Notre débat sur l’adhésion de notre collectivité régionale au syndicat d’étude mixte s’inscrit dans la continuité de nos deux séances consacrées en avril au rapport de la commission Paris métropole Ile de France et en novembre à son complément présenté par Jean-Paul Planchou. Nous avions alors exprimé fortement notre approbation d’un processus de coopération entre collectivités. Nous l’avions fait parce que nous sommes convaincus que les politiques publiques ne peuvent pas gagner en efficacité si la dimension métropolitaine des grands défis identifiés tout au long de l’élaboration du SDRIF n’est pas pleinement prise en compte.

En quelques mois, ce débat qui, vu de loin, pouvait sembler tout à tour très politicien ou très technocratique a atteint une dimension publique nouvelle. Dimension médiatique incontestable quand on voit la place que lui accorde désormais la presse même si l’angle polémique l’emporte parfois. Mais quand on voit tour à tour le Point, il y a quelque semaines, et Paris Obs il y a quelques jours, y consacrer des dossiers entiers, le débat change déjà de nature. Dimension plus théorique aussi quand on voit la floraison de publications savantes, qui témoignent de l’intérêt que les universitaires et les chercheurs accordent aux enjeux de l’agglomération et du changement de nature des problèmes urbains auxquelles nous sommes confrontés.

Cela oblige tout le monde à prendre la mesure des questions posées. Alors le temps n’est plus au discours de Roissy du président de la République en juin 2007 qui prétendait alors liquider le SDRIF et dicter tout seul sa vision d’un Grand Paris. Certes la tentation autoritaire est encore là quand un secrétaire d’Etat voudrait substituer aux orientations du SDRIF longuement concertées avec les collectivités sa définition des pôles de développement et des infrastructures de transport. Ou quand Edouard Balladur prétend élaborer sa réflexion sur les collectivités territoriales sans y associer les régions et notamment la région Ile de France ? Cette tentation est une une impasse.

Le temps doit être aujourd’hui à l’accélération d’un débat d’idées auquel les travaux du schéma directeur ont beaucoup contribué, le temps doit être à la confrontation des idées et des projets, y compris avec les apports des équipes d’architectes de l’appel à projets du ministère de la culture.

Tout dans le contexte actuel nous conforte dans cette conviction. Une crise ne chasse pas l’autre. Et la gravité de la crise financière n’efface pas la crise sociale et la crise écologique. Elle les redouble et appelle plus que jamais de l’audace pour repenser les modes de développement, redéfinir les notions d’attractivité économique. C’est la raison pour laquelle la décision d’impliquer pleinement la Région dans le syndicat PARIS METROPOLE n’est en rien anecdotique. Elle nous semble être un acte majeur, qui affirme le rôle de la Région dans la conception et dans la mise en œuvre des grands projets qui doivent structurer le cœur de l’agglomération francilienne.

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Avant de clarifier quelques points en débat, je voudrais simplement revenir sur deux raisons fondamentales de notre approbation du rapport présenté par Mireille Ferri.__!!

La première est dans cette nécessité de pleinement reconnaître cette métropolisation !!qui oblige à repenser les phénomènes urbains d’aujourd’hui. Les métamorphoses de l’ensemble de l’agglomération parisienne renvoient à des transformations qui ne se résument pas une dilatation urbaine, au seul franchissement d’une nouvelle extension concentrique. La métropolisation c’est la ville des réseaux et des flux, de l’articulation au reste du territoire et au reste du monde, c’est une interdépendance très forte des territoires mais aussi des ségrégations nouvelles et des défis nouveaux. C’est la multiplication des opportunités de développement et des risques. Alors penser cette métropolisation oblige à repenser les rapports entre Paris et le reste de l’agglomération et c’est un grand apport de la conférence métropolitaine d’y avoir poussé. Elle oblige à penser à une nouvelle échelle les questions de mobilité, d’habitat, d’emploi, de qualité urbaine.

!La seconde raison sur laquelle je souhaite aussi insister teint à notre attachement à une construction ascendante des grands choix et des grands projets.

