Grenelle alternatif et citoyen 21 octobre 2007 St Denis
Par François Labroille le dimanche, octobre 21 2007, 11:03 - contributions - Lien permanent
Cette initiative a été pris en parallèle du "Grenelle officiel" pour permettre une véritable implication des citoyens et politiser les débat senvironnementaux. En voici ma prise de notes.
Séance plénière 260 participants
Ouverture animatrice Avoir le débat le plus ouvert possible avec en remarquables préalables le fait que ce Grenelle dispose de beaucoup moins de moyens que le Grenelle officiel. Participent à ce forum des représentants d’associations qui ont été partie prenantes du Grenelle officiel et ceux de représentants d’associations ou organisations qui n’y ont pas participé. L’objectif de ce Grenelle alternatif est de construire des propositions. Propose pour méthode que chaque intervenant indique 3 aspects positifs du Grenelle officiel et 3 aspects négatifs.
Yannick Jadot (Alliance pour la planète) Rappelle que Alliance a été à l’origine de la proposition du Grenelle pendant la campagne électorale. En positif note que l’on passe du consensus sur le diagnostic à un débat sur les solutions, que l’on discute vraiment des questions d’environnement au niveau public, que l’on avance dans l’intervention de nouveaux acteurs dans la définition des politiques publiques. En négatif, note des problèmes de méthode avec une faible sollicitation des citoyens, le risque d‘une instrumentalisation de ce Grenelle en termes de communication politique et des entreprises, le fait de ne pas être à la hauteur des ambitions en matière de crise écologique. R. Hochart Confédération paysanne. 2 raisons d’être au Grenelle : ne pas laisser la seule FNSEA et coopérer avec Alliance pour la planète. En positif, note un lieu d’expression libre et une facilitation du débat public. Mais en négatif, note un manque d’ambition puisqu’on fait de la croissance et on y ajoute quelques petites réparations, pas d’avancée vers des changements de pratiques pour l’agriculture et l’alimentation, et un risque d’une grande anesthésie à l’arrivée.
Geneviève Azam (Attac) Attac non participant au Grenelle officiel et souhaite que le Grenelle alternatif soit un lieu de convergences . C’est un résultat positif au passage du Grenelle de l’environnement puisque l’écologie devient plus un débat public avec des constats actés et non plus contestés. Sur les documents de travail, note un certain rattrapage par rapport aux normes européennes et par rapport à un certain nombre de pays. Pour les points négatifs, ne peut ignorer le contexte avec un contenu idéologique et l’émergence de l’idée que l’écologie pourrait porter un consensus pour sauver la planète alors que l’on a besoin d’une véritable écologie politique qui s’écarte des intérêts privés. Les petites avancées dissimulent un refus de politique. Dans les documents de travail, ressort aussi l’idée d’une démarche purement incitative en matière économique (incitations par les prix) ; c’est dangereux en tant qu’écologie par le seul marché. Note enfin une conception faible de la démocratie que l’on ne peut réduire à la formation et à l’information car il faut y intégrer la décision.
Jean-Pierre Sotura CGT. Le positif est dans la démarche dans le fait d’avoir mis autour de la même table des organisations, associations. Le gouvernement spéculait sur une mise en opposition des ONG et des organisations syndicales, or ce sont de réelles convergences qui ont prévalu dans des domaines comme les transports et la fiscalité. Au stade actuel, le bilan d’étape des différents groupes fait ressortir des propositions qui seraient susceptibles, si elles étaient appliquées, de provoquer une rupture environnementale. En négatif, une démarche trop précipitée, laissant au gouvernement la fonction du tri des propositions. Second point négatif : tout le volet financement. Et enfin, la difficulté à faire entendre la nécessité d’étendre les droits des salariés. Pierre Khalfa (Union syndicale SOLIDAIRES). En positif, une légitimité des combats menés en matière environnementale avec passage des constats aux propositions appelant des rapports de force. En positif aussi, le travail en commun entre organisations et associations pas toujours habituées à travailler ensemble. Un cycle nouveau est ouvert. En négatif, des points de deux sortes : Grenelle en 1968, c’était sur un rapport de forces. Là, ce n’est pas le cas et on n’a pas réussi à construire un rapport des forces permettant de réellement peser. C’est la tâche à venir. En outre, la nécessité d’articuler crise écologique et crise sociale appellent des ruptures avec les politiques néolibérales et leur logique productiviste. Donc discuter ensemble sur des cibles communes pour avancer des solutions communes.
Sophie Zafari (FSU) La FSU n’était pas dans le collège « syndical » mais a participé au travers du groupe 5 sur la démocratie. En négatif, a noté un rythme de travail empêchant de mener des débats pleinement constructifs. A noté aussi le poids excessif du MEDEF et de la FNSEA pour sortir des présupposés libéraux et productivistes. Du coup, des sujets que l’on aurait voulu voir traiter ne l’ont pas été comme la mise en place d’un véritable service public de l’environnement. En positif, note que ce Grenelle a favorisé une prise de conscience de l’urgence écologique, permis de passer du diagnostic à la nécessité de changer de modèle de développement. Au plan syndical, cela a favorisé la prise en charge des dimensions environnementales. Et puis, cela a conduit à ce Grenelle Alternatif. Xavier Renou Réseau « sortir du nucléaire ». Nous n’avions pas d’objection de principe à un grenelle de l’environnement en soi mais cela supposait de déposer les armes avant et donc d’accepter les 4 moratoires (OGM, EPR, autoroutes, incinérateurs). Nous avons donc préféré opté pour le rapport de forces. Les points négatifs : on ne discute pas en position de faiblesse. Le risque est aussi qu’avec quelques mesures intéressantes et secondaires, on fasse passer le plus grave avec le nucléaire. L’autre point négatif est de faire croire à l’opinion que l’on peut répondre à la crise écologique par de simples mesures techniques dans le cadre du marché. Donc attention à ne pas enterrer les luttes écologiques. Les points positifs concernent cette rencontre entre les divers représentants… et la reconnaissance des sujets écologiques…sans pour autant contrebalancer les points négatifs. A. Bringault Les Amis de terre (membres de l’alliance pour la planète). Les points négatifs : le démarrage a été un moyen de noyer le poisson, dans la dernière phase de la présidentielle. Quand N. Sarkozy a annoncé le principe du Grenelle pour sortir de sa mauvaise image écologique. Autre point négatif, ce sont les médias qui focalisent l’attention sur des mesures finalement secondaires et qui occultent les mesures de rupture pourtant présentes dans les groupes de travail. Enfin, le processus démocratique a été bien trop limité avec des groupes de travail fermés, sans transparence, une pseudo consultation sur deux semaines avec quelques réunions en Région alors qu’il aurait fallu une grande consultation. Note en positif l’occasion de multiples partenaires de se rencontrer et de dialoguer (illustre le cas des transports avec les syndicats ou bien la fiscalité écologique). Note aussi la possibilité d’avoir fait entendre une opposition dans les groupes de travail, y compris en obtenant un groupe sur l’agriculture non prévu au départ. Enfin se félicite de l’amorce d’une mobilisation citoyenne. L’enjeu désormais, c’est de continuer, au-delà des conclusions que tirera N. Sarkozy le 24 octobre. Victor N’Zuzi (CADTM) Montre la dimension internationale des débats et illustre son propos avec l’exemple de l’uranium par rapport à la politique énergétique française et ses implications au Niger ou au Congo. Souligne aussi les effets pervers de l’endettement qui conduit certains pays à devoir accepter les stratégies d’investissement de certaines firmes. Illustre aussi son propos avec la biodiversité et la déforestation en cours. Animatrice : Note l’existence de constats partagés et la nécessité de faire ressortir sur ce socle commun un certain nombre de pistes. A relevé les idées d’une légitimité renforcée des questions environnementales, d’une convergence des associations, syndicats…d’une articulation crise écologique et crise sociale, d’une difficulté à faire vivre une démocratie active, le tour de passe passe du Grenelle à tenter de gommer les conflits… Débat avec la salle
1 François Soltic demande si les participants au Grenelle prévoit de faire un contre rapport 2 ? Ne comprend pas que l’on puisse trouver des aspects positifs et félicite le réseau « sortir du nucléaire ». 3 Citoyen de Palaiseau Pourquoi les questions de l’eau n’ont pas été traitée à part entière mais inséré dans le groupe « bio diversité » ; 4 - Association « Global chance » Vous n’avez pas parlé de l’Administration. Faut s’en préoccuper compte tenu des capacités à détruire tout ce qui peut se faire. Sur les convergences positives que vous avez évoquées entre associations/syndicats, pourquoi ne pas aller plus loin pour construire des scénarios sur ce qui peut faire l’accord tout en continuant de débattre sur ce qui divise comme le nucléaire. 5 - Claudie Martens A la fois du positif dans la dynamique enclenchée et en même temps sans miracle à attendre faute de rapport de forces. Alors oui, valorisons ce qui nous est commun et qui ressort des interventions introductives. Cela appelle sans doute une certaine pérennité pour le travail commun avec des structures légères. Ensuite souhaite interroger sans malice sur des absences comme certaines organisations syndicales (FO, UNSA, CFDT) ou associations comme France environnement. 6 - Association Val d’Oise Interpelle la confédération paysanne pour des mesures en faveur de la culture bio ? 7 Association Regrette l’élection de N. Sarkozy mais souhaite un travail continu pour éclairer les électeurs. 8 - Martine Billard Députée Verte Informe du calendrier sur le projet de loi sur l’environnement et appelle à la mise en place d’un comité de suivi du Grenelle Geneviève Azam Attac Oui il faut travailler à des convergences mais pas avec le plus petit dénominateur commun. Faire apparaître ce qui coince. Evoque le travail effectué par ATTAC avec une série de mouvements sociaux face à la crise écologique. Montre tout l’héritage culturel priorisant la question sociale. Donc construire nos convergences tout en discutant nos divergences. le Grenelle oblige aussi l’ensemble du mouvement social et écologiste à penser la transition puisqu’il s’agit de penser un autre mode de développement et de consommation. R. Hochart Confédération Paysanne Oui, ne pas discuter seulement de ce qui fait consensus entre nous. Et traiter des ruptures à opérer avec le modèle libéral. Insiste sur les moratoires comme les OGM. Souhaite répondre sur la culture bio qu’il s’agit de changer les pratiques culturales à bien plus grande échelle. Yannick Jadot Alliance Pour la planète Le Grenelle n’est qu’une étape. Les combats sont durs aujourd’hui et seront durs demain. Sur les convergences : le Grenelle ne les crée pas. On les avait parfois depuis des années avec les syndicats. On pourrait aussi dépasser certains malentendus si on discutait plus. Profitons de ce contexte pour mieux travailler ensemble. Le rapport de forces, c’est aujourd’hui et on est dans sa construction tous les jours. Sur la question du choix des associations…et leur participation au Grenelle…s’inscrit en faux contre l’idée qu’il y aurait eu une sélection. C’est une affaire de positionnement politique. Plaide pour ne pas en rester à une vision « tout noir, tout blanc ». Laissons le temps de la négociation et voir ce qui va en sortir. Regardons aussi le poids de l’administration : oui, mieux vaut sortir « Vert Vif » avant de passer à la lessiveuse à « blanchir ». JP Sotura CGT Montre que des choses peuvent encore se jouer et qu’il n’est pas acquis pour N. Sarkozy de s’en tirer par une communication politique. Sur les convergences possibles, valorise les possibilités de bataille à mener sur des mesures de rupture notamment en matière de transport. Ne pas laisser le gouvernement s’approprier ces questions pour faire ensuite ce qu’il veut derrière. Pierre Khalfa SOLIDAIRES Nous n’avons pas été invités au Grenelle et donc nous n’avons pas eu à en débattre. Notre problème à tous est de s’insérer dans l’interstice des déceptions que provoquera inévitablement le projet de loi annoncé pour dans deux mois. Oui, ce serait bien qu’il y ait des réactions communes aux conclusions de N. Sarkozy et que l’on fasse une intervention commune sur le contenu de la loi. Oui, continuer un travail commun. Nous somme sassez favorables aux quatre moratoires évoqués par les associations pour laisser le champ des possibles ouverts. Indique la nécessité de ne pas entretenir de confusion sur l’usage du terme « administration ». Sophie Zafari FSU revient sur l’intérêt de conserver un cadre commun de travail, y compris pour tirer ensemble le bilan de ce Grenelle. Xavier Renou Réseau « sortie du nucléaire ». Pour parler de rapport de forces, informe des mobilisations du réseau le 27 octobre, la journée du 8 décembre…et ce mercredi la publication des scénarios de sortie du nucléaire à 5 et 10 ans. A. Bringault Les amis de la terre Illustre les positions de l’administration avec l’exemple de l’agriculture et appelle à l’opération 5 minutes sans lumière le 23 octobre. Interpellation de la salle sur la question de l’eau avec réponse envoyant aux rapports des groupe de travail Victor N’Zuzi (CADTM) Montre l’interdépendance des combats à l’échelle planétaire. Reprise débat de la salle
1 Pierre Gineste Souhaite que la réflexion intègre mieux la question des rapports Nord Sud. Illustre son propos sur la réduction des GES le faceur 4 pour le Nord… Pour les convergences, questionne sur la nécessité d’impliquer des associations comme le MRAP à ce type de travail. Indique la nécessité de se saisir de l’échéance des municipales pour traiter des questions de durabilité, de plan climat territoriaux et préparer ensemble le prochain FSE. 2 intervenant Dans la groupe de travail « santé et environnement » on a du mal à traiter du constat. Revient sur l a relation crise sociale et crise écologique avec illustration sur le financement de la sécurité sociale et les problématiques« santé/environnement ». Animatrice liste des suggestions entendues : Faire un contre rapport, élaborer des scénarios, un calendrier. Construire un rapport de forces à partir de ce qui rassemble, intégrer l’échéance du projet de loi environnement, peser sur le débat public lors des municipales, travailler à ce qui fait consensus et discuter des divergences… Geneviève Azam termine en évoquant la journée mondiale du 26 janvier pour y intégrer la dimension écologique .

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