Atelier de création urbaine 21 décembre 2007
Par François Labroille le samedi, décembre 22 2007, 16:51 - sdrif - Lien permanent
La seconde journée des conférences de l'atelier de création urbaine dont la mission SDRIF du conseil régional a pris l'initiative s'est déroulée le 21 décembre 2007. Elle s'inscrit dans la perspective d'un appel à projets avec les étudiants de 5 formations supérieures en urbanisme sur le thème « ville dense, ville durable » en vue d'en tirer une exposition et une publication à l'automne 2008.
La seconde journée des conférences de l'atelier de création urbaine dont la mission SDRIF du conseil régional a pris l'initiative s'est déroulée le 21 décembre 2007. Elle s'inscrit dans la perspective d'un appel à projets avec les étudiants de 5 formations supérieures en urbanisme sur le thème « ville dense, ville durable » en vue d'en tirer une exposition et une publication à l'automne 2008. Deux journées de conférences ont été organisées le 28 novembre et le 21 décembre pour familiariser les étudiants avec le SDRIF et les problématiques de la densification urbaine. A cette occasion, la mise en relation entre des présentations très concrètes de projets d'architectes urbanistes et des exposés plus théoriques est très stimulante. L'essentiel des matériaux présentés se perd dans les prises de notes puisque les présentations faites sont très visuelles. Elles ont concerné par exemple des opérations pour repenser les abords du périphérique ou des constructions dites durables à énergie positive. Ce qui suit n'est qu'un script spontané mais peut inciter à aller rechercher les documents de référence.
François Labroille le 22 décembre 2007
Conférences 21 décembre 2007 Workshop de création urbaine Conseil régional
Intervention de Guillaume Faburel Paris 12
Les conditions environnementales de la densité La question des pollutions, nuisances et risques en IdF.
1 – les inégalités environnementales
Il existe des espaces « répulsifs », « dents creuses », lieux enkystés dans la ville : Qu’en fait-on dans une perspective de re-densification ? Quelle portée et quelles limites des outils juridiques pour le traitement des pollutions ? Quelles perspectives pour la re-densification ?
Examen d’une série de cartes visualisant les inégalités environnementales avec impact des sites industriels, puis les profils sociaux selon les communes et en croisant les deux on voit une forte coïncidence : 50 % des populations modeste sont localisées dans des environnements de faible qualité .
Quand on approfondit, on peut identifier les caractéristiques environnementales les plus « répulsives » (bruit…)
2 – Les conditions environnementales d’une re-densification
Traitement des espaces environnementalement déqualifiés en sachant qu’il peut y avoir cumuls de charges environnementales mais aussi des opportunités (cours d’eau) mais aussi des opportunités foncières. Espaces à potentiel mais sous conditions
Problème du décalage croissant entre outils disponibles et ressentis des habitants. LA planification par le zonage ne permet plus une planification ou une régulation efficace. Illustre par la mobilisation des opportunités foncières pour l’accès à la propriété. Montre aussi que la technicité des outils est remise en cause (exemple du zonage fondée sur les risques d’inondation, zonage lié aux gênes sonores…Logiques mises à mal par les ressentis de habitants….La nuisance sonore est expliquée au ¾ par la subjectivité…développement sur la « psychologie environnementale » avec l’exemple à proximité des aéroports d’une perception de la nuisance sonore par un sentiment d’abandon de la part des pouvoirs publics. L’environnement est devenu une facteur puissant des représentations des cadres de vie.(opérateur réflexif et filtre aux représentations du cadre de vie : patrimonialité, esthétique, symbolisme…) D’où ce décalage avec les critères du zonage.
3 - Conditions environnementales d’une re-densification.
Cite les enseignements récents : Inscrire les problématiques environnementales de ces espaces dans des dynamiques de projets territoriaux et partenariaux. La compensation territoriale (espaces verts, équipements, …pour requalifier des lieux et donc ne plus réfléchir à un zonage inégalitaire mais faire de la couture à entrant de le détail de ces territoires et rendre le s lieux en questions environnementalement plus supportables et insérés des dynamiques urbaines….- modèle allemand dit à double courant -…. Quelques conditions : égalité/équité, démocratie participative, systèmes experts et observations.
