REPONSE A LA QUESTION ORALE Des GROUPES PS et CACR

Chers collègues,

Je vous propose de répondre aux questions posées par les groupes socialistes et CACR, puisqu’elles ont en commun la situation dans le système éducatif et se rapportent pour partie à une situation brûlante dans nos lycées et notre système éducatif.

J’ai écrit au Ministre de l’Education nationale mon opposition à la politique de suppression de postes et je l’ai exprimée publiquement. Mais puisque vous m’en donnez l’occasion, je vais vous préciser ma position.

Je crois que la politique actuelle du ministre de l’éducation nationale est néfaste et pas uniquement à cause des suppressions de postes. D’abord, vieux débats dans l’Education nationale, parce que si la quantité des moyens utilisés n’a jamais été le seul critère de qualité de notre système d’enseignement, on ne peut pas pour autant, prendre le risque de mettre à mal celui-ci pour des raisons idéologiques ou, à tout le moins, comptables et budgétaires. Ensuite, parce que ces suppressions sont un parfait écran de fumée qui dissimule une « contre révolution » de grande ampleur dans l’éducation.

En effet,  si l’on prend en compte les programmes parfaitement contestables du premier degré, la suppression de la carte scolaire et la création inéluctable de ghettos scolaires qui s’en suivra, la volonté d’une généralisation quelque peu précipitée du bac professionnel en 3 ans et, l’apparition nouvelle dans la circulaire de rentrée du « dispositif d’initiation aux métiers en alternance », discret retour de l’apprentissage junior sans le contrat de travail, c’est effectivement une politique rétrograde qui est à l’œuvre. Une politique qui tourne le dos aux enjeux du 21e siècle.

A cet égard, je me demande ce qu’en pense le Premier ministre qui, dans la loi de 2005 qui porte son nom, parlait encore d’amener 50 % d’une classe d’âge dans l’enseignement supérieur.

Pour autant, la dénonciation de cette politique ne doit, en aucune façon, être l’occasion d’une position conservatrice consistant à défendre le système éducatif tel qu’il est aujourd’hui. Soyons clairs, l’école d’aujourd’hui est inégalitaire et discriminatoire envers les enfants les plus pauvres. Nous ne voulons pas conserver ce système, nous voulons le changer.

Nous l’avons voté en 2007 dans notre schéma des formations.

Nous voulons une école qui fasse progresser le plus grand nombre vers la qualification et l’emploi. Nous voulons que tous les jeunes, quelle que soit leur situation sociale, puissent accéder à tous les niveaux du système éducatif.

Non seulement nous le voulons mais nous le mettons en pratique. Et en ce sens, je confirme au groupe CACR que la recherche d’une bonne articulation entre l’apprentissage et la voie scolaire est l’un des objectifs majeurs du schéma des formations. C’est tout l’enjeu de l’évolution de la carte des formations dont la région a la responsabilité, notamment à travers la mise en œuvre du plan prévisionnel triennal glissant (PPTG) qui permet d’adapter l’offre de formation initiale, en organisant la cohérence et l’évolution des formations offertes qu’elles soient sous statut scolaire, sous contrat d’apprentissage ou sous statut d’étudiant.

Aussi, je redis avec force que l’apprentissage ne doit pas être le réceptacle de la difficulté scolaire. Cette difficulté que, par ailleurs, nous ne cessons de combattre via nos dispositifs contre le décrochage scolaire. L’apprentissage est au contraire une voie dont nous savons qu’elle est une alternative pertinente aux formations générales si elle s’appuie sur une bonne formation scolaire.

Nous devons donc être vigilants dans la conduite de notre politique, et je crois que nous le sommes.

Maintenant, si on nous donne plus de responsabilités, nous les assumerons pour le bien de tous. Nous assumons déjà nos responsabilités dans les lycées, dans les CFA, dans la formation professionnelle, dans les formations sanitaires et sociales et je crois que tout le monde en est satisfait.

Pour conclure mon propos, je dirais au Groupe socialiste qu’à mon sens la meilleure proposition que l’on puisse faire aujourd’hui c’est la décentralisation. Vous le savez, je l’ai écrit, nous ne reviendrons pas à l’Etat jacobin des 30 Glorieuses et la seule alternative crédible à l’ultralibéralisme c’est la décentralisation.

Je crois que nous y sommes prêts et tout particulièrement en matière éducative où nos convictions sont fortes, notre expérience déjà importante et nos réalisations convaincantes.