A la tentation autoritaire, nous préférons le pari des coopérations entre collectivités. C’est pourquoi nous approuvons pleinement le recours au syndicat d’étude mixte parce qu’il autorise cette mise en commun, ce dépassement des approches locales pour s’inscrire dans des visions d’ensemble. Dans ce cadre nous savons que la Région a un rôle irremplaçable parce qu’elle est garante des cohérence et des solidarités. Certes l’exigence démocratique a bien d’autres dimensions mais nous tenons beaucoup au respect des collectivités élues et aux formules coopératives. __ Quels sont les débats qui nous traversent__

j’en vois trois qui méritent sans doute des clarifications.

Celui du périmètre et de la gouvernance. Je serai tenté de dire « beaucoup de bruit pour rien ». Cela a été dit et redit. Aucun périmètre idéal ne peut définir l’aire métropolitaine puisque ses frontières sont fluctuantes au gré des domaines traités ou des projets envisagés. Les critères objectifs peuvent légitimer une approche relativement restrictive ou relativement extensive. Le choix retenu par les statuts est le résultat de la recherche de multiples compromis. Il ne bride personne. Il autorise de très nombreuses collectivités à adhérer au syndicat mixte. Nombreuses sont d’ailleurs celles qui en ont déjà délibéré ou qui s’ apprêtent à le faire. Tant mieux. Sur la « gouvernance proprement dite » , le choix des statuts est celui du 1 pour 1 sans aucune pondération démographique ou autre. Ce choix est sage pour la confiance entre collectivités. L’héritage culturel et historique est lourd avec un sentiment de subordination durement perçu par de nombreuses collectivités locales et il est bien de travailler plus sur la base de la conviction que sur celles de l’arithmétique. Nous aurions pu imaginer une forme plus affirmée de reconnaissance de la spécificité du rôle de la Région. Mais cela se fait en fait au travers du collège regroupant les départements et la Région.

Le second point qui fait débat est la référence au SDRIF. Pour nous aucune ambigüité n’est possible. Le schéma directeur a construit une vision de l’ensemble de la Région à l’horizon 2030. Il a pleinement reconnu la spécificité de la zone dense et du cœur d’agglomération. Il a prévu une conférence territoriale. Il a intégré dans son ultime version du 25 septembre le lancement du syndicat d’études mixte qui avait été acté lors de la conférence métropolitaine de juin. Il est pour nous une référence incontournable qui produit de la cohérence à l’échelle régionale et infra régionale. En même temps il n’épuise pas la définition de tous les projets, des tracés des infrastructures de transports, des localisations des objectifs de construction de logement ou du développement des activités économiques. Il y a donc une grande complémentarité entre le mandat que constitue le SDRIF - et qui devrait guider l’intervention régionale - et l’activité du syndicat mixte.

Le troisième débat concerne le programme de travail du syndicat mixte.!! L’esquisse établie par la note commune de l’IAU et de l’APUR nous semble aller dans le bon sens. De même la contribution que constitue le complément au rapport de notre commission Paris Métropole Ile de France que nous avons discuté ici même en novembre nous semble positive. Cela touche bien évidemment au logement et à la recherche de solutions aux exigences de solidarités financières entre collectivités. Nous sommes favorables à cette idée d’aller vers une charte de développement qui mettrait de la cohérence entre les multiples projets des collectivités et qui devrait décliner territorialement des orientations d’ensemble et notamment celles actées par le SDRIF.

Pour conclure!! Je voudrais simplement dire que nous savons que les diverses forces politiques ne portent pas les mêmes visions, les mêmes priorités, les mêmes conceptions sur le devenir de la Région et de son cœur métropolitain. Pour ce qui nous concerne, c’est l’ambition d’une grande métropole mondiale, solidaire, ardemment mobilisée contre les ségrégations de toute nature, inventive dans les formes urbaines qui permettent la qualité de vie et la satisfaction de l’exigence écologique qui nous mobilise. Dans tous les cadres existants et à construire c’est cette vision là qui motive notre implication.

Nous sommes convaincus que la reconnaissance de l'échelle métropolitaine en articulation avec les cohérences régionales et la démocratie locale est un atout pour tous les défenseurs ne projet d'un devenir progressiste de notre Région.

Nous attendons du syndicat mixte qu’il permette d’avancer cette direction. C’est pourquoi nous voterons sans tergiversation l’adhésion de la Région.