Monsieur le Président,

Depuis plus d’un mois, les enseignants, les lycéens, les parents d’élèves se mobilisent pour protester contre la suppression de 11 2000 postes à la rentrée prochaine, annoncée par Xavier Darcos, Ministre de l’Education Nationale.

En Ile-de-France, plus de 1000 postes seront supprimés dans les lycées des 3 académies.

Une véritable hécatombe qui fait suite à plusieurs années noires, et qui en annonce d’autres, si l’on se réfère à la Révision Générale des Politiques Publiques. Une véritable hécatombe qui met à mal les conditions d’étude des lycéens, en surchargeant les classes, en réduisant l’offre de formation…

Le gouvernement prend le parti de sacrifier l’éducation et l’avenir de milliers de jeunes, dans un contexte de société de la connaissance qui exige une élévation du niveau de qualification.

C’est le choix d’une société purement libérale où se côtoieront formations au rabais et formations élitistes. Un choix bien loin des exigences, portées par les jeunes, d’une formation de qualité pour tous.

Parallèlement à ces suppressions, le gouvernement veut généraliser les baccalauréats professionnels en 3 ans, au lieu de 4 actuellement, avec comme conséquence implicite, la disparition des BEP. Là encore, la logique comptable et idéologique l’emporte sur la volonté de faire réussir tous les jeunes, notamment les plus en difficulté.

Après avoir imposé la décentralisation des TOS aux Régions, le gouvernement continue son démantèlement du service public de l’Education Nationale, et transfère ses responsabilités aux collectivités locales et aux entreprises. Le dernier exemple concerne la suppression des réseaux de soutien scolaire, et la demande faite aux villes de s’y substituer (mise à disposition de locaux et mise à contribution des enseignants..)

Depuis sa création, la Région Ile-de-France joue un rôle dans la formation des jeunes ; que ce soit par de l’investissement dans les lycées et des aides en fonctionnement, ou que ce soit, de manière plus directe, avec le développement de l’apprentissage.

L’objectif régional affiché est de 100 000 apprentis d’ici 2010, avec une priorité sur les bas niveaux de qualification. Nous en sommes aujourd’hui à 85 000. Le schéma des formations, voté en juin dernier, avec notamment ses 2 volets, Lycée et PRDFP, insistait sur la complémentarité des modes et voies de formation. Notre groupe a, à cet effet, particulièrement mis l’accent sur le droit d’avoir accès à une formation publique pour les filières professionnelles.

Ce concept de complémentarité, nous le savons, est un exercice délicat dans sa mise en œuvre. Nous devons donc être vigilants pour maintenir la cohérence de la politique régionale. Nous devons être vigilants pour que ce concept ne se retourne pas contre nous, en nous retrouvant dans une situation d’accompagner une politique nationale que nous dénonçons.

Monsieur le Président, comment assurer cette complémentarité, quand le gouvernement sabre délibérément les moyens de la formation initiale publique en lycée, en renvoyant cette responsabilité sur les Régions au travers des moyens qu’elles consacrent au développement de l’apprentissage ?