Contribution des élu-e-s Alternative Citoyenneà l’AG de la FASE/AC du jeudi 14 janvier 2010

Nous sommes à un moment crucial des décisions à prendre sur notre engagement ou non en IdF avec la liste « Ensemble, pour des régions à gauche, solidaires, écologiques et citoyenne ».

Contribution des élu-e-s Alternative Citoyenne Nous sommes à un moment crucial des décisions à prendre sur notre engagement ou non en IdF avec la liste « Ensemble, pour des régions à gauche, solidaires, écologiques et citoyenne ». Le risque de voir dénaturer le rassemblement que nous voulons promouvoir est réel. La conclusion vendredi dernier de l’accord entre le PC et le PG se fait au détriment des autres composantes. La fin de non-recevoir opposée aux propositions de candidatures de la FASE en tant que telle et, si elle se confirme, l’élimination des communistes unitaires en tant qu’éligibles indiquent un tentative de veto à l’égard de notre mouvance. En même temps, les propositions faites aux Alternatifs, composante de la FASE, semblent les inclure à un accord national et régional (1 éligible tête de liste dans le 77). Dans ce contexte particulièrement difficile, celles qui sont faite aux élu-e-s Alternative Citoyenne – 4 éligibles sur 25 – demandent un examen approfondi et un traitement avant tout politique.

Pour nourrir le débat prévu en AG de la FASE avec Alternative Citoyenne, nous essayons dans ce texte de résumer notre démarche, de fournir les informations dont nous disposons et d’expliciter les critères politiques à partir desquels fonder une prise de décision collective.

I - Rappel et récit de notre démarche

Nous nous sommes engagés depuis plusieurs mois dans la préparation des régionales avec l’objectif d’y réussir un rassemblement de la gauche de transformation large, sur un projet de ruptures plus franches avec le libéralisme et avec une relation plus active avec le mouvement social. Nous l’avons fait avec l’héritage de l’expérience de la Gauche populaire et citoyenne et la capitalisation d’une expérience de 6 ans de mandat dont nous avons essayé de rendre compte dans un journal de 12 pages, sans en masquer les difficultés et sans en déprécier les acquis avec le groupe CACRPG. Nous avons pris l’initiative de réunions ouvertes en juillet puis le 1 er octobre pour soumettre cette démarche au débat et explorer les possibilités de réussir un rassemblement bien plus large que la simple réplique du Front de Gauche des européennes.

Dans cet esprit, nous sommes intervenus en novembre à plusieurs reprises par des déclarations publiques pour souligner les enjeux des régionales par rapport au sarkozysme et aux projets hyper ségrégatifs de la droite sur l’avenir de l’IdF. Nous avons souligné l’atout qu’aurait représenté la candidature de Patrick Braouezec. Nous avons décidé de travailler en étroite coordination avec la FASE, sans confondre les deux niveaux. Nous avons contribué ensemble à la tenue de la rencontre publique du 11 décembre à ST Ouen sur le thème « un autre région est possible » et nous avons lancé une « coopérative d’idées pour l’avenir de l’IdF » avec des réunions le 21 octobre, le 24 novembre puis le 9 janvier ainsi qu’une première publication en décembre. Nous avons ainsi dit notre volonté dans tous les cas de figure de mener « une campagne dans la campagne » pour être à la fois pleinement partie prenante d’une éventuelle campagne commune et exister avec notre identité et nos apports propres.

Malgré le refus du PC de reprendre la proposition de candidature de Patrick Braouezec, nous n’avons pas renoncé compte tenu de l’importance de battre la droite et de la nécessité de ne rien négliger de ce qui peut contribuer au rassemblement de la gauche de transformation, même si c’est encore de façon trop partielle compte tenu des décisions de la direction du NPA. Nous avons donc cherché à contribuer au mieux à l’élaboration d’une liste réellement pluraliste. Nous l’avons fait sur la base d’un mandat commun correspondant au souhait de 6 d’entre nous de poursuivre l’activité d’élu-e et sur la base des propositions élaborées avec la FASE en matière de conception de la campagne et d’équilibre global de la liste. Nous repères ont été la demande d’une animation partagée de la campagne, celle de 3 têtes de liste sur 8 hors Front de Gauche, celle 60 % d’éligibles pour le front de gauche et 40 % pour les autres composantes avec le souci d’assurer la représentation de la mouvance FASE mais aussi les unitaires du NPA, le MCQP etc…

Nous avons participé aux discussions multilatérales des composantes potentielles de la liste le 9 décembre, le 22 décembre, le 6 janvier. Nous avons participé aux groupes de travail successifs de décembre. Les tensions au sein du front du gauche ont empêché jusqu’à ces derniers jours une véritable négociation. Le Front de gauche nous a finalement proposé une rencontre le 9 janvier et nous y a présenté l’hypothèse de 4 éligibles Alternative Citoyenne, tout en nous précisant l’absence de propositions en direction de la FASE en tant que telle, abstraction faite de celle de la tête de liste pour les Alternatifs dans le 77. Nous avons différé notre réponse et Claire Villiers est donc intervenue au meeting du 10 janvier non pas en tant que tête de liste départementale de 2010 mais comme co-tête de liste de 2004 et actuelle VP du conseil régional.

