Pour une nouvelle force à gauche Roger Martelli septembre 2007
Par François Labroille le lundi, novembre 5 2007, 11:58 - contributions - Lien permanent
Prise de notes personnelle sur le livre de Roger Martelli
Refondations Pour une nouvelle force à gauche
Roger Martelli septembre 2007
Introduction
2002…2007 Le verdict des urnes…Le PCF le dos au mur… avec une identité menacée…face à une droite sûre d’elle-même, engagée dans une cohérence forte avec la victoire éclatante de N. Sarkozy. Alors que 2007 laissait raisonnablement espérer, c’est un fiasco pour la gauche antilibérale…qui ne pourra se contenter de faire de la nécessaire contestation du social-libéralisme la base de son identification. Nécessité d’un projet transformateur et il est fondamental qu’apparaisse une force politique nouvelle, rassemblée. .
Chapitre 1 La gauche dans l’œil du cyclone
2007, c’est toute la gauche qui est au pied du mur.
Le cauchemar de 2007
Séisme de 2002…2007 laissait espérer après régionales et européennes, TCE …une présidentielle décapante…Or triomphe d’une droite originale avec un début d’amalgame entre les familles séparées de la droite française….une synthèse que la droite recherchait en vain depuis un quart de siècle. Données électorales même si les législatives conduisent à relativiser légèrement.
Droite gauche frontière mouvante
Clivage fondateur avec permanence des positionnements dans les enquêtes sur un axe droite gauche mais avec moindre confiance dans son propre camp. Du coup retour sur des périodes historiques caractérisées par ce genre de confusion : 1947 avec camp occidental et camp oriental qui brouille les repères…ou inversement des cas où le clivage est évident après 1962 et l’histoire des deux formules de regroupement de la gauche avec une séquence qui va jusqu’en 1981.
Que se passe-t-il depuis 25 ans ?
Le tournant de la rigueur de 1983 et installation dans une dynamique curieuse entre pause temporaire de la vague réformatrice et installation dans les contraintes financières. PS se remet à lorgner au centre, le PCF se replie et l’identification de la gauche est de plus en plus incertaine.
LA droite n’est pas dans une position simple et peine à trouver sa cohérence entre hésitations entre conversion très poussée au néolibéralisme et démarquage, et avec pression FN.
Donc antagonisme droite gauche fonctionne plus ou moins bien selon les périodes…1945-1958 la guerre froide biaise la lisibilité…1962 -1981 le PCF impose sa vision d’union de la gauche avec projet « radical-keynésien ». A partir de 1983 intériorisation des mutations néolibérales et la frontière s’estompe.
Y a-t-il deux gauches ? La fausse bonne idée de la LCR. Car formule trop statique. Dit quelque chose de vrai mais fige des blocs aux frontières immuables alors que selon les périodes l’attraction se fait plutôt à un pôle qu’à un autre. Le principe d’un positionnement à gauche résulte d’un mixte justice/liberté, égalité des droits et égalités des conditions. Alors deux possibilités : l’option social démocrate acceptant le marché et la concurrence mais en régulant par la norme et la redistribution publique ; le dépassement du capitalisme. Certes cette opposition des deux modèles a énormément changé au fil des ans…mais le principe de distribution polaire est reste le même. Survol historique des représentations communes de la gauche depuis les années 1880… au XX ème siècle, émergence du communisme dans le champ politique…EN conclut que quand recule l’espérance de la République sociale, l’axe organisateur de la gauche se déplace vers sa partie réputée la plus modérée.
Peut-on se sortir du social libéralisme? Pour une part l’antagonisme droite gauche n’a pas pris une ride même si les thème ont changé depuis les controverses sur l’héritage révolutionnaire, la question scolaire, la question religieuse, la question sociale…aujourd’hui question migratoire, degré de libéralisme économique, place services publics…
Retour sur les grandes représentations fondamentales du monde et de la société…Le dualisme politique n’est pas une exception française mais double originalité française : le bipartisme ne l’a pas emporté avec un vigoureux clivage de forme idéologique (analyse des deux systèmes de valeurs en présence opposant l’optimisme de la perfectibilité de l’humain avec justice, liberté, solidarité et le pessimisme d el adroite, dynamique de la concurrence bridée par la sévérité du contrôle social.
Mais pas une vérité uniforme car la droit et avec N. Sarkozy dispose aujourd’hui d’une cohérence maximale entre discours économique ultra libéral, valorisation de l’ordre et du mérite, identification collective hors des repères de classe alors que lon ne retrouve pas cette cohérence ni du côté de la gauche d’adaptation ni du côté de la gauche d’alternative.
