François LABROILLE, conseiller Régional, Président de la commission, ouvre la 3ème séance de la Commission « Sécurisation des Parcours Professionnels » en rappelant que dans le prolongement des précédentes réunions, celle-ci a pour but d’observer des expérimentations concourant à la sécurisation des parcours professionnels des personnes lors des transitions, par la mise en œuvre de partenariats à un niveau territorial. Il rappel l’ordre du jour :

 Présentation du dispositif « Pacte pour l’emploi et le développement économique » par Will LECHALLIER de la Délégation territoriale pour l’emploi et le développement économique de la Région.

 Présentation du dispositif Régional « dialogue social territorial » avec l’exemple de partenariat de « Dialogue Sénart Val de Seine » par Nadia BEAUMEL, chargée de mission au sein de DSVS, Isabelle BOUQUET Secrétaire générale de l'Union départementale CFDT 77, et Didier DUGAST, Directeur de la maison de l’emploi et de la formation de Sénart.

 Présentation d’un projet partenarial et expérimental de sécurisation des parcours « PISTE » sur la Plateforme de Roissy, par Daniel JAECKLE, directeur du GIP Emploi de Roissy, Armel GUILLET du Fongecif IDF, et Fanny CHAUVEAU de la DDTEFP de Seine et Marne.

Premier point : présentation du dispositif « PACTE pour l’emploi et le développement économique »

Will LECHALLIER (CRIF UD DTED) précise que les travaux préparatoires à l’élaboration du SRDE francilien, (adopté en octobre 2006), avaient clairement fait apparaître l’insuffisante territorialisation de l’action de la Région en matière de soutien au développement économique, à l’emploi et à la formation. Cette insuffisance se doublait d’un manque de lisibilité et d’efficacité de l’action des différents acteurs publics sur le territoire lié à un défaut de coordination de l’ensemble des acteurs. Afin d’y remédier et de mettre en œuvre les axes stratégiques définis dans le SRDE, notamment celui visant à mieux lutter contre les inégalités en renforçant la cohésion sociale et territoriale, un rapport-cadre « Emploi et Territoires », adopté par le Conseil Régional en septembre 2007, a créé les « Pactes pour l’emploi, la formation et le développement économique ». Il signale qu’il s’agit d’un nouveau dispositif, qui permet une contractualisation (sur plusieurs années) entre la Région Ile-de-France et des partenaires locaux. Ce contrat permet une offre de services intégrée coordonnant l’ensemble des dispositifs existantes (emploi, formation, création et développement des entreprises, appui aux filières locales …). L’enjeu pour la Région est de lutter contre les inégalités en renforçant la cohésion sociale au niveau d’un territoire et en améliorant la coordination des multiples acteurs locaux du développement économique, de l’emploi et de la formation professionnelle. La Région envisage de signer 50 Pactes à l’horizon 2010. Ce sont, en priorité, les groupements de communes, communautés d’agglomération, syndicats d’agglomération ou, à défaut, des structures de l’emploi, porteuses de service public (Groupements d’Intérêt Public, Maisons de l’Emploi et de la Formation, Comités de Bassin d’Emploi, PLIE …) ou des structures d’intermédiation économique implantées localement, qui peuvent signer le Pacte avec la Région. Pour être éligibles, les Pactes doivent répondre à plusieurs objectifs, à savoir : la création ou le maintien de l’emploi sur un territoire donné, le développement économique dudit territoire, répondre au caractère partenarial de la démarche en associant les partenaires publics et privés, le respect d’une démarche de projet constitué de 5 phases successives (la préparation d’un diagnostic partagé, l’élaboration d’une stratégie, la construction d’un plan d’action et d’une programmation précise (calendrier, plan de financement …), la mise en œuvre et le suivi du plan d’action, la réalisation d’une évaluation).





François LABROILLE demande à Will LECHALLIER en quoi les Pactes participent à la sécurisation des parcours professionnels des habitants des territoires dans lesquels la Région a signé des Pactes.