II - L’état de nos informations.

Nous devons évidemment intégrer l’inventaire de la situation nationale qu’est en train d’établir la FASE. Pour l’Ile de France, les éléments connus ont été résumés dans le compte-rendu de notre rencontre avec le FdG du samedi 9 janvier.

Extrait du compte-rendu de la rencontre avec le FdG du samedi 9 janvier Proposition de 4 candidatures éligibles en citant les noms de Claire Villiers, François Labroille, Tarek Ben Hiba et disant que la proposition nominative sur la quatrième ne pouvait être faite à ce jour puisqu’elle est en discussion avec les secrétaires fédéraux.

La répartition des 25 de la façon suivante : 11 PCF + 5 PG + 2 GU = 19 soit 72 % pour le FdG

2 personnalités (Dreyfus de l’appel des appels dans le 92 et syndicaliste santé dans le 94)+1 Alternatif+4 Alternative Citoyenne = 7 soit 28 %.

Il a dit que pour la tête de liste du 92 il y avait contradiction entre le souhait de Claire Villiers et la demande du PG et que la proposition était de glisser Claire vers le 95.

Si l’on résume au niveau des têtes de liste Région PC avec Pierre Laurent Têtes de liste départementales : 2 PC (MG B 93 C Favier 94) ; 3 PG avec 91 DELAPIERRE,92 avec discussion qui continue avec FASE/AC alors que la proposition FdG est Pascale Le Néouannic, 75 Eric Coquerel ; 92 ou 95 Alternative Citoyenne (Claire Villiers) ; 77 Alternatifs :JF Pelissier ; 78 GU Céline Malaisé

Les éléments intervenus depuis ne sont pas faciles à établir factuellement, tant les informations sont mouvantes au gré des interlocuteurs et changeantes au fil des heures. La répartition d’ensemble des éligibles oscille autour des données suivantes. Le MCQP a renoncé en se considérant mal traité et avait annoncé qu’il revendiquait 3 éligibles ou rien. Comme la proposition du FdG en est restée à 2 éligibles, il a confirmé son retrait le 6 janvier. Les propositions de candidatures du NPA unitaires comme celle de Leila ne sont pas pour l’instant retenues par le PC mais une ultime tentative semble se discuter.

PC 12 PG 5 GU 1 Personnalités 1 FASE/AC 4 Alternatifs 1 Total 24

Par ailleurs, la composition nominative des projets de listes fait apparaître le rejet des candidatures en éligibles de la FASE. En ce qui Mouloud Aounit son éligibilité n’est pas aujourd’hui assurée même si le PC affirme rechercher une solution. (…) Ces données sont à vérifier et à actualiser.

III - Quelle appréciation ?

La décision de s’impliquer ou non est particulièrement délicate. Au gré des informations et des impressions, les intuitions peuvent changer et l’équilibre entre les arguments positifs et négatifs se modifier. Il nous semble qu’une décision ne peut relever ni d’une immersion dans la « cuisine » électorale ni de choix individuels mais doit d’abord reposer sur la prise en compte et la discussion collective d’un certain nombre d’éléments de nature politique. C’est au regard de la double perspective qui nous est commune - contribuer à une véritable recomposition de la gauche de transformation et peser sur le contenu des politiques régionales- que fondamentalement nous devons nous déterminer. On pressent bien que s’engager alors que l’espace accessible se rétrécit peut nous satelliser et donc nous paralyser. Inversement ne pas s’engager peut gravement nous marginaliser voire nous éliminer politiquement. Si l’on détaille un peu, quelques questions clés nous semblent devoir être traitées. Nous les livrons en vrac, telles que nous les avons abordées entre nous dans un échange le mardi 12 janvier. C’est en fonction de réponses que l’on y apporte et des éléments d’information intervenues depuis qu’une opinion peut se forger.

Comment apprécier le nombre d’éligibles de notre mouvance ?

Il est faible et inférieur aux sortants si l’on compare strictement les 7 ou 9 élu-e-s AC aux 4 + 1 éligibles. Il s’accompagne d’un refus des deux propositions nominatives les plus portées par la FASE et de la mise à l’écart de fait de candidatures CU. Il conduit en outre à des situations douloureuses de mise en concurrence des personnes. Mais il ne faut pas oublier que l’élargissement de la liste ne permet pas une reproduction à l’identique si l’on raisonne à nombre d’élus constants (24 sortants). D’ailleurs, cet élargissement du rassemblement devrait en principe conduire à celui du nombre d’élu-e-s et donc à raisonner sur plus de 24 ou 25. Et surtout, le dénombrement n’est pas qu’une affaire d’étiquetage. Certains des éligibles pressentis peuvent apparaître proches voire très proches de notre démarche politique. Sous cet éclairage, la dizaine est sans doute atteinte. Ce qu’il nous faut apprécier c’est de savoir si le poids de camarades décidés à peser de manière important pour changer les politiques régionales se renforce.

