuités étalé de 1994 à 2003 est dans toutes les têtes, mais celui du passage des 10 aux 25 meilleures années comme base de calcul des pensions et surtout le passage du mode d’indexation des pensions – indexées sur le salaire moyen jusqu’ici, elles seront indexés sur les prix, qui progressent nettement moins vite – sont une découverte pour la grande majorité.  Les projections du Conseil d’orientation des retraites qui montrent une dégradation des taux de remplacement pour un cadre payé au salaire moyen des cadres, ce taux passant de 75 % en 2000 à 62 % en 2020 puis à 58 % en 2040. Dès lors, les questions en retour renvoient aux responsabilités politiques, syndicales mais aussi individuelles pour ne pas avoir suffisamment mesuré à temps l’impact de la réforme Balladur. Simultanément,  la réforme Fillon apparaît bien comme une aggravation et une généralisation des reculs engagés depuis 10 ans avec, à la clé, une incitation au développement des compléments individuels, qui sont par nature inégalitaires, les pensions versées étant liées à la capacité contributive.  Elle est perçue comme une entreprise qui déstabilise en profondeur le modèle de protection sociale construit depuis  l’après-guerre et qui finalement n’est pas sans rapport avec d’autres entreprises comme celle de la réorganisation et du rétrécissement de l’intervention publique incarnés par la décentralisation et la réforme de l’État.
Universel et particulier&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ces mises en relation sont très rapidement faites dans les discussions et vont au-delà de la dénonciation incantatoire de la société libérale. Elles  indiquent un changement de la place et de l’identité des enseignants dans le mouvement social et la société. Au fil des débats et comme dans les manifestations,  on rencontre des participants qui  se placent plus résolument dans une vision d’ensemble et  qui s’écartent des discours obligeant à se défendre d’être un parasite social ou comme privilégié à tous points de vue. La force de cette colère enseignante est d’avoir su dire l’universel, au sens de parler de l’ensemble de la société, à travers sa spécificité professionnelle et le désir d’un autre avenir. Ce ne sont ni les mêmes valeurs, ni les mêmes leaders que lors des mouvements anti-Allègre, qui se nourrissaient d’un sursaut identitaire mais dans une relative confusion des valeurs de références. La colère du printemps de 2003 n’est pas autarcique. Elle renoue avec ce besoin de débattre, d’approfondir,  de penser des alternatives qui avait été esquissé en 1995 et qui avait été l’un des leviers des réactions au 21 avril 2002.  C’est cette filiation qui relie le particulier au général.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Du fait de ses spécificités (un milieu féminisé, des études longues ou la galère), le mouvement des personnels de l’éducation a porté les grandes questions sociales sur le sujet des retraites&amp;nbsp;: les carrières courtes des femmes, cible privilégiée du projet Fillon, la nouvelle norme sociale du départ à la retraite établie de fait à 65 ans. L’image de la «mamie» en classe de maternelle a fait mouche parce qu’elle parle à tous&amp;nbsp;: au salarié dans son travail, à l’enfant qu’on a été ou qu’on aura. Qu’est-ce qu’il y a de plus corporatiste en apparence que la cessation progressive d’activité (CPA), car essentiellement utilisée par notre corporation, et pourtant rien n’est plus universel que  sa remise en cause. Rien ne dit mieux que F. Fillon est un individu à double face qui fait le contraire de ce qu’il dit sur un sujet aussi universel que la reconnaissance de la pénibilité du travail. Cela ne veut pas dire que les enseignants vont demander aux salariés de défendre leur CPA, cela veut simplement dire que les enseignants ont compris qu’ils avaient quelque chose à dire aux autres salariés qui leur parle d’un sujet universel qui est aussi le leur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C’est un renversement assez extraordinaire car sur le travail, sa pénibilité, les enseignants version pré-mouvement étaient complètement dans le piège de la culpabilisation&amp;nbsp;: ils avaient le sentiment que la souffrance qu’ils vivaient à l’intérieur d’eux-mêmes était indicible parce cette parole n’avait pas de légitimité publique (ce silence auto-entretenu était d’ailleurs un des facteurs de la souffrance). Ils découvrent aujourd’hui que leur parole a une légitimité politique, ce qui les fait rentrer dans le jeu social, ils découvrent qu’en parlant publiquement de leur souffrance, ils parlent des autres en parlant aux autres.
Penser l’avenir&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;D’une façon plus générale, ce que porte le mouvement, c’est la question de l’avenir. J.P. Raffarin n’envoie que des signaux négatifs, l’avenir, ce sont des sacrifices, tonne-t-il dans l’hémicycle, le dos voûté, engoncé dans son costume trois-pièces. L’avenir, c’est nous,  chantent joyeusement les manifestants dans la rue, et nous sommes un peu plus optimistes que vous et vos experts qui dressent un tableau si sombre de l’an 2040. L’avenir nous appartient, et on veut dire l’avenir dont on a envie. L’éducation, la retraite, la décentralisation, autant de questions qui impliquent qu’on se projette dans l’avenir.
Pas un débat sur les retraites ne se tient sans longuement discuter de la pertinence des projections faites  ou de l’éventail des choix possibles.  Le travail d’expertise et de contre-expertise est très rapidement approprié. La réflexion sur la nature de la mutation démographique en cours et les questions inédites qu’elle pose sont parmi les plus reprises. S’exprime très fortement le refus que quelques ministres décident à la place du corps social que les gains de l’espérance de vie devront être aux deux-tiers consacrés à l’allongement de la durée de travail. Quand vient le temps de dire le projet, le débat se fait plus complexe. La tentation d’en rester au slogan existe mais l’exigence d’argumenter et de démontrer la faisabilité d’un développement de l’emploi et d’un financement accru en faveur des retraites comme alternative l’emporte le plus souvent. Peu d’attentes s’expriment explicitement en direction de forces politiques mais la frustration est grande de ne pas voir les médias beaucoup plus présents pour animer la confrontation d’idées. Elle peut également s’exprimer à l’égard des intellectuels plutôt absents du débat public, hors du cercle relativement étroit des économistes qui se  réclament de la gauche critique.  Mais pas un débat ne se termine sans qu’apparaisse comme insupportable le contraste entre l’éventail très ouvert des choix possibles pour ajuster le système des retraites à la nouvelle distribution des âges et le passage en force du gouvernement. Sur des choix qui engagent pour des décennies et qui renvoient avant tout au modèle social que l’on souhaite, l’exigence d’une réappropriation démocratique des grands choix collectifs est l’une des meilleures promesses du printemps enseignant.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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