Will LECHALLIER (CRIF UD DTED) précise qu’à ce jour aucun PACTE n’a encore été signé, mais que seules des intentions de signature ont été signalées par des partenaires. Pour répondre à la question, il signale que les Pacte participent tout à fait à la sécurisation des parcours professionnels car la contractualisation et le partenariat d’action permettent de mieux répondre aux sollicitations, notamment des demandeurs d’emploi qui rencontrent de nombreuses difficultés dans leurs démarches (relation avec les prescripteurs, stages de remise à niveau, travail en groupe ….). L’objectif pour ce public en difficulté est de mettre en œuvre avec l’ensemble des acteurs de l’emploi et de la formation un accompagnement individualisé vers et dans l’emploi.

François LABROILLE en évoquant la multitude des partenaires concernés demande si Will LECHALLIER peut prendre en exemple le projet de Pacte de « Plaine Commune » pour que l’on comprenne mieux les enjeux par rapport à la sécurisation des parcours professionnels.

Will LECHALLIER (CRIF UD DTED) confirme qu’il existe bien un projet de Pacte avec « Plaine Commune », qui englobe un périmètre de 8 villes (soit 350 000 habitants). Il précise qu’il s’agit de mener un travail sur l’attractivité du territoire et de se demander comment favoriser l’embauche des demandeurs d’emploi du territoire dans ce même territoire. Les premières analyses permettent de constater que l’offre de formation est importante (notamment avec 2 pôles universitaires), que la relation avec les entreprises du territoire (SUEZ, SNCF, RATP …) a permis la mise en place d’un groupe de travail Emploi-formation, dont l’objectif est de mettre en place des dispositifs de formation pour les demandeurs d’emploi, en adéquation avec les besoins des employeurs locaux. Tout cela devant déboucher sur des résultats concrets, en termes de retour à l’emploi, et donc de sécuriser les parcours des actifs.

Guy TRESALLET (FSU) signale, au sujet des diagnostics, que l’Education Nationale ne joue pas son rôle pour sécuriser les parcours des jeunes vers l’emploi, car même si le rôle de l’Education Nationale n’est pas de répondre qu’aux besoins d’emploi des entreprises, il faut absolument qu’elle adapte son offre sur les territoires. En effet, sur ce dernier (« Plaine Commune »), plus de 70% de l’offre de formation en lycée sont des formations qui ne correspondent pas du tout aux besoins des entreprises. Il y a de nombreuses possibilités d’emploi depuis plusieurs années, mais pas de filières de formation en lycées correspondantes, donc les entreprises embauchent des jeunes provenant d’autres quartiers, souvent plus éloignés et surtout moins en difficultés. Il demande comment est prise en compte la représentation des salariés dans les Pactes, puisque les représentants patronaux ont l’air d’être dans la boucle. Il souhaiterait également savoir si l’Education Nationale a été interpellée pour également participer à la mise en œuvre des Pactes.

Will LECHALLIER (CRIF UD DTED) répond que la mise en oeuvre du dispositif nécessite un travail important et de nombreuses rencontres pour rassembler les partenaires d’un territoire autour d’un projet commun, et les partenaires sociaux participent en général à ces réunions. En ce qui concerne le Pacte de Plaine Commune, c’est Monsieur Christian JARRY, représentant l’Académie de Créteil qui suit la mise en oeuvre.

Angélique HENAUX (OREF IDF) signale que l’OREF IDF participe aux travaux de la phase 1 : le diagnostic territorial partagé. Elle s’est rendue compte que le diagnostic et les analyses qui en découlent sont bien meilleures s’il y déjà des habitudes de travail en commun entre les différents acteurs. Le diagnostic fait l’objet d’une étude détaillée des éléments rapportés (renseignements statistiques de base sur le développement économique et l’emploi sur le territoire, forces, faiblesses, opportunités, menaces du territoire, jeu d’acteurs sur le territoire, moyens publics déjà mobilisés sur le territoire). Pour le futur Pacte de Plaine Commune, l’OREF fournit également la méthode de travail pour que le diagnostic soit le mieux possible partagés par l’ensemble des acteurs du territoire.

