Mouloud Aounit

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mardi, mars 11 2008

Bravo à Hamou Bouakkaz

Mon coup de cœur ira à Hamou Bouakkaz, membre du cabinet de Bertrand Delanoé, qui a organisé une initiative d’une force pédagogique exceptionnelle pour faire tomber les préjugés à l’égard des handicapés. C’est ainsi que j’ai, durant près d’une heure et demie, sillonné les rues de Paris, pris le bus, dans le noir, les yeux bandés, avec comme tuteur un non voyant. Ce fut un moment d’angoisse mais de conscientisation sans égale de ce que c’est que la condition d’être non voyant durant une heure. Désormais, je hais les bornes empêchant les voitures de stationner. J’étais rouge de colère devant les motos stationnant sur les trottoirs et révoltés devant l’absence de signalisation sonore aux feux rouge. Désormais, jamais je ne regarderais un aveugle comme avant.

zéro plus zéro égale la tête à Momo

Même si il faut s’en réjouir, modestement, les listes pour ces élections municipales ont été un peu colorées. Cependant, le constat est implacable : comme l’avait écrit Vincent Geisser lors des élections législative : zéro plus zéro égale la tête à momo. Et oui, une fois de plus la diversité tant proclamée, tant vantée, tant attendue, n’existera pas pour ces élections municipales. Ainsi sur 37000 communes pas un seul maire issu de l’immigration des ex colonies ne pourra s’asseoir dans le fauteuil du premier magistrat d’une ville de France.

19 mars 2008

Participation à l’UNESCO à l’initiative du Paris du vivre ensemble. J'interviendrais dans le cadre du thème L’école à la rencontre de la pluralité culturelle

Site web : http://www.parisduvivreensemble.org/

12 mars 2008 à 17h30

Conseil d’administration du lycée d’Alembert à Aubervilliers.

11 mars 2008 à 18h

Conseil administration du lycée Paul le Rolland à Drancy.

10 mars 2008 à 18h

Conseil d’administration du lycée Henry Wallon avec le recteur de l’académie. Ordre du jour : le lycée Henry Wallon ébauche d’un projet de lycée d’excellence.

lundi, mars 3 2008

3 mars à 10h15 : Emission RFO sur le thème "Mayotte : une exception française ? "

Emission en présence de - Abdoul KAMARDINE, Fédération des Associations Mahoraises (F.A.M.) - Nasifdine MOHAMED, Président de l'Association des Formateurs de Mayotte en Métropole - Hassan JAFFAR, Journaliste et Président de l'Association Groupe de réflexion pour l'intégrité territoriale de l'Archipel des Comores

Le 3 mars à Vanvres

Le programme que nous présentons comporte 90 propo concrètes et réalistes, qui prennent à bras le corps les problèmes et environnementaux d'aujourd'hui comme les défis de demain. C' l'écologie. Pour le mettre en oeuvre, nous avons besoin d'une majorité n Pour que Vanves sorte de sa léthargie, que ses habitants voient choses évoluer positivement, pour que l'innovation entre à la mair donner un nouveau souffle à la démocratie, il faut du sang neuf.

         Venez discuter de tout cela avec nous le lundi 3 mars!

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Seine-Saint-Denis : Elections cantonales des 9 et 16 mars 2008 (Appel à soutien)

Je signe l'appel ci-joint et vous invite à le faire en envoyant un mail à cantonales2008@herve-bramy.com

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jeudi, février 21 2008

Discriminations ethniques en politique : colloque

Je participerai au colloque du dimanche 24 fevrier à 14 heures salle des Conférences place Salvador Allende Bagnolet M°Gallién

Faut-il imposer aux partis traditionnels la réalité de notre existence et se battre en leur sein pour être représentés a toutes les élections ou faut il créer nos propres listes et mouvements autonomes pour faire reconnaître nos expressions politiques ?

DISCRIMINATIONS ETHNIQUES EN POLITIQUE Noirs, Arabes, Asiatiques nous n'avons aucun élu en France métropolitaine, à l'Assemblée Nationale ou comme Maire qui soit issu de nos communautés.

Pourtant les noirs sont présents sur le territoire français depuis 400 ans, les arabes font partie de l'histoire commune depuis plus d'un siècle et aujourd'hui de nombreux français sont issus de cette histoire coloniale. Cependant le poids du racisme structurel hérité de l'ignominie de l'esclavage et du colonialisme formate encore la pensée des dirigeants politiques et d'une grande partie des électeurs. Le résultat est là : aucun Arabe ou Noir n'est tête de liste dans une circonscription ou cette liste a une chance d'être majoritaire. Bien sur certains peuvent être en position éligible sur des listes, et être élus conseillers municipaux. Bien sur tous ne seront pas les Arabes ou Noirs de « service » toujours chargés des « problèmes » de l'immigration ou des « quartiers », comme s'ils n'avaient de légitimité que sur ces sujets. Certains seront peut être chargées de missions plus variées. Cependant tous sont TOUJOURS considérés comme issus de minorités. Minorités « visibles » comme ont dit aujourd'hui. Par visibles il faut comprendre : qu'on montre pour prouver qu'on est pas raciste. Par contre pour ce qui est d'être tête de liste ! ! !Tous nous disent : « soyons sérieux, les électeurs ne sont pas prêts » ! ! !. La France qui considère sur le fronton de ses mairies que tous les Français sont libres égaux et frères ; accepte très bien qu'une partie d'entre eux soit toujours mineure politiquement et socialement.

Comment mettre cette France là face à elle même et affirmer nos droits dans le domaine politique comme dans tous les autres domaines ?

