Deux articles ( Figaro et AFP) sur le grand pari des archi

Grand Paris : les propositions des cabinets français Valérie Sasportas

La crise rend encore plus nécessaire le Grand Paris, selon les architectes. 20 février PARIS (AFP)

Grand Paris : les propositions des cabinets français Valérie Sasportas 23/02/2009 | Mise à jour : 08:29

L'architecte Roland Castro souhaite mettre du «beau» dans les banlieues et propose un opéra au port de Gennevilliers . Cinq architectes français livrent au «Figaro» leur vision de la métropole de demain, conciliant qualité de vie et compétitivité.

Quel sera le nouveau visage de Paris ? Quinze millions d'habitants sont concernés. Les dix équipes d'architectes et d'urbanistes internationaux, chargées par Nicolas Sarkozy de concevoir l'agglomération parisienne du XXIe siècle, ont remis leurs copies jeudi au ministère de la Culture. Prochain rendez-vous, le « grand oral » du 12 mars au Conseil économique et social. «On ne sait pas ce que les politiques garderont, mais cela nous a passionnés», confie Didier Martin, coordinateur du projet Portzamparc. «Ce qui est intéressant est l'aspect complémentaire des dix équipes», souligne Yves Lion, mandataire du groupe Descartes. Et «la crise économique rend plus nécessaire encore de repenser l'agglomération parisienne», souligne l'architecte Roland Castro. Yves Lion, équipe Descartes :«On pourrait fabriquer une vingtaine de villes de 500 000 habitants en poussant à fond l'intercommunalité, afin de recréer un sentiment d'attachement au territoire. Il faut marier l'agriculture vivrière avec la construction, simplement en ­travaillant avec les délaissés (segments d'autoroute à l'abandon). On pourrait aussi réduire l'îlot de chaleur de 2 °C en rendant la forêt d'Ile-de-France active avec des plantations, à la fois piège à carbone et source d'économies.» Didier Martin, coordinateur du projet Christian de Portzamparc : «Une structure urbaine plus agréable sera un facteur de compétitivité internationale. Les gares du Nord et de l'Est fusionneront en une seule gare qui sera située vers Aubervilliers. La place laissée vacante fera la part belle à une coulée verte avec un front bâti, façon Central Park. L'autre projet est “l'Annulaire”, un métro au-dessus du périphérique qui permettrait d'aller vite et confortablement d'un bout de la métropole à l'autre.» Antoine Grumbach :«Nous souhaiterions aménager une ville linéaire, le long du fleuve jusqu'au Havre. Je travaille sur cette phrase de Bonaparte : “Paris-Rouen-Le Havre, une seule et même grande ville dont la Seine est la grand-rue.” Toutes les grandes métropoles internationales sont portuaires. La vallée de la Seine doit être l'élément identitaire de l'agglomération, réconciliant l'intensité urbaine et la proximité de la nature.» Roland Castro: «C'est un vrai projet de civilisation. Il s'agit de fabriquer une métropole dans laquelle il n'y a plus d'apartheid. Le rayonnement mondial de Paris est très lié à sa beauté. Nous voulons mettre du “beau” dans les banlieues, créer un opéra au port de Gennevilliers, et un quartier d'affaires à Vitry, sur une île artificielle.» Djamel Klouche :«Le Grand Paris doit prendre en charge la ville pavillonnaire. La voiture électrique obligera à penser des villes plus agglomérées, avec des rapports de proximité, au lieu des grandes voies actuelles qui renforcent l'effet périphérie.» Jean Nouvel :  l'architecte refuse de révéler quoi que ce soit avant le 12 mars. «Jusque-là, l'œuvre est en cours», argue-t-il. Il est l'un des seuls à parler de «tours » et à s'intéresser à Paris intra-muros.



La crise rend encore plus nécessaire le Grand Paris, selon les architectes Il y a 3 jours PARIS (AFP) — Les architectes-urbanistes chargés de réfléchir au Grand Paris ont rendu jeudi leurs projets au gouvernement, plusieurs d'entre eux, interrogés par l'AFP, soulignant que la crise économique rend plus nécessaire encore de repenser l'agglomération parisienne. Les dix équipes internationales, appelées il y a neuf mois par Nicolas Sarkozy à penser un "projet d'exception pour l'aménagement de la capitale française" avaient déjà commencé à lever un coin de voile sur leurs orientations en décembre. Ils présenteront en détail leur travaux lors d'un "grand oral" le 12 mars. Un débat public sera organisé le 17 mars au Théâtre de Chaillot. Les projets seront présentés au grand public à partir du 29 avril dans le cadre d'une exposition à la Cité de l'Architecture et du Patrimoine. Reste à savoir ce que les politiques décideront de faire de toutes ces suggestions sur la transformation à long terme de l'agglomération parisienne en une véritable métropole du XXIème siècle et de "l'après-Kyoto". Avec la crise, la réalisation du Grand Paris est devenue "encore plus urgente et indispensable", a déclaré Roland Castro, l'un des dix architectes retenus. C'est "l'occasion de sortir de la sinistrose", a-t-il considéré, en plaidant pour un Grand Paris multipolaire. Les projets pourraient être financés par "une grande souscription publique auprès d'épargnants-bâtisseurs", selon lui. Se référant à la politique de grands travaux du président américain Franklin Roosevelt dans les années 1930, l'architecte Antoine Grumbach a indiqué que "paradoxalement la crise peut être une opportunité" pour voir plus large et impulser une dynamique. Son projet vise à ouvrir la capitale sur la mer, en créant une métropole Paris-Rouen-Le Havre dont l'axe serait la Seine. Il envisage une ligne TGV mettant Paris à une heure du Havre. Et pourquoi pas une grande promenade cycliste le long des berges du fleuve permettant d'aller de Paris à l'estuaire de la Seine. "Sur le long terme, la crise va avoir pour conséquence une redistribution des cartes à l'échelle mondiale. Si on ne fait rien", Paris perdra du terrain, avertit Didier Martin, coordonnateur de l'équipe de Christian de Portzamparc. L'atelier propose un développement en rhizome, avec la création d'une grande gare internationale à Aubervilliers (nord de Paris). L'architecte Djamel Klouche pense qu'"il faut utiliser la crise comme un accélérateur de changement". Son équipe ne travaille pas sur "une logique de grands projets" mais cherche à développer dans la population francilienne la prise de conscience qu'elle habite désormais une métropole. "La conjugaison de la densité, de la mixité et de la diversité dégage une énergie, permet une mutualisation des moyens et donc une moindre consommation des ressources", selon lui. L'équipe de Jean Nouvel, qui n'a pas souhaité s'exprimer à ce stade, a travaillé non pas sur un projet global mais sur des scénarios, exemples de mutations possibles. Yves Lion et son équipe se sont attaqués aux conséquences du réchauffement climatique. Il propose d'augmenter de 40% la superficie des forêts autour de Paris. Quatre architectes-urbanistes étrangers ont également planché sur l'avenir de la capitale: le Britannique Richard Rogers, l'Italien Bernardo Secchi, l'Allemand Finn Geipel et le Néerlandais Winy Maas. Les dossiers ont été remis au ministère de la Culture, maître d'ouvrage de la consultation.

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