Quelques observations du groupe CACR à propos du document SRDE
Par François Labroille le mercredi, août 30 2006, 16:34 - Groupe CACR - Lien permanent
Contribution de François Labroille 30 août 2006
Sur la démarche d’ensemble.
Le document intègre de nombreuses préoccupations formulées par le groupe CACR que ce soit lors des deux débats en séance plénière qu’en commission. Nous retrouvons des priorités intéressantes, par exemple dans la façon de prioriser les questions de l’emploi, de concevoir l’attractivité en relation permanente avec les exigences sociales, de valoriser l’impératif de lutte contre les inégalités, d’insister sur le soutien à l’économie sociale et solidaire, de mobiliser les circuits de financement….
Mais l’état actuel de la rédaction ne fait pas suffisamment apparaître l’ambition du conseil régional de réorienter les ressorts et les finalités du développement économique lui-même. Il s’agit moins d’ailleurs de discuter à l’infini de l’usage des termes de développement et de croissance que de mieux affirmer les enjeux autour de leur contenu. Ces préoccupations sont présentes au fil du texte mais mérite une affirmation et une mise en perspective plus nettes. La double rupture que porte notre conception du développement économique concerne le rôle central à donner à l’élargissement des capacités humaines comme moyen et comme fin de l’activité économique ainsi que la révision des modes de production et de consommation sans laquelle ne sera pas surmontée la crise écologique et énergétique. C’est pourquoi nous proposons que la rédaction finale soit plus explicite sur cette ambition de contribuer à un nouveau type de développement socialement et écologiquement soutenable.
Sur le contenu de la première partie
Le document exprime des orientations générales partagées par le groupe CACR avec les trois axes stratégiques retenus et leur déclinaison. Mais quatre préoccupations demeurent insuffisamment prises en compte et nous semblent demander des clarifications.
· D’abord tout ce qui concerne l’évaluation des dispositifs existant et leur suivi. Certes des formulations positives sont faites l’idée d’observation et évaluation continue, de veille… mais cette question récurrente depuis deux ans dans nos débats n’a pas encore été bien résolue. L’adoption du SRDE devrait être l’occasion de mieux faire apparaître ce souci d’un bilan approfondi avec les réorientations qui peuvent en résulter.
· Ensuite, la modulation de l’intervention financière de la Région. Nous avons adopté un rapport visant à inventorier les possibilités d’introduire cette modulation pour lutter contre les inégalités sociales et territoriales. L’élaboration du SRDE nous semble d’autant plus devoir constituer une étape pour concrétiser cette démarche que la lutte contre les inégalités territoriales y est fortement affirmée.
· La question de la conditionnalité des aides aux entreprises. Cette démarche a commencé à être mise en œuvre. Elle est au cœur de la conception de l’intervention publique développée par la majorité du conseil régional. Elel devraot être plus explicité à l’occasion de l’adoption du SRDE.
· Enfin, les anticipations en matière d’emploi. Le document fait positivement référence aux travaux de l’OREF et notamment aux projections en matière de volume et de structure de l’emploi. Cette référence est utile. Mais elle n’épuise pas la question de l’emploi dans la mesure où ces travaux sont la traduction francilienne des projections réalisées par la DARES et l’ex commissariat général au plan sans intégrer le volontarisme des objectifs que peut se donner le SRDE avec les orientations qu’il retient. La séance de travail où avaient été discutées ces travaux avaient mis en évidence que les projections de la Direction de la prospective du ministère de l’Education nationale et celles de la DARES ne coïncidaient pas sur l’évaluation des niveaux de qualification attendus. L’enjeu en termes de besoins de formation est de taille. C’est pourquoi le statut de ces projections nous semble devoir être précisé.
Sur les fiches.
La démarche est assez convaincante même si certaines fiches ont un caractère plus formel que d’autres et si leur contenu détaillé peut susciter de nombreuses discussions. Mais si les fiches se veulent la déclinaison opérationnelle des orientations exprimées dans la première partie, ce sont les fiches manquantes » qui peuvent attirer l’attention.
Pour ne prendre que cet exemple, la première partie retient très judicieusement l’objectif d’approfondir le travail sur de nouveaux indicateurs de développement. Mais aucune fiche n’y revient et donc aucun agenda n’est fixé. Un tel sujet mériterait une fiche valant engagement et plan de travail pour le conseil régional et ses partenaires.
Le 30 août 2006

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