Premières impressions La curiosité de la première journée avait été la faiblesse de son contenu politique avec d'emblée un vote qui a inversé le déroulement de l'ordre du jour avec un débat sur le fonctionnement qui a de fait occupé le temps jusqu'à 16 heures. Le débat dit sur le texte politique n'a commencé qu'ensuite mais en restant très hors contexte. L'impression bizarre a alors été de ressentir cette assemblée comme en suspension avec certes l'identification progressive de questions importantes en débat mais sans mise en perspective politique réelle. Les lignes de partage attendues sont apparues, notamment entre la fuite en avant identitaire et une perspective plus pensée autour des états généraux de toute la gauche de transformation .mais pas nécessairement avec la netteté que l'on pourrait souhaiter. La seconde journée n'a pas sensiblement modifié ma perception de la première. Les débats ont été très longs mais encore peu centrés explicitement sur les questions politiques essentielles. Les animateurs en sont restés à ce positionnement « centriste » entre « les écueils de la chapelle de plus et le simple club » selon l'expression maintes fois répétée par Yves Salesse. Le flou des formulations et leurs variantes selon les textes permettent de passer d'un positionnement tantôt identitaire, tantôt unitaire…Il est significatif qu'à l'occasion d'un vote « de rattrapage » après l'adoption du texte politique un amendement m'a semblé réduire les états généraux aux courants politiques en abandonnant l'expression « partis politiques ». Mais une heure et demi plus tard la motion sur les états généraux présentée par le collectif de Paris 18 a été reprise, certes avec des reformulations, mais en faisant appel à « toutes les forces de la transformation sociale et écologique qui le souhaiteront ». Il est également significatif que des débats en apparence secondaires aient cristallisé des difficultés. Faute d'avoir su ou pu mener les débats de fond, le débat sur l'adoption d'un nom pour la coordination a été plus long que les débats de stratégie très largement esquivés. Faute d'avoir atteint majorité qualifiée de 60 %, la dénomination CAP à gauche n'a pu être adoptée et la question a donc été renvoyée. Il faudra faire une évaluation collective de ces deux journées. Mon impression personnelle est que le courant le plus identitaire sur l'option d'un mouvement politique de plus n'a pas les moyens de s'imposer mais capte encore un certain désarroi. Il représente un courant significatif parmi les 100 collectifs représentés et pèse négativement pour traiter des questions de stratégie. Je pense aussi que la démarche que MAG cherche à développer a bien modifié la donne et qu'elle est parfois bien identifiée mais elle reste insuffisamment connue et suscite des craintes, des soupçons parfois avec certaines présentations malveillantes… Pourtant elle correspond bien à des préoccupations que portent un nombre non négligeable des collectifs. Dans ces conditions, l'équipe d'animation apparaît comme une sécurité avec son « dévouement » et son côté « raisonnable »... mais il lui est difficile de crédibiliser une perspective dans l'entre soi de 100 collectifs de taille souvent modeste. François Labroille Le 2 décembre 07