Catherine LAPEYRE (DRTEFP) voudrait savoir comment les services de l’Etat sont associés à la démarche.

Will LECHALLIER (CRIF UD DTED) répond que les services de l’Etat sont toujours sollicités pour participer aux différentes réunions organisées par le porteur et par la Région. Il signale que pour le Pacte de Plaine Commune, la DDTEFP de Seine-Saint-Denis a émis un avis, et que l’ANPE et la DRIRE ont participé aux différents groupes de travail. Pour ce qui est du Pacte d’Orly, la présence de l’Etat a été très forte.

Didier DUGAST (Maison de l’emploi et de la formation de Sénart) apprécie avec l’arrivée des Pactes, l’implication de la Région dans les territoires. C’est une approche à la fois transversale et globale. C’est pour lui une véritable avancée, et un véritable enjeu quant à l’implication de la Région, notamment par rapport aux Maisons de l’emploi et de la formation.

Will LECHALLIER (CRIF UD DTED) signale qu’il s’agit d’une mise en cohérence de différents dispositifs de la Région et d’autres partenaires pour répondre à la problématique de chaque territoire, à travers un plan d’action partagé.

François LABROILLE souhaite savoir quel est l’élément le plus positif de cette expérience. Qu’est-ce qui marche ? Qu’est-ce qui ne fonctionne pas ?

Will LECHALLIER (CRIF UD DTED) signale que, sans aucun doute, l’aspect le plus positif de la mise en œuvre des Pactes dans les territoires est la réunion de tous les acteurs autour d’une même table pour travailler sur un plan d’action commun, comme, par exemple, la sécurisation des parcours ou la GPEC territoriale ou encore sur le dialogue social, ce qui fut loin d’être facile. Puis il évoque le futur Pacte de Clichy/Montfermeil, où la population ne dispose même pas des dispositifs de droit commun. Tous les acteurs ont vraiment envie de travailler ensemble à un plan d’action, mais le problème sera les moyens mis à disposition par les acteurs et les financeurs.

Henri MARICHEZ (FO) signale qu’il n’a pas vu les moyens mis en face des actions par les uns et les autres, et s’inquiète sur le fait que l’on cherche continuellement la caution des partenaires sociaux sur des projets très théoriques qui ne mettent jamais en phase les attentes, les besoins et les résultats.

René DELALANDE (FSU) se demande si les Pactes ne devraient pas s’adresser en priorité aux territoires les plus en difficulté plutôt que de répondre à la demande. Il trouve que la démarche qui consiste à répondre aux sollicitations des territoires n’est pas très volontariste de la part du Conseil Régional, car ce ne sont pas les plus défavorisés qui candidatent.

Will LECHALLIER (CRIF UD DTED) répond que le principe central du dispositif est de travailler avec des partenaires volontaires et motivés. Il est donc difficile de mettre en œuvre une dynamique partenariale sans la sollicitation des partenaires, malgré tout, il signale que plusieurs projets sont en cours de négociation pour 2009, avec Grigny, Val-de-France, Sénart, et Marne-la-Vallée.

Daniel JAECKLE (GIP Emploi de Roissy) signale que la zone géographique couverte par le pôle de Roissy est riche ; mais qu’autour de Roissy, à quelques kilomètres seulement, on ne trouve pas moins de 14 ZUS avec un taux de chômage très élevé.

Guy TRESALLET (FSU) déclare qu’il y a des différences énormes entre les territoires qui créent et entretiennent des inégalités importantes. Il ne voit pas bien à travers ce dispositif quels sont les outils opérationnels à disposition de la Région pour lutter contre les inégalités territoriales. A partir de ce constat, il se demande que fait le Conseil Régional pour ces territoires qui ne sollicitent pas de Pacte avec la Région.

2ème point : présentation du dispositif régional « dialogue social territorial » avec l’exemple de partenariat de « DIALOGUE SENART VAL DE SEINE » par Nadia BEAUMEL, Chargée de mission au sein de DSVS, Isabelle BOUQUET, SG de l’Union Départementale CFDT 77 et Didier DUGAST Directeur de la Maison de l’emploi et de la formation

Nadia BEAUMEL (DSVS) présente l’historique et l’ambition de l’association « Dialogue Sénart Val-de-Seine ». Cette association a été créée à partir d’un constat établi par la CFDT 77. L’objectif est de donner aux salariés, notamment des PME (la particularité de ce territoire est qu’il est composé à 90 % d’entreprises de moins de 10 salariés), et aux entreprises un lieu de dialogue avec un objectif partagé de « sécurisation des parcours ». Le constat était clair, on disposait de nombreuses offres d’emploi sur le territoire, mais de peu de demandes. Les PME du secteur désiraient fidéliser leurs salariés et gagner en attractivité. Les missions de DSVS sont : - apporter des réponses concrètes à des besoins communs aux salariés et aux entreprises, - permettre à tous les salariés d’être bénéficiaires de dispositifs de formation pour évoluer dans leur entreprise, voire sur le territoire, - permettre à l’employeur d’identifier ses besoins en compétences, - mettre à la disposition des adhérents et de leurs salariés des avantages sociaux, - développer la prévention des risques professionnels, - proposer de nouveaux modes de garde, - construire des réponses sur les transports, - mettre en place une plateforme RH pour les TPE/PME. Des partenariats sont essentiels pour rendre opérationnelles les actions, ainsi deux conventions de formation avec l’AGEFOS PME IDF et OPCALIA, qui visent à donner un accès à la formation à un plus grand nombre de salariés des TPE de Sénart, ont elles été signées.

Isabelle Bouquet, (Secrétaire générale de la CFDT 77 et vice-présidente de l’association paritaire DSVS) signale que l’association DSVS fonctionne sur la base de groupes de travail thématiques, dont un est dédié à la formation et dont le chef de file est la CFDT. Au sein de ces groupes de travail sont également présents des chefs d’entreprise. A partir de l’enquête employeurs initiée par Sénart Entreprises (association de 94 chefs d’entreprise de la zone) ainsi que du diagnostic sur la formation réalisé par la CCI 77 et l’AGEFOS PME dans le cadre de l’observatoire de la MDE de Sénart, et de l’enquête auprès des salariés initiée par DSVS, l’association DSVS a voulu construire des réponses pour permettre l’accès à la formation des salariés des TPE/PME. Le membre de DSVS sont partis de constats partagés sur la base des enquêtes et diagnostic précités : à savoir que - le territoire de Sénart a le plus bas niveau de qualification du 77, - sur les 2800 entreprises du territoire 2200 ont moins de 10 salariés, concentrant 28 000 emplois, - les salariés n’ont bénéficié d’aucune action de formation, à part la formation de prise en main de leur poste de travail, voire pour quelques uns une formation de perfectionnement, - plus de 95% des salariés interrogés n’ont jamais eu d’entretien professionnel, - ils ne connaissent ni le DIF, ni le CIF, - pour eux les premiers freins à l’accès à la formation sont la méconnaissance des dispositifs qui leur sont accessibles, l’éloignement, le coût, et l’organisation du travail, - pour les employeurs, les freins au départ en formation sont : la non perception de l’intérêt de la formation pour l’entreprise, le remplacement du salarié pendant la session et le coût. L’association DSVS a voulu travailler avec les 2 OPCA interprofessionnels, OPCALIA et AGEFOS PME, afin de trouver des solutions pratiques permettant de lever le maximum de freins. De plus, il semblait impensable de ne travailler qu’avec un seul réseau car l’avenir de la formation professionnelle devra passer par une fusion d’opérateurs afin d’atteindre une masse critique suffisante pour assurer les enjeux de la formation. L’association DSVS a donc voulu traiter en même temps le public « employeurs » et le public « salariés » afin de créer une vraie dynamique d’entreprise autour de projets de formation. L’expérimentation que mène l’association DSVS consiste à permettre aux employeurs de mesurer en quoi la formation est un investissement pour assurer la pérennité de l’entreprise via l’évolution des compétences de leurs salariés afin d’être en capacité de pouvoir toujours suivre les évolutions des marchés. Pour cela l’association DSVS a identifié les formations dont ils peuvent être bénéficiaires, dispositif qui peut évoluer en fonction des demandes. L’association DSVS part du postulat que lorsque le chef d’entreprise a pu mesurer pour lui-même le bénéfice de la formation, il en sera le meilleur ambassadeur auprès de ses salariés. Pour lever le frein de l’éloignement, l’association DSVS a demandé aux 2 collecteurs de réaliser les formations sur le territoire, voire in situ par mutualisation des demandes de formation sur un même thème, voire même par e-learning (dispositif proposé uniquement par OPCALIA). Pour lever le frein du coût, l’association DSVS a demandé aux 2 collecteurs de mutualiser les fonds collectés, permettant ainsi aux TPE de bénéficier d’une tarification suffisamment attractive (84€) pour qu’elle permette l’engagement en formation. La sécurisation des parcours est à ce prix. C’est ce que l’association DSVS a obtenu grâce à deux conventions, l’une avec OPCALIA pour les entreprises de 10 à 49 salariés et avec AGEFOS PME pour les moins de 10. Ces deux conventions ont été conclues à titre expérimental sur 1 an, pour que l’association DSVS puisse en faire un bilan et voir comment le dispositif peut être poursuivi et si nécessaire évoluer. L’objectif est de permettre l’accès à la formation aux salariés qui en sont le plus éloignés, qui en sont le moins bénéficiaires, et qui, de ce fait, en cas de rupture avec l’entreprise, se trouvent en situation des plus difficiles pour se retrouver en situation d’emploi. Ce travail de diffusion et de lien entre le chef d’entreprise, les salariés et DSVS est assuré par une chargée de mission que l’association DSVS a pu recruter dans le cadre d’un Emploi tremplin, qui correspond à l’investissement de la Région dans le projet.

Henri MARICHEZ (FO) tient à saluer le travail de mutualisation des deux OPCA.

Didier DUGAST (Maison de l’emploi et de la formation de Sénart) signale que cette expérimentation concourt réellement à sécuriser les parcours professionnels. Déjà les premiers effets se font ressentir à la Maison de l’emploi et de la formation de Sénart. Il signale qu’une convention a également été signée avec le Fongecif pour développer le congé individuel de formation dans les PME du secteur. La MDEF de Sénart discute également actuellement pour la mise en place d’une « plate forme ressources humaines » avec le concours du Conseil Régional. Ce qui reste pour lui le point fort de la sécurisation des parcours sur un territoire, c’est bien ce qui se passe à Sénart, et notamment la mutualisation des outils, des moyens, et surtout le travail avec les partenaires sur les co-financements possibles pour la formation professionnelle continue. C’est sûrement ce dernier point le plus difficile. Pour Sénart le message est clair ; « la mutualisation des moyens à travers le dialogue social, objectif l’emploi des demandeurs d’emploi » On peut d’ailleurs penser à dupliquer ce genre d’opération à d’autres Maisons de l’emploi qui s’intéressent de très près au dispositif.

Sarah EL QAISI (CRIF UD Emploi) déclare que la Région soutient les rencontres entre les partenaires (elle est l’animateur de ces rencontres). Elle peut contribuer au financement à condition que les actions réunissent des partenaires sociaux autour d’un projet commun ; ainsi elle finance un Emploi tremplin pour animer l’association paritaire DSVS.

Christian BORDERES (UPA IDF) s’étonne que la Région ait associé le Medef et la CGPME, mais pas l’UPA, alors que la grosse majorité des entreprises adhérentes à l’association DSVS sont des TPE.

Isabelle BOUQUET, (Secrétaire générale de la CFDT 77 et vice-présidente de l’association paritaire DSVS). Signale que l’UPA a été plusieurs fois sollicitée, mais n’est jamais venue participer aux travaux.

Didier DUGAST (Maison de l’emploi et de la formation de Sénart) signale que c’est vraiment un souci, car il y a également beaucoup d’entreprises du secteur de la métallurgie, et l’UIMM n’est pas non plus venue. Il pense que c’est un peu par méfiance, et qu’il faudrait rassurer ces partenaires.