La leçon social libérale a toujours le vent ne poupe sur le continent européen. Depuis l’arrivée au pouvoir de Tony Blair en 1997 et son utilisation habile des travaux d’Antony Giddens….et l’ensemble de la social démocratie européenne a été touché… Même si en Franc le thème de la modernisation blairiste a du mal à se déployer en France. Cette situation peut-elle évoluer à l’intérieur du bloc socialiste ? Deux limites à une résurgence plus classique, plus interventionniste et redistributive : • Dans le projet, arc bouté à une projet néo keynésien peu viable dans le contexte de la mondialisation ; • Celle de la sociologie avec perte de l’enracinement ouvrier et populaire de la social démocrate et donc pas de liens avec syndicats et NMS pour ressourcer un nouvel élan.
Conclut le chapitre en affirmant la difficulté du socialisme européen à dégager une alternative au social libéralisme anglo saxon et considère donc comme peu vraisemblable que la donne du socialisme change si une dynamique transformatrice ne prend pas corps, AILLEURS, à l’extérieur du socialisme politique…Alors une nouvelle dynamique contestataire et transformatrice deviendrait possible avec des évolutions à l’intérieur de la social démocratie, rendant possible la perspective de majorités autour d’un projet transformateur et non adaptateur ?
Chapitre 2 Les ratés de l’antilibéralisme
Défaite cuisante de 2007 avec un score de moins de 9 % contre 14 voire 20 % avec les Verts en 2002
Un échec déroutant Explication par le vote utile, plus solidement déjà par la dispersion…Déception d’autant plus grande que l’espoir avait été grand…avec les belles tribunes du printemps 2005…Certes la portée du Non a été discutée mais sa victoire s’inscrivait dans uen évolution plus longue.
Le regain de la critique sociale
Rappel que la présidentielle de 81 en France s’inscrit à contre courant (GB et EU) + accélération décomposition système soviétique (« l’histoire est finie »). Années 80 correspondent aussi à repli du mouvement ouvrier…difficultés syndicalisme et défaites mineurs GB, sidérurgistes en Fr sur fond de recul emploi industriel. Mais avec années 1993-95 amorce d’une inversion de tendance perceptible dans les enquêtes d’opinions, les mobilisations des franges sociales les plus précarisées et en 1995 la contestation se globalise et rejoint l’action sociale plus classique. Alors émerge le vocabulaire du mouvement social (pluriel ?)
Du coup décalage entre retour du conflit de classe et traduction politique. Tentative (échec) de l’intérieur avec Etats Généraux (P. Bourdieu) avec méfiance du P et PCF qui ne voit pas la novation…et qui laisse le monopole de la radicalité à une extrême gauche qui a su se mouler dans le mouvement critique…Cf les scores LO LCR aux européennes de 99 puis de 2002 sur une ligne d’extériorité aux institutions et de méfiance à l’égard du PS (alors que le PC avait su combiner extériorité radicale et insertion dans le champ politique institutionnel).
La convergence antilibérale Rappel des divers appels post 2002, de l’expérience des régionales en 2004 en IdF, de la campagne du Non, voter Y, puis candidatures antilibérales, le texte ambitions et stratégie…
Le désastre de St Ouen
les 700 collectifs et l’échec sur la candidature et de la méthode du double consensus. Récit avec candidature MG Buffet avalisé par une consultation interne puis tentative de la faire par les collectifs mais perception d’une manœuvre pour imposer une candidature trop identifiée….jusqu’au désastre de St Ouen et son épouvantable dialogue de sourds… A l’arrivée 5candidats…campagne et résultats à 9 %.
Un échec programmé ? 2chec évitable ? Non au vu de la force des dynamqiue centrifuges en écho aux profondes fractures produite par l’histoire…le poids des trajectoires séparées avec la coupure du communisme d’obédience stalinienne et des trotskysmes…Celels des contestations qui n’ont qu’un rapport lointain avec traditions ouvrières et révolutionnaire…Relate expérience personnelle entre irritation et risque de surdité aux préoccupations qui s’expriment. Rappel des polémiques des dernières années entre voile, indigènes de la République… Sans ignorer le poids de ce qui sépare entends le relativiser…pas moins grand au sein de la droite mais obligation pour elle de se rassembler.
Chapitre 3 Il ne suffit pas d’être « anti »
Ce qui est en jeu : une refondation au sens fort du terme. Un projet et une force structurante de la gauche française et non un courant supplémentaire.
Ne pleurons pas les neiges d’antan Les deux grands échecs du XX ème siècle : celui du communisme de souche soviétique et celui de la social-démocratie européennes.
Les limites de l’adaptation
Contre quoi se bat-on ?
Ni révolution par haut, ne réformisme des petits pas, mais quoi au delà du « ni ni ». Impossible de contourner la question du capitalisme.
Déborder le concept lui-même avec Toni Negri et Michael Hardt dans Empire et multitude ? Récuse cette tentation de dissoudre le concept de capitalisme dans l’énoncé du marché mondial en rappelant ses dimensions constitutives (généralisation échanges marchands, transformation de la FT en marchandise, appropriation de la survaleur) même si les formes en ont changé. Caractérise au passage plusieurs de ces changements : ultralibéral au plan économique et régulateur pointilleux sur le plan social ; déterritorialisé et mondialisé…processus inégalitaires et contrôle social…Nouvelles modalités de la création de valeur avec dynamisme et créativité passées du côté de l’abstraction symbolique….avec complexification stratification sociale… Discute comment la mondialisation universalise les contradictions de la forme capital et questionne l’existence d’autres normes sociales d’allocation des ressources, d’orientation des activités et de répartition des richesses. Revient donc dans sa discussion avec Toni Negri sur l’importance accordée à un certain nombre de constats sur l’ampleur des changements qui s’opèrent mais redit ce qui reste permanent dans la nature même du capitalisme avec la tendance pluriséculaire de séparer le travailleur d’avec son activité. Dit de façon plus élaborée, le capitalisme est-il une simple dimension de l’Empire ou bien est-il le principe même de son organisation et de sa reproduction ?
S’accommoder du capitalisme ? Pas réaliste
3 possibilités face au capitalisme : s’inscrite, infléchir, promouvoir alternative. Si on laisse faire, alors voir les grandes évolutions structurelles sur longue durée et la portée de la phase néolibérale depuis les années 1970 (destruction systématique de l’Etat providence…). Absence de pertinence du discours régulateur…mixité ou encadrement du marché…Etaye par données sur aggravation des inégalités mondiales avec travaux du PNUD
Dépasser le capitalisme et non l’inverser Donc si on récuse « adaptation », alors faut « novation » (autre conception du temps de la transformation et de son contenu). Le piège de la négation (le problème n’est pas dans l’obligation de contredire mais dans la propension à se définir avant tout par le refus). Illustre par l ethème d e »l’abolition » dans le communisme historique. Dépassement en référence aux travaux de Lucien Sève en opposition à « aménagement »
On ne change pas l’économie sans changer la société
Tente de contester la légitimité de l’économie capitaliste à stimuler croissance des marchandises et des biens…en combinant 3 registres dont celui de l’expérimentation d’autres critères avec l’ESS. Ce processus de dépassement de la légitimité excède le domaine de l’économie… développe la perspective d’émancipation bien au-delà de la libération des classes subalternes.
Anticapitalisme : nécessaire mais non suffisant Répond au plaidoyer en faveur de l’abandon de l’utopie négative de l’anticapitalisme (Zaki Laïdi et Gérard Grundberg) et récuse une hiérarchie qui subordonnera le social à l’économique,et qui relèguera le politique et en dernier lieu le culturel. Rappelle que la force du capital depuis al fin des années 1970 ets d’abord culturelle et que la force de l’alternative sera dans sa capacité à intriquer les domaines… Et au passage développe un passage sur la place centrale prise par la ville dans le monde contemporain.
Un projet post capitaliste Le projet est une construction intellectuelle qui relie la demande sociale et les moyens de la réaliser…Il remplit la vieille fonction du mythe en projetant les hommes dans une histoire possible et à la différence du mythe il s’attache à l’inscrire dans un temps maîtrisé. Revient sur le contenu du projet antilibéral et la pertinence même du terme antilibéral en clarifiant les choses par rapport au nélibéralisme pour dire que la définition du projet est moins dans l’anti que dans le « pro » et au fond conjuguer l’éthique et l’efficacité (appropriation sociale/ privée, coopération/ concurrence ; implication citoyenne / dépossession).