Faut-il imposer aux partis traditionnels la réalité de notre existence et se battre en leur sein pour être représentés a toutes les élections ou faut il créer nos propres listes et mouvements autonomes pour faire reconnaître nos expressions politiques ? Le Groupe Frantz Fanon Bagnolet vous invite à une rencontre débat avec : Mouloud AOUNIT (Condeiller régional Idf,MRAP) Louis Georges TIN(porte parole du CRAN) Abdelazziz CHAAMBI(DiverCités,CMF,MIR)

Dimanche 24 fevrier 14 heures salle des Conférences place Salvador Allende Bagnolet M°Gallién

Luc Besson qui ne se cantonne pas à de la palabre

Coup de cœur au réalisateur Luc Besson qui ne se cantonne pas à de la palabre sur les quartiers populaires mais agit vraiment et de manière noble et valorisante pour les quartiers populaires. C’est ainsi qu’on ne peut qu’applaudir la création de la cité du cinéma qu’il va installer à Saint Denis, cité où les studios, l’école de cinéma, les restaurants, les crèches, permettront, au-delà de l’ouverture de la haute culture à cette population, de créer des emplois et d’égayer ces quartiers. Après le stade de France, voici une belle réalisation qui grandit besson et les populations du 93.

Sarkozy et son « cadeau » empoisonné

Oser persister et signer en affirmant que faire porter la mémoire à un enfant de douze est un « cadeau » relève de l’insoutenable irresponsabilité. Donner à un enfant de dix ans la charge d’un mort, accompagner sa vie avec un assassiné dans des conditions atroces ne peut qu’appeler notre révolte. Cette opération, quelle que soit l’intention, relève d’une instrumentalisation de la mémoire de la Shoah. Pour preuve, au même moment, le premier ministre appelle à l’expulsion de mille sans papiers supplémentaires. D’un côté il y a des voix récupérées, et de l’autre, les immigrés ne votent toujours pas.

mardi, février 19 2008

Comité de pilotage de l’ANRU pour le site d’Aubervilliers

Mouloud AOUNIT, représentera le Conseil Régional Ile-de-France, au comité de pilotage de l’ANRU pour le site d’Aubervilliers.

Sur la période 2007-2013, la Région consacrera 344 737 500 € au renouvellement urbain, dont 116 425 000 € pour la Seine-Saint-Denis, et 9 330 150 € pour Aubervilliers (pour la rénovation des quartiers Maladrerie, Emile Dubois, Quatre Chemins, Secteur Nord).

mercredi, février 13 2008

Portrait par Luc LE VAILLANT dans liberation du 8 décembre 2003

Anti-racines, Mouloud Aounit

il faudrait retenir ça. La remise de l'ordre national du Mérite au fils aîné du menuisier de Kabylie. L'hommage de la République à Mouloud Aounit, secrétaire général du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), pour services rendus à une cause essentielle : l'anticommunautarisme. Didier Daeninckx, écrivain et ami de longtemps : «Il était pleinement heureux. Ça cicatrisait les plaies. Ça compensait le prix que ses parents avaient dû payer.»Lors des élections législatives

Il faudrait oublier ça. Un soir de novembre. Un débat public organisé par une association juive. A l'entrée, une dizaine de types casqués qui s'en prennent à Aounit. Qui lui balancent des injures et des coups de poing. Qui lui crachent dessus. «Les crachats, c'était ça, le pire.»

Le pire, c'est surtout que le mouvement antiraciste traditionnel se retrouve lui aussi gangrené par le conflit du Proche-Orient et par les fondamentalismes juif et musulman. Que le Mrap est suspecté de rouler pour Arafat, et la Licra, de défendre Sharon. Que des gens d'accord à 95 % pour lutter contre tous les racismes et pour que coexistent Israël et Palestine finissent par s'inventer des procès en antisémitisme ou en islamophobie. Le pire, c'est que des Français se trouvent renvoyés à leurs origines et qu'il leur faut s'arc-bouter pour ne pas glisser dans une régression insidieuse, dans une frilosité ethnique. Le pire, c'est que si Mouloud se prénommait Marcel ou Maurice, la parole du Mrap ne serait pas mise en examen permanent.

Aounit a le cuir solide. La militance vous tanne la couenne. Et l'hystérie groupusculaire, l'agressivité de tribune, il maîtrise. Il se définit comme «quelqu'un qui déclenche des attitudes tranchées, qui ne laisse pas indifférent, qui fonce et tant pis si ça ne suit pas, qui peut être autoritaire mais pas rancunier». Reste que les temps sont assassins. Il en convient. Il parle du «vent mauvais», «des murs qui se reconstruisent dans les têtes». Et le voilà parti à détailler ses convictions, sans crainte, sans précautions. Ce docteur en économie, longtemps proche du PC mais qui a «conquis son autonomie» (Daeninckx dixit) à mesure que le rouge a blêmi, reste un marxiste d'obédience stricte. Il raconte souvent cette anecdote fondatrice : son père qui, le dimanche, entretenait la propriété de son patron, pour «2,50 F de l'heure» pour pouvoir lui payer des cours particuliers de maths, «5 F les trois quarts d'heure». Aounit estime que le racisme naît de la misère économique et sociale. Il se refuse à dresser un hit-parade des haines, à mettre à part l'antisémitisme. Il dit : «Le racisme est un et indivisible.» Il dénonce les synagogues brûlées comme les dérapages de fins de manifs propalestiniennes, et il serait désastreux de ne pas lui en donner acte, de supposer qu'il ait pu traîner à réagir. Cela dit, il refuse de stigmatiser les beurs de banlieue, de leur faire porter tout le poids des haines résurgentes contre les juifs, contre Israël. Il estime qu'on exonère un peu vite l'extrême droite et que le racisme antiarabe demeure la détestation la mieux partagée. Ajoutez à cela qu'il est contre une loi sur le voile, