FORUM « Maintenant, à gauche ! » 24 novembre 2007 Déclaration finale au nom des initiateurs François Labroille

Cette journée débat vient de mettre en évidence à quel point les questions de résistance à la mise en œuvre du projet sarkozien et celles de la construction d’une alternative politique de transformation sociale ne pouvaient être dissociées. Elle l’a fait dans la diversité des expériences, la diversité des acteurs sociaux, des sensibilités politiques, des personnalités des intervenant-e-s …



Sans réduire la pensée des uns et des autres, il en en ressort l’impossibilité de hiérarchiser mobilisations et perspective politique parce que les mobilisations sont non seulement impératives pour mettre en échec la déconstruction du modèle social hérité des 60 dernières années mais aussi parce qu’elles sont de puissants accélérateurs d’idées.

Mais il en ressort simultanément l’impossibilité d’esquiver la question politique, la question du contenu du projet de transformation et la question de la construction de la force pour le porter. La somme des mobilisations ne fait pas le projet. Et sans projet les mobilisations perdront beaucoup en portée transformatrice.

1 - Nous trouvons ainsi dans nos débats d’aujourd’hui une ample confirmation de la conviction qui avait animé notre appel au début de l’été dernier : «  l’objectif est de faire converger l’ensemble de la gauche de transformation sociale pour que son projet renouvelé ambitionne de devenir majoritaire à gauche. Pour y parvenir, pas d’échappatoire : il faudra bien que cette gauche devienne de façon durable force politique ». Cet objectif est d’autant plus indispensable que se poursuit le glissement de la direction majoritaire du PS dans ses renoncements.

Voilà notre cap : aller vers une nouvelle force politique, pour une gauche de transformation sociale, assumant tout simplement la mission historique des forces d’émancipation et de justice. Rien de plus mais rien de moins. Parce que plus que jamais la construction d’un nouveau projet émancipateur appelle une confrontation des cultures politiques des formations instituées et des multiples mouvements sociaux intervenant dans les champs du social, du féminisme, de l’écologie, de l’altermondialisme… Il appelle un ancrage dans le mouvement social. Il s’agit de capitaliser ce qui a déjà été fait et aller au delà, inventer le dépassement de la forme dominante d’un capitalisme mondialisé et financiarisé comme jamais, réconcilier exigences écologiques et développement économique, fonder l’efficacité sur le développement des capacités humaines, renouveler la démocratie et s’appuyer sur ce qu’il y a de progressiste dans nos fondements républicains

2 - Nous trouvons aussi dans nos débats des éléments qui enrichissent et parfois compliquent notre réflexion.

L’enrichissement très encourageant réside dans l’élargissement du nombre de celles et ceux qui désormais se placent dans cette même perspective d’une nouvelle force rassemblée, dans la curiosité et l’intérêt qu’elle suscite, les débats qu’elle provoque dans toutes les sensibilités. Il réside aussi dans l’occasion à saisir que représentent le retour de la question européenne et la nouvelle bataille du référendum pour montrer la nécessité du rassemblement et relancer les initiatives unitaires.

Mais en même temps, nous constatons que les traumatismes de la division de la séquence présidentielle sont loin d’être résorbés et que le passage à une nouvelle étape ne se décrète pas. La fragmentation des forces antilibérales, le repli sur soi, identitaire ou la polarisation sur des débats internes qui ont par ailleurs leur pleine légitimité ne facilitent pas les rapprochements que nous pouvions souhaiter beaucoup plus rapides. Et pas plus qu’hier, aucune force ne peut prétendre reconstruire aujourd’hui ou demain autour d’elle. Aucun parti ne peut prétendre détenir à lui seul les clés de la synthèse et de la reconstruction politique.

Pourtant nous continuons à penser que le temps nous est compté. La période permettant de prendre appui sur un niveau élevé de critique sociale, d’ambitions transformatrices, de courants d’opinion et de réseaux mobilisés n’est pas indéfiniment extensible et le projet Sarkozien est précisément d’aller vite pour en finir avec un pareil contexte.

3 - C’est pourquoi nous appelons à se fixer aujourd’hui ce cap, cette perspective, la construction d’une force cohérente et durable, une nouvelle force politique, pluraliste, autour d’un projet de transformation sociale. Nous ne préjugeons pas des cheminements et des agendas mais nous sommes déterminés sur le résultat.

C’est dans cet esprit que nous vous proposons de nous atteler à quelques tâches qui permettent d’engager ce processus.

- La première est d’aller en 2008 vers la perspective des ETATS GENERAUX de toutes les forces de transformation sociale … et si les questions les plus susceptibles de nous rassembler à ce stade sont celles du contenu des politiques alternatives, du projet alternatif, plaçons-les au cœur de nos débats et avançons ensemble. Sans préalable à ce stade sur les réflexions en cours des uns et des autres sur la stratégie pour le porter. Sans protocole, sans concurrence d’initiateurs, concrétisons en 2008 ces Etats généraux. Et nous proposons d’ores et déjà la mise en place d’un COMITE UNITAIRE DE PREPARATION qui garantisse le pluralisme et l’ouverture de cette grande initiative.

- La seconde est d’initier partout des espaces de débats avec le type de démarche que MAG a tenté de mettre ici en œuvre aujourd’hui. Nous savons les ravages de la division et les tentations de repli. Nous voulons inverser cette tendance, faciliter les rencontres, faire converger les énergies, créer des carrefours. Il ne s’agit surtout pas de rajouter une structure miniature à un paysage suffisamment fragmenté. Quelles qu’en soient les modalités ou les appellations, nous suggérons de susciter partout une démarche de dialogue entre formations et sensibilités politiques, collectifs ou comités, réseaux, militants et citoyens…pour retisser des liens et débattre du type de perspective commune auquel travailler ensemble.

- La troisième est de saisir toutes les occasions de mobilisation sociale pour proposer et débattre des alternatives nécessaires et de faire de la campagne pour l’exigence d’un référendum sur le nouveau Traité européen un axe fort de l’action commune de la gauche de transformation.

Avec ces propositions, nous en appelons donc à toutes et tous pour construire une dynamique réunissant les conditions de l’apparition d’une nouvelle force politique.




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