Christian BORDERES (UPA IDF) pense que c’est plutôt un problème de moyens.

Isabelle BOUQUET, (Secrétaire générale de la CFDT 77 et vice-présidente de l’association paritaire DSVS) déclare que la CFDT envisage de démultiplier cette expérimentation sur de nouveaux territoires et pour cela elle a demandé une aide au Fond Social Européen (FSE) sur le thème de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC).

François LABROILLE conclut ce second sujet en précisant que la façon dont s’enchaînent les éléments est intéressante pour la réflexion générale, mais également pour les futures préconisations à proposées au CCREFP plénier.

3ème point : présentation d’un projet partenarial et expérimental de sécurisation des parcours « PISTE » sur la Plateforme de Roissy par D. JAECKLE, Directeur du GIP Emploi de Roissy

Daniel JAECKLE (GIP Emploi de Roissy) rappelle la genèse du GIP Emploi de Roissy : fédérer les acteurs et générer des projets communs : un projet de MEDF avorté, un Contrat d’Etude Prospective Territoriale (CETP) … Il liste les six collèges qui constitue le GIP emploi : Un collège « Etat », un collège « Collectivités locales », un collège « Organismes Accueil et structures d’intermédiation », un collège « Entreprises », un collège « Acteurs économiques » et un collège « Organisations syndicales ». Il explique la composition du groupe de travail sur la sécurisation des parcours professionnels, qui comprend l’ANPE, l’AFPA, AIR EMPLOI, ASTROLABE Conseil, le FONGECIF, OPCALIA, l’AGEFOS, le FAFTT et le Conseil Régional. Daniel JAECKLE regrette que la relation de travail avec la Région ait été interrompue du fait du départ du délégué territorial. Il précise ensuite les données de cadrage pour le travail du groupe :

 Daniel JAECKLE (GIP Emploi de Roissy) déclare qu’il a fallu construire un nouveau cadre organisationnel ayant comme enjeu de produire du droit commun dans une logique d’accès libre à des services et des prestations, d’ajustement territorial O/D/Q et de gestion maîtrisée des parcours. L’objectif de la démarche est de faciliter et accompagner les mobilités professionnelles dans une logique de GPEC sur le pôle de Roissy. Il a donc fallu mobiliser les ressources disponibles, mutualiser et coordonner les prestations et créer un pôle « Ressources ». Daniel JAECKLE explique le système territorial intègre trois phases :

la phase 1 : l’accueil et l’information consiste à informer les salariés de ce à quoi ils ont droit afin de leur assurer une autonomie d’action, la phase 2 : la guidance, le conseil : c’est l’orientation ou réorientation avec toujours le volet information et la dernière phase: l’accompagnement et le suivi qui peut s’avérer plus délicat pour certains publics par une prise en charge plus lourde. Il termine son exposé par le « processus d’expérimentation » qui se base sur trois grand thèmes : la formalisation du cadre d’action (Protocole d’accord Conseil Régional, la dynamique partenariale, les chantiers et leur mode d’organisation, l’agenda de travail), la production d’accord (l’accord Fongecif, l’accord DDTEFP de Seine et Marne via CPE, et le partenariat avec AFPA), et la promotion du dispositif de sécurisation des parcours : communiquer avec les partenaires sociaux/CCI, organiser le débat avec OPCA, inscrire le projet dans le dispositif régional « Soutien aux expérimentations ».

Armel GUILLET (Fongecif IDF) déclare que qu’au vu du travail et des échanges dans ce groupe de travail du GIP emploi , il existe une vraie logique territoriale de sécurisation des parcours professionnels, notamment auprès des publics non informés de leurs droits en termes de formation ou de mobilité professionnelle. Le Fongecif imagine des actions et des moyens à mettre en complémentarité avec la démarche des autres partenaires et principalement autour des CDD, afin de sécuriser un peu plus leurs parcours et favoriser leur accès à la qualification par des actions concrètes. Le Fongecif désire capitaliser, à partir de cette expérimentation, sur des territoires avec des structures relais en termes de lieu d’accueil répondant à des critères de qualité, afin de donner aux salariés une meilleure visibilité sur les dispositifs en vue d’une démarche individuelle de construction de parcours et d’évolution professionnelle.