Une méthode à la hauteur du projet Processus de transformation et mobilisation des individus : Se dégager de la logique de représentation et de délégation avec démarche participative ; Trouve r des formes de travail en commun qui sortent de la séparation des formes de l’action sociale. ( un projet ne peut être l’oeuvre que de l’ensemble des acteurs de la vie sociale, quelle que soit leur spécialisation fonctionnelle - partis, syndicats, associations… - )
Chapitre 4 Le temps nous est compté
Les pièces du meccano sont en place Evoque les phénomènes de résistance sociale que produit le capitalisme et les amorces de globalisation ou politisation qui s’opèrent, en méfiance à l’égard des partis : cf mouvement altermondialiste avec son histoire récente, sa forme « réseau de réseaux » qui laisse ouverte la question du débouché politique…Polémique à nouveau avec Toni Negri et Hardt sur le risque de « simplification étatiste » avec la recherche de l’unité du mouvement… et traite des tensions entre options réformistes et radicales….comment du rassemblement politique peut se construire autour de l’exigence d’une subversion du système et non de l’adaptation à ses règles. Aucune force ne peut prétendre au leadership mais des évolutions intéressantes en Amérique Latine mais aussi en Europe quand on regarde de près l’Allemagne ou l’Italie. ET en France ?l’agrégation des forces critiques et à portée de main.
Agréger les fragments du peuple dispersé. Retour sur l’histoire et les projets successifs qui ont pu rassembler et notamment à la Libération le bloc classe ouvrière désormais protégée et juridiquement reconnue, couches moyennes urbaine set technocratie d’Etat qui se retrouve dans un projet d’une Etat dynamisé par l’intervention publique en alliance avec le capitalisme industriel…Rappel 81 à contretemps de la ;vague néolibérale et de l’éclatement du compromis fordiste… Un retissage du peuple sociologique est une médiation nécessaire pour asseoir une nouvelle figure du peuple politique…Evoque l’ampleur des changements des années 5-75 entre urbanisation, salarisation, féminisation, érosion des formes classiques de la socialisation, percée de l’individu, mobilité choisie, changement du rapport de l’individuel au collectif…et l’une des grandes forces du néolibéralisme a été de savoir ‘en saisir pour légitimer sa vision du monde. Revient sur le fait d’avoir laisser au capital l’autonomie d el’individu et évoque la problématique de la sécurisation des parcours.
Dessinons sans tarder les grandes lignes du projet
Rappel de ce qui a été fait (Copernic, ATTAC, les 125 propositions, les 80 de l’autre campagne…) L’enjeu est celui de force signifiante du projet, la trame fondamentale d’une logique ouvertement transformatrice…comment se recompose la lien social en réarticulant les domaines que le capitalisme a disjoints. 3 dimensions • Comment créer sans atteinte aux équilibres écologiques de la croissance et du développement humain ? • Comment créer du lien social durable et sécurisant ? • Comment produire du commun acceptable par tous et par chacun ?
Sur la dimension 1 : le sens du développement des sociétés humaines : opposer à la rationalité capitaliste elle de l’essor des capacités du plus grand nombre comme objectif éthique et condition de l’efficacité économique. Sur la dimension 2 : développe la question des droits. Sur la dimension 3, développe « le nouvel âge démocratique ».
Engageons-nous dans la construction d’une force ; Aujourd’hui, aucune force n’est en mesure de s’imposer comme capable d’ordonner la synthèse. Passe en revue les forces politiques, les collectifs et analyse pourquoi le positionnement de la LCR comme grand parti accumulant des réserves électorales lui paraît être une impasse.
Changer de braquet Argumente sur le fait que cette perspective est possible : récuse le « glissement à droite » au profit d’une vision plus contradictoire (résignation à la concurrence et attachement au bien public et à l’égalité), et rappelle, sans le surestimer, comment le 29 mai 2005 a fait bouger les lignes. Le pari d’une force politique cohérente capable de relancer la dynamique transformatrice…avec ambition maximale et rassembler durablement sensibilités, pratiques et cultures différentes.
Force et parti Penser processus oui, mais en disant le ut et que le temps n’est pas extensible. Revient sur la controverse avec Toni Negri sur la forme « parti ». Ce qui identifiera la force : son ambition d’un processus démocratique continu articulant luttes, initiatives politiques et électorales….faire reculer la domination du capital sur la vie sociale….empruntant à toutes les sensibilités.
Commençons dès maintenant Les forces de transformation sociale n’ont guère de temps devant elle spour deux raisons : La critique sociale ne gardera pas éternellement le m^me élan que dans la décennie précédente et le risque de la tentation libérale comme alternative à Sarkozy comme moindre mal.. Donc aller vers la construction d’une force cohérente et durable dans l’esprit de la constitution de die linke en Allemagne…. Aller vers des états généraux constituant d’une nouvelle force.

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