Ces 3 conditions alimentent la réflexion sur « quel développement urbain durable ? » Deuxième thème Qu’est-ce qu’une construction durable ?
Pascal Gontier, architecte urbaniste.
Qu’est-ce qu’une construction durable ?
Je ne sais pas moi-même ce dont il s’agit et je préfère parler de construction écologique en sachant que l’approche dominante est celle de l’économie d’énergie.
Entre donc par l’énergie…. Evoque le plan climat de la ville de Paris, très ambitieux…. Précise quelques références, de quoi parle-t-on etc…. ?
Premier développement Passivhaus en Allemagne Origine du concept de bâtiment passif sur 15 kw/heure .
Illustration par projet « habitat passif à Paris 20 ème ». 17 logements sociaux. Quartier Fréquel Fontarabie Maître d’ouvrage : SIEMP. Murs d 47 cm d’épaisseur…. Surfaces vitrées à 22 ou 23 % en triple vitrage….
Seconde illustration avec opération de 9 logements sociaux rue Pixecourt 20 ème.
Ecole Issy les Moulineaux
Autres expériences 4 photos de villes chinoises Avec toujours mêmes couleurs de ciel Et dénomme la première ville « neo darwinienne » la seconde « =ville des différences exacerbées ». Montre quelques schémas pour raisonner par analogie sur éco système aquatique, industriel puis la symbiose industrielle de Kalundborg avec tout un système de relation… Les symbioses urbaines le poisson clown et son anémone en symbiose avec échanges mutuels Illustre par un projet gagné sur un concours mais non construit faute de sponsor : un palais d’exposition au canal St Martin.
Illustre sur une opération sur château avec WWF avec un long développement
Les piscines écologiques.
Laurent Théry Ile de Nantes
Au centre de l’agglomération de Nantes (577 000 habitants)
Photos successives et années soixante entre sites industriels et quartiers populaires puis la forme urbaine des années 70/90 avec hauteur et aires se stationnement (images de promotion avec les représentations de l’époque).
Les objectifs du projet = constituer un nouveau cœur de ville…dans le fonctions contemporaines…fabriquer de la ville en s’intéressant à toutes les fonctions urbaines et à toutes les populations Un mélange des genres et des populations….
150 ha disponibles et développement durable au cœur du projet.
Pas de programme arrêté au départ mais idée d’un aller et retour entre programme et projet à partir des grands objectifs.
Un plan guide évolutif autour de grands axes…
Détaille l’opération avec le site du Tripode : Euronantes avec bureaux, résidence hôtelière, commerces, logements…. Avec densification et renouvellement des formes urbaines.
Quelques réflexions
Sur les tours en ville… en province.
Pour avoir une tour, il faut avoir le siège social d’une entreprise car on ne sera jamais sur le marché locatif à hauteur du coût … et pour le logement les contraintes sont très fortes au-delà de 50 mètres. Détour par Vancouver…. La hauteur n’est pas la densité mais la favorise. Mais les immeubles de hauteur doivent être en ville…. Vancouver réinvente une centralité européenne : des tours dans la rue avec des socles avec des commerces et des bistrots, de la haute densité environnementale avec cette question du socle, que la tour descende dans la rue….
Des tours en ville : vers quelles prises en compte des modes de vie ? Le contre exemple du sillon de Bretagne – St Herblain. Fin année s1970.
Des tours en ville : une évolution progressive : la libération progressive des hauteurs de référence. Illustre avec un projet sous la contrainte du PLU à 33 mètres.
Jean-Marc Buchat, architexte de l’ateleir JAM Le projet de Brétigny Terrains de Clause à Brétigny sur Orge
Contexte hérité des SDRIF antérieurs avec effets de la francilienne et un mode d’urbanisation pavillonnaire.
Donne les objectifs du projet sur un site de 50 ha avec conception d’extension du centre ville, « un quartier durable pour une ville à la campagne ».
Programme à 1600 – 2000 logements et 25 % de logements sociaux et 25 % à prix maîtrisés.
Revient sur l’histoire du territoire de la vallée de l’orge, de l’industrialisation et voie ferrée puis la francilienne… Puis explicite le projet avec densité dans la qualité… Un projet économe du point de vue des rues…
Des images Le choc pur les élus de la hauteur…Le parc….les jardins de traverse. Sur les questions de tissu urbain…. Illustration avec quelques images de concours…
Explique les difficultés de faire aboutir le projet avec la nécessité pour la SEM de vendre des terrains et des logements mais sans compromettre le projet. Evoque aussi le choix implicite de voir disparaître à terme ce qui reste de l’usine. Explicite au passage le rapport avec les élus, la pédagogie nécessaire, les appréhensions sur des matériaux autres que le béton… Montre les diverses composantes du projet. Et explique que la contrainte de temps pour vendre vite oblige à accélérer au détriment des débats sur les choix architecturaux malgré la qualité des architectes.
Densité et enjeux sociaux Intervention d’Olivier Piron Inspecteur général de l’équipement
3 préalables 1. Qu’est ce que la ville ? les personnes et les gens qui forment la cité. 2. Les problèmes d’échelle : on a négligé ce matin celle de la vie quotidienne. Conduire les enfants à l’école chaque matin ou bien « vas jouer dehors ». 3. Les familles vivent au sol.
La densification, qu’est ce que ça veut bien dire ? L’important c’est le différentiel entre desserrement et densification. Le coût est croissant avec la densification.
Alors densifier a-t-il un sens socialement ? Il y des a gagnants et perdants socialement selon les profils avec accès ou non aux normes habituelles de confort. De fait qui vit en zone dense ? Les groupes sociaux favorisés et personnels de service au sens large. La zone dense est aussi favorable aux activités qui ont beaucoup de valeur ajoutée au m2 mais pas à la logistique qui consomme de la superficie. Oui, mais logement social, dira-t-on. Certes, on peut amortir du 1200 euros le M2 mais on est à 2000 euros en première couronne et à 3000 euros à Paris. LA mixité urbaine a un coût évaluable à plusieurs milliards d’Euros par an. Qui peut les payer ? l’Etat dit avoir des caisses vides. Alors arbitrer entre le STIF (de la mobilité pour aller habiter plus loin) et le logement. Esquive de la question « où loger les pauvres ? ».
On vit au sol et les enfants vivent au sol. Donc besoin d’espace. On ne peut parler de densification sans s’intéresser à la taille des ménages et à l’âge des enfants.
Le vrai problème c’est quel volume du bâti et à quel coût ? Pour qui ?
Intervention de Thierry Pacquot Enseigne la philosophie de l’urbain à Paris XII et revue urbanisme
Rappelle d’emblée que le terme de société ne va pas déjà de soi. Est-ce que cela a encore du sens de parler de la ville et de densité ?
Démarre sur la notion de densité, idée de mise en rapport entre une quantité et la superficie qui la porte. Ce n’est pas un thème porté par les urbanistes. Il l’est d’abord par la démographie ou les géographes….Evoque les chiffres de Bombay, Paris ou Londres en habitants au km2. On voit bien que ces chiffres ne nous éclairent pas. Oui le centre est réservée à ceux qui gagnent nous a rappelé O. Piron mais si on prend les EU on voit le phénomène inverse… Vrai problème… développe au passage que le vocabulaire pose problème par exemple péri urbain ou urbain car on est dans un urbain généralisé et le périurbain est au cœur de l’urbain. Evoque la densité définie par Fouchier/Merlin en 94….
Pour le philosophe densité renvoie à « épaisseur », un exposé « dense » c’est à dire bien organisé, riche… Qui parle de densité ? Durkheim qui parle de densité en rapport avec le passage de solidarité mécanique et solidarité organique…La densité favorise les interactions sociales. Sauf qu’il faudrait distinguer une densité subie d’une densité recherchée. Evoque des anthropologues pour qui parler de densité c’est parler du corps et donc la perception sensorielle… d’un environnement. Or avec les NTIC chacun est à la recherche d’une diversité de densités… c’est l’inconstance qui caractérise le mieux le comportement de l’être humain.
Pour conclure, la densité est une notion statistique dont il faut se méfier et il faut relire des textes que l’on a trop oubliés comme ceux de Robert Park…. Deleuze et Guattari qui nous parlent du couple territorialisation/déterritorialisation ave nos demandes simultanées d’isolement, de solitude et de foule…. Une territorialité toujours à reconstruire.
Echange Question sur densité et comportements délictueux. « on a besoin de la multitude pour sa solitude » … « pour qu’il y ait du soi il faut qu’il y ait de l’autre ».
Question sur parcours urbain, maison individuelle et expérience « sensorielle » de l’urbain…provoque un développement sur des initiatives architecturales de Juan Carlos en Italie…
Développement au passage d’une question sur la double besoin d’insertion et de prise de distance (le voyage, le tourisme = aller ailleurs sans rencontrer l’autre ou ceux qui habitent).
O. Piron conteste la relation « ville dense, ville durable »… et suscite un échange sur les exigences de court terme et la vision de long terme… Approches de la mobilité
Pierre-Alain Trevelo Architecte sur « infrastructures et densité ».
Réfléchir la densité là où la mobilité existe déjà. D’emblée distinguer les infrastructures de transports en commun et les infrastructures routières. On sait que 87 % des actifs de la Défense viennent en transport en commun…mais saturation alors que Marne la Vallée… Donne quelques chiffres sur la progression des différents moyens de transports et les comparaisons internationales sur les efforts d’investissement en transport en communs
Sur infrastructures routières et densification en prenant l’exemple du périphérique
Historique rapide du périph et des images étonnantes de ces paysages urbains très urbains… Photos de projets successifs avec une première phase avec des équipements côté de Paris s’installant dans une optique paysagère puis une phase qui intègre les contraintes de pollution… bâtiments carapaces…
Périphérique central Le périphérique au centre du système de l’agglomération… Périphérique est un territoire… Le territoire du périphérique vu de la ville et la ville vue du périphérique permettra de percevoir des territoires transversaux de part et d’autres …voir carte….
Quelques projets pour illustrer ce que l’on peut proposer pour ces territoires assez désolés aujourd’hui. Il existe des projets initiés par la ville de Paris set parfois intercommunaux….
Présentation de plusieurs projets Porte Pouchet : caractérise le site et montre le projet dont son cabinet a été Lauréat… Porte d’Orléans et périphérique sud
Luc Gwiazdzinski Professeur à l’université de Grenoble
Démarre par des réflexions préalables sur la ville avec quelques avertissements au passage sur la ville organisée où l’on se rencontre, sans nostalgie (la ville idéale n’a jamais existé ), lieu paradoxal entre interactions et séparations ou métropolisation…. Avertissement aussi sur la densité.
Images de villes….la ville au-delà de la ville…la diversité et des questions… la nuit… Faire ville à quelle échelle, sur quelle question, avec qui, où ?
I - 3 phénomènes 1. Etalement urbain…dans l’espace…et dans le temps avec une économie qui grignote les temps morts… 2. Fragmentation… avec archipel de quartiers, éclatement des temps sociaux (se souvient de sa ville « fordiste » de Lorraine). 3. Dictature de l’urgence et temps réel : « tout, partout et à tout moment ».
Evolution associée des transports et mobilités. Malheur au sédentaire
II – Changements de regard sur la ville
La métropole comme pulsation, une ville en mouvement, un système de flux ouvert, plus qu’un système de stock figé…
Illustration avec des cartes sur les commerces ouverts sur un cycle de 24 h. Idem pour les bars… sur Strasbourg… Belfort….les services publics… Cartographie des occasions de rencontre sur un territoire avec calendrier des événements sur une année au Pays de Serre-Ponçon… Carte d’un réseau de transport avec espace/temps intégrant les durées de transport… Réseau de transport de PSA sur Sochaux…
Confronte la carte de Strasbourg des « feux » de voiture et des lieux de vie avec la discordance évidente.
Espace vécu d’un actif les jours successifs de la semaine à partir d’un suivi GPS…il en ressort des résultats passionnants sur les pratiques réelles et l’usage réel de la ville selon les statuts sociaux.
Changer de regard sur la mobilité. Plutôt articuler TC et voiture qu’opposer. Assurer les continuités/
Termine sur des pistes de réflexion (pas de notes prises).
Conclusions de Valérie Mancret Taylor Méthode avec échéance 9 avril et 7 juillet Le comité de pilotage et sa composition

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