Tribune publiée dans l'humanité le 14 octobre 2009 Une autre région Ile-de-France est possible !

Par Patrick Braouezec Député, président de Plaine Commune

Tribune publiée dans l'humanité le 14 octobre 2009 Une autre région Ile-de-France est possible !

Par Patrick Braouezec Député, président de Plaine Commune

Une autre région Ile-de-France est possible !

Les dégâts humains liés à la crise et à la dureté de la politique gouvernementale se multiplient. C’est particulièrement le cas en Ile de France où coexistent d’un côté richesse et formidables atouts et de l’autre, souffrances et relégations sociales. J’ai la conviction qu’aucun des grands défis de demain, de l’impératif écologique aux solidarités collectives, ne pourra être relevé sans s’attaquer résolument à ce clivage destructeur. C’est le fondement du projet et du rassemblement de la gauche de transformation sociale et écologique que nous préconisons pour les élections régionales de 2010. Pour combattre les inégalités, les ségrégations et les discriminations, il faut que l’institution régionale soit un lieu de résistances plus fortes et d’innovations plus audacieuses en faveur de politiques publiques en rupture avec la logique libérale. Pour cela, il est temps de parler tout à la fois contenus et méthodes pour une construction commune.

Un projet progressiste L’approfondissement des crises économiques, sociales, écologiques et démocratiques exacerbe l’affrontement sur la conception du développement de la Région. L’offensive de Nicolas Sarkozy pour reprendre en main les pouvoirs en matière de transport et d’urbanisme correspond à la vision d’une métropole mondialisée fondée sur la compétition forcenée entre les territoires. Elle s’inscrit dans sa politique d’ensemble pour sauvegarder le capitalisme financiarisé et mobiliser la puissance publique au profit des intérêts privés. Elle laisse de côté une grande partie de la population, sacrifie l’emploi et esquive la crise écologique. Elle a un coût social insupportable. Parce que cette logique est à l’origine de la crise, elle n’est plus tenable. Une autre vision est nécessaire, celle d’une région et d’une métropole populaires, solidaires, ouvertes, démocratiques, écologiques, dynamiques et citoyennes. Le potentiel de notre région réside dans la mobilisation de sa population, en particulier de sa jeunesse, et de tous ses territoires. Son avenir est dans le dépassement des frontières qui ont opposé Paris et la « banlieue » et dans la valorisation de nouvelles centralités autour de territoires qui peuvent être autant de lieux de vie, de création et d’urbanité. Il nécessite l’exigence de la qualité urbaine et du droit effectif au logement, à l’emploi et à la mobilité pour tous. Il est dans une réorientation du développement économique qui s’appuie sur la formation et la promotion les capacités humaines et qui élargisse la place de l’économie sociale et solidaire. Il réside dans la vitalité démocratique, entre collectivités et dans la participation citoyenne, pour concevoir et mettre en œuvre de grands projets d’aménagement. Il repose sur une nouvelle dynamique associant l’ensemble des partenaires (habitants, associations, élus, entreprises…). Il est dans l’essor des coopérations avec les autres métropoles et régions du monde avec la perspective d’un véritable co-développement. Nous proposons cette perspective pour solidariser les territoires, redistribuer les richesses, et donner la priorité à la lutte contre les inégalités et les discriminations. Radicalité et responsabilités Une telle ambition suppose une nouvelle dynamique de rassemblement mêlant l’urgence de la radicalité et l’exigence de la responsabilité. Radicalité, car il faut faire plus et mieux que ce que le rapport des forces dans la majorité régionale a permis ces dernières années. Et face à cette nouvelle donne que constitue l’offensive tous azimuts de N. Sarkozy, de mise à mal des acquis sociaux, de contournement de la démocratie territoriale, de reconquête de l’Ile-de-France, il y a besoin d’une véritable rupture à gauche, plus déterminée à promouvoir intervention publique et services publics, à associer la lutte contre les inégalités et initiatives écologiques, mobilisation en faveur des quartiers populaires et soutien à toutes les mobilisations. Responsabilité, car il faut investir les lieux de pouvoir, pour y porter les exigences des mobilisations sociales, y assumer des choix de gestion, y affronter la détermination des grands choix collectifs.

Rassemblement

Il est impératif de réussir ce rassemblement de la gauche de transformation sociale et écologique avec une vocation majoritaire. L’ambition est de le réussir pour exercer des responsabilités politiques institutionnelles sans séparer le moment des luttes et le moment des urnes. L’objectif est donc de contribuer à rassembler au premier tour toutes celles et tous ceux qui sont sur une perspective de transformation : le Front de gauche avec le PCF, le Parti de gauche et la Gauche unitaire, le NPA, des réseaux militants comme la Fédération, des militants des quartiers populaires et des mouvements sociaux, mais aussi des militants du PS ou des Verts qui réfutent toute alliance avec le MoDem. Plus largement, elle est de donner la parole aux habitants.

De nombreuses prises de position intervenues depuis deux mois indiquent la possibilité de concrétiser une telle démarche. Mais rien n’est acquis. Nous devons tout faire pour que cette perspective réussisse. Elle est décisive pour améliorer et réorienter les politiques régionales et pour dégager une majorité de gauche et battre la droite au second tour.

Le temps est compté. Toutes celles et tous ceux que cette perspective motive doivent débattre dès à présent du contenu des politiques à développer en Ile de France, des propositions novatrices pour une région et une métropole solidaire, écologique et démocratique.

En regroupant nos forces, en promouvant une liste d’une gauche renouvelée et rassemblée, nous pourrons engager une campagne dynamique, imaginative, populaire et citoyenne capable de battre la droite et de changer la gauche.

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