Conseil régional du 8-9 octobre 2009 Intervention CACRPG Adhésion de la Région au syndicat mixte autolib Par Lysiane Alezard Vote CACRPG : favorable. Monsieur le Président,

Le groupe CACRPG votera le rapport qui nous est proposé sur l’adhésion de la Région au syndicat mixte autolib ; même si nous avons des questions.

Il ne peut s’agir pour nous d’une adhésion sans nuances et sans conditions à un dispositif qui présente de nombreux attraits et de réels intérêts, mais pose aussi, à différents niveaux et en l’état du dossier qui nous est présenté, de nombreuses questions sur ses conditions de mise en œuvre, de gestion, et de fonctionnement.

J’aborderai tout d’abord les aspects qui, à nos yeux, apparaissent positifs dans le projet autolib, et justifient le vote favorable de notre groupe :

Nous pensons d’une part que, pour inciter et favoriser un basculement conséquent des utilisateurs de voitures particulières vers les transports en commun, il n’est pas souhaitable d’adopter une stratégie radicale de tolérance zéro contre la voiture.

Il est en revanche nécessaire de faire évoluer l’usage de la voiture et le rapport à ce mode de déplacement : c’est-à-dire faire de ce mode de transport un mode occasionnel, étant entendu que chacun peut être confronté, pour des raisons pratiques, à la nécessité ponctuelle d’utiliser une voiture – ce qu’aucun bus ou métro ne pourrait remplacer.

Des dispositions doivent donc être prises en ce sens.

Certes, des solutions intéressantes pour un usage plus économe et raisonné de l’automobile existent déjà, comme le co-voiturage et l’auto-partage.

Mais on peut voir dans le projet autolib une solution supplémentaire, d’une échelle plus importante, et donc potentiellement plus efficace, pour répondre à cette problématique de l’usage ponctuel.

C’est donc - en tout cas dans les principes - un point positif.

Un autre aspect stimulant du projet est, quant à lui, d’ordre économique :

Notre Région a récemment voté des mesures importantes concernant la filière automobile en Ile-de-France, axées sur l’innovation technologique, l’accompagnement des PME et la protection des salariés face aux mutations industrielles, tout en mettant l’accent, comme l’avait proposé le groupe CACRPG, sur le soutien à la recherche publique pour les véhicules du futur, ainsi que sur un système de formation capable d’anticiper les évolutions des métiers de l’automobile.

S’il s’agit bien pour nous de positionner l’Ile-de-France comme leader européen dans la conception, la production et l’usage d’une automobile plus économe, recyclable, et adaptée aux nouveaux modes de consommation urbains, tout en préservant et en développant l’emploi industriel régional, il nous semble que la mise en œuvre d’autolib peut constituer une véritable opportunité, de par le débouché qu’elle créerait, pour répondre à ces enjeux.

Le rapport nous indique que la Région pèsera pour que cette opportunité soit saisie, et c’est là un deuxième point positif.

Cependant, outre ces aspects favorables, je souhaiterais aussi évoquer certaines questions sur lesquelles notre groupe souhaite attirer votre attention pour que notre collectivité en soit porteuse au sein du syndicat mixte :

- la première concerne le mode de gestion : il est indiqué dans le rapport que le service autolib serait fourni dans le cadre d’une délégation de service public attribuée par le syndicat mixte. A nos yeux ce point mérite un débat quant au type de prestataire qui sera désigné, et plus précisément quant à l’opportunité de choisir une société commerciale similaire à celle qui est aujourd’hui en charge des Vélib, avec toutes les questions de rentabilité et de profit que cela implique, ou de s’orienter vers un prestataire de type associatif, plus conforme aux principes de l’économie sociale et solidaire que nous souhaiterions voir se développer.

- Ensuite, pour ce qui est des différents territoires concernés par ce dispositif, ou susceptibles de l’être, les éléments fournis font apparaître des disparités dans la zone agglomérée, notamment autour des gares, où l’on constate que le niveau de couverture risque de s’avérer insuffisant : nous regrettons que le rapport ne permette pas d’éclaircir ce point, et si la Région entre effectivement au syndicat mixte, elle devra y être particulièrement attentive et réfléchir aux aides possibles pour les communes les moins favorisées.

- Un autre doute porte sur les publics concernés, les tarifs appliqués et les conditions d’utilisation des véhicules : on peut à la rigueur estimer qu’un tarif de 5€ de la demi-heure soit accessible au plus grand nombre - quoique la question d’une tarification sociale pour ce dispositif doive être sérieusement posée - , mais à la condition que le temps de location ne soit pas passé dans les embouteillages… faute de quoi les tarifs risquent de devenir rapidement prohibitifs. Quant à la possibilité d’ouvrir les couloirs de bus, elle ne serait probablement pas sans impact sur la fluidité du trafic des bus… Là encore, des réponses étayées doivent donc être données.

- Enfin, une inquiétude réside dans l’estimation des coûts d’usage et d’entretien des véhicules, ceci d’autant plus que les technologies employées sont récentes et encore mal stabilisées : nous ne sommes donc pas à l’abri de défaillances techniques et de coût inattendus de ce point de vue, de même que pour l’entretien dû à l’usage courant et aux détériorations du matériel, sur lesquels l’expérience du Vélib devrait nous alerter.

Bien entendu, il s’agit simplement aujourd’hui de la participation de la Région au syndicat mixte. Je vous l’ai dit, nous y sommes favorables, mais dans la mesure où l’implication de la Région doit permettre une véritable cohérence du dispositif.

Je vous remercie