L’en engagement dans la campagne peut-il être une occasion de faire progresser ce que nous portons en termes de contenus et de pratiques politiques ?

Est-ce que c’est une occasion de partager avec beaucoup plus de militant-e-s notre démarche politique ? Ou bien devient-on simple caution, voire otages d’une liste étriquée ? Les réponses à ces questions sont pour partie des paris. La simple caution c’est le risque de se discréditer, maintenant et durablement. L’abstention ouvre le risque d’une nouvelle mise hors-jeu, peut-être fatale. Plusieurs de nos expériences – bien réussies ou pas - sont à verser au débat. Les chantiers de Claire sur « démocratie et travail » (300 militant-e-s et salarié-es de France télécom le 8 janvier sur « souffrance au travail ») , son travail avec les associations sur la semaines de l’égalité etc….sont des références que l’on ne veut pas rayer d’un train de plumes et de réels potentiels de voix. Pas plus que les acquis de l’implication sur le dossier « transports » ou « Sdrif » et « Paris-métropole », « Grand Paris ». . Mais il y a des domaines où l’expérience est moins probante. Si la relation mobilisations sociales/institutions est une clé pour l’avenir, mieux vaut-il s’impliquer ? Ou bien risque t-on en s’engageant de bâtir un leurre ?

Quelle influence dans le future assemblée régionale peut-elle ressortir de cette construction ?

Notre appréciation doit s’appuyer à la fois sur les éligibles FASE/AC, le poids des éligibles dans le groupe issu de la litse « Ensemble… » de militants porteurs de changements plus radicaux et le poids dans l’assemblée de militants proche de cett edémarche.

Un groupe conséquent issu de la liste « Ensemble… » représente-t-il un point d’appui pour dynamiser les politiques régionales dans le contexte actuel ? Ou bien l’enjeu est-il mineur ? Au-delà, la configuration de l’assemblée que l’on peut anticiper compte tenu de la composition des listes Europe Ecologie et PS permet-elle d’envisager un réel travail intergroupe ? Peut-on développer un travail transversal porteur de changements plus radicaux des politiques régionales ? Oui, quand l’on connaît un certain nombre d’élu-e-s attendu-e-s mais cela suppose de réellement changer les pratiques.

Quel est le meilleur choix du point de vue de l’enjeu général de la bataille vis-à-vis de la droite, de l’affrontement sur la conception du devenir de la métropole ? • Y être, peser, s’approprier informations et compétences pour en faire un bien politique commun mais au risque d’une simple illusion ? • Ne pas y être, et donc ne rien accompagner mais au risque de passer à côté d’enjeux essentiels et de passer à la trappe ?

Qui décide ?

Notre démarche, puisqu’elle est politique, conduit par principe à une décision collective. Mais le « collectif » est ici à la fois le groupe des élu-e-s Alternative Citoyenne et la FASE puisque c’est bien dans cette articulation que nous avons fonctionné jusqu’à présent. Nous avons la préoccupation d’une réflexion coordonnée qui préserve et consolide la capacité de la FASE à favoriser les démarches unitaires.

• La décision peut être convergente pour s’engager ou ne pas s’engager. • Elle peut être divergente avec un éventuel désaccord. • Elle peut être dissociée mais en assumant ensemble un choix différent.

IV - Quelle conclusion ?

Au moment où nous écrivons, les informations disponibles sont instables et les évolutions ultimes peuvent modifier l’appréciation, soit en détériorant les données connues soit en les améliorant. Il faut donc être mobiles jusqu’au bout, y compris pour explorer toutes les marges de discussion.

En première approche, et conscients des objections possibles, nous pensons que les arguments en faveur de l’engagement l’emportent si la perspective est bien de travailler les contradictions des forcs politiques existantes et de chercher à nourrir la démarche politique de recomposition de la gauche de transformation. Nous relevons en particulier trois critères pour nous déterminer: • atteindre un seuil critique de nombre d’élu-e-s, • pouvoir amplifier des pratiques novatrices, • nourrir la gauche de transformation des grands enjeux des politiques régionales et donc préserver une des capacités à élaborer une alternative.

Mais la FASE est confrontée à des tendances centrifuges qui peuvent la fragiliser entre reconnaissance par le FdG des Alternatifs et la négation des composantes des collectifs et des CU. Si le choix d’Alternative Citoyenne en rajoutait à cette fragilisation, ce serait particulièrement négatif. C’est pourquoi, si la FASE opte pour un retrait du processus en IdF compte tenu des conditions imposées par le PC et le FdG, le choix d’un engagement des élu-e-s d’AC n’aurait vraiment de sens que dans le cadre d’une décision coordonnée, mutuellement comprise, avec la perspective de contribuer à la consolidation du rôle de la FASE.

A partir de la discussion du mardi 12 janvier 2010

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