Fanny CHAUVEAU (DDTEFP 77) déclare parler au nom des 3 DDTEFP présentent sur le périmètre du GIP emploi. Elle signale que la thématique de la sécurisation des parcours professionnelle est inscrite depuis très longtemps dans les objectifs des trois directions départementales, notamment sur le thème de la VAE financée par l’Etat et le GIP, car la Région ne participe pas au financement. L’objectif est de développer la VAE directement dans les entreprises de la plateforme. Un second point très intéressant pour l’Etat (DDTEFP) est de mettre en œuvre des actions concrètes avec le Fongecif dans le cadre du CIF CDD et également de travailler sur l’accès à l’information des salariés des entreprises, qui en manquent cruellement. Elle pense que si l’on désire mieux sécuriser les parcours des salariés, il faut déjà mettre en œuvre des actions d’AIO qui leur soient destinées. Il y a également un gros travail qui est mené avec l’AFPA Stains sur les métiers en tension, afin de mettre en œuvre les formations spécifiques qui répondent aux qualifications demandées par les employeurs (identification de 4 titres professionnels). De plus, elle signale qu’il y a une réelle volonté de toucher l’intérim. Des actions concrètes sont envisagées sur le 1er semestre 2009.

François LABROILLE demande si le fait d’être organiser en six collèges est un point positif.

Daniel JAECKLE (GIP Emploi de Roissy) répond que le fonctionnement en six collèges est un des points forts du fonctionnement du GIP car il y a une vraie volonté de la part de chaque collège d’avoir un rôle opérationnel dans le GIP. De plus le GIP est maintenant le lien entre tous les acteurs pour rendre l’action concrète et opérationnelle : au moins on se rencontre, on se parle, on construit.

Michel PINCON (Rectorat de Versailles) trouve très intéressant que dans les collèges en place les opérateurs soient séparés des autres partenaires, à son avis c’est un gage de réussite.

François LABROILLE demande quelles leçons sont à tirer de cette expérience.

Daniel JAECKLE (GIP Emploi de Roissy) répond que la principale leçon est qu’il faut toujours travailler sur la mutualisation. Il explique qu’à partir du moment où la sécurisation des parcours professionnels est une compétence partagées, puisque l’on parle de sécurisation pendant les phases de transition, la mutualisation au niveau territorial permet des coopérations et des projets communs. Par contre la difficulté reste l’acceptation par les partenaires de cette mutualisation. Pour réussir, il faut aussi un dialogue purement technique au niveau des structures et des dossiers ; il faut aussi valider les montages, et pour cela le Conseil Régional devrait avoir une position centrale. Sur certaines fonctions, il faut faire travailler ensemble des OPCA : sur la mutualisation des moyens et surtout sur leur rapprochement avec les entreprises.

René DELALANDE (FSU) s’inquiète sur le fait que l’on ne parle pas dans ce GIP de la première sécurisation du parcours qui est celle des jeunes en lycées. Il désire savoir s’il a été étudié l’adéquation entre les formations proposées par l’Education Nationale dans un périmètre proche et les emplois proposés dans la zone. Il demande si des GRETA font partie du GIP pour proposer des formations aux entreprises.

Daniel JAECKLE (GIP Emploi de Roissy) répond que l’Education Nationale a une place dans le collège Etat.

François LABROILLE, conclut la réunion de la commission en faisant remarquer qu’encore aujourd’hui l’on voit bien qu’il faut mettre en œuvre des partenariats multiples pour atteindre l’objectif de sécurisation des parcours dans les moment de transition des parcours. Il remercie les invités pour les apports qui ont largement contribué aux échanges constructifs, et les membres de la commission pour leur participation. Il rappelle que la prochaine réunion de la commission aura lieu :

Le jeudi 06 Novembre 2008 de 14H30 à 16H30

Au Fongecif Île-de-France - Salle du conseil 2 ter boulevard Saint-Martin - Paris 10ème.