Le débat politique sur l’aménagement de la région Île-de-France

!!!!A l’écoute des territoires et de ceux qui les font vivre

Par Gabriel Massou , Conseiller régional d’Ile-de-France, Président du groupe Communiste, Alternative Citoyenne, Républicain et Parti de Gauche

Le débat politique sur l’aménagement de la région Île-de-France

A l’écoute des territoires et de ceux qui les font vivre

Par Gabriel Massou , Conseiller régional d’Ile-de-France, Président du groupe Communiste, Alternative Citoyenne, Républicain et Parti de Gauche

Après le travail collectif produit pour élaborer le Schéma régional de développement économique (SRDE) et le Schéma Directeur de la Région Île-de-France (SDRIF), l’approche des dix équipes d’architectes sur le devenir de la métropole parisienne de l’après Kyoto complète utilement ce travail, le bouscule et séduit par l’originalité et la qualité des idées.

Il est question de valeurs, de sens, de projets régionaux, de visions globales, de la vie dans les quartiers, de la diversité des populations, de développement durable, de crise climatique. En un mot, un discours très politique pour un résultat qui marie projets concrets et rêve.

Les questions du développement urbain, de l’aménagement de notre territoire doivent entrer en force dans le débat politique. Les travaux des architectes y participent.



Je m’en félicite.

Si les questions posées sont politiques, inévitablement elles s’imposeront dans l’affrontement entre la gauche et la droite, elles deviendront de plus en plus lisibles dans la confrontation entre une autre logique de développement que nous portons et les forces qui s’inscrivent dans le cadre capitaliste indépassable.

La droite ne s’y trompe pas. Le 7 avril à Vincennes, pas moins de dix ministres pour lancer les assises de l’Association des Maires d’Ile de France. Annonce d’une inauguration très médiatisée, le 29 avril, de l’exposition présentant les travaux des architectes par le Président de la République lui-même !

L’offensive est totale, globale et tous les moyens seront utilisés.

L’enjeu est de taille. Le capitalisme en crise cherche les moyens de relancer sa domination. Les Etats sont au cœur du dispositif : plus d’intervention pour mettre tous les moyens : finances, hôpitaux, justice, université, recherche, transports, territoires et individus au service des logiques privées et spéculatives.

Le projet du gouvernement pour l’Ile de France n’est lisible que dans cette recherche de cohérence globale.

Création d’Etablissements publics, dotés de tous les pouvoirs, sur les territoires « porteurs » permettant aux logiques de rentabilités capitalistes de se déployer sans entrave, laissant aux collectivités le soin de s’occuper des territoires délaissés. Création d’un Etablissement public spécifique aux infrastructures de transports desservant ces territoires, laissant le réseau du « peuple » au Syndicat des Transports d’Ile de France et permettant une entrée en force du privé via les Partenariats Publics Privés.



Sous une apparence d’intervention publique forte, ces choix sont cohérents avec ceux de ce gouvernement dans tous les domaines : se servir de la puissance publique pour dégager le maximum de terrain aux appétits privés.

C’est cette logique qui est à l’origine de la crise ! C’est une autre logique qui est à l’ordre du jour ici et dans le monde !

Nous refusons un développement « inégal » se résignant à la constitution de territoires ghettos, les pôles d’excellence technologique et résidentielle côtoyant des zones de relégation sociale et de sous-emploi. Une telle conception n’est plus tenable. Elle laisse de côté une grande partie du potentiel de créations d’emplois et de richesses de la Région. Elle a un coût élevé y compris pour les acteurs « performants». Elle s’est retournée définitivement contre la croissance.

Nous portons d’autres choix, d’autres logiques économiques, universitaires, sociales et écologiques, plus ambitieux pour le devenir de notre territoire car solidaires de tous nos territoires, de toutes les populations.

La chance de notre région c’est que toutes ses filières, transports et mobilité (dont automobile, transports collectifs et aéronautique et spatiale), optique et systèmes complexes, sciences de la vie (dont biotechnologies et santé), industries de la création (dont image et multimédia, mode, design, métiers d’art et industries culturelles), éco-industries, services à la personne, services financiers, tourisme et loisirs (dont hôtellerie et restauration), agro-alimentaire, s’engagent sur tout le territoire dans un nouveau type de croissance.

Conjuguer ambition économique, justice sociale, enjeux environnementaux et nouveaux pouvoirs des salariés et citoyens constituent le défi que nous relevons pour un projet partagé d’aménagement et de développement.

Car le cœur du débat est là. Le potentiel de notre région, c’est la mise en mouvement de toutes ses énergies, capacités, intelligences, de tous ses territoires avec leur identité, leur histoire, leur force dans le respect des populations et des élus.

Toute volonté, sous prétexte d’efficacité, d’éloigner les lieux de décisions des populations, de remettre en cause la richesse que représentent les milliers d’élus en Ile-de-France est réactionnaire.



De ce point de vue, les propositions du comité Balladur pour l’Île-de-France vont totalement à l’encontre des besoins actuels.

L’aspiration des territoires au « tous ensemble », pour penser leur devenir commun, pour créer des activités utiles, pour se former, pour partager les richesses, pour permettre à tous de répondre aux attentes des populations, est révélée par toutes les enquêtes d’opinion.

L’heure n’est pas à la construction de nouveaux murs, fussent-ils institutionnels, mais au contraire à rendre nos territoires, tous nos territoires, à ceux qui les font vivre : les populations et leurs élus.

L’heure est à un vaste débat démocratique pour qu’ensemble, populations, élus, experts, nous mettions l’avenir de l’Ile de France, l’avenir de la métropole parisienne au cœur du débat politique.

Si de la Région Île-de-France à Paris, aux départements, communes, intercommunalités et lieux de travail nous en avons la volonté, je suis certain que nous pouvons engager un mouvement de résistance, porteur d’enthousiasme, d’engagement, pour changer la vie des habitants ici et maintenant. Un mouvement porteur d’espérances pour les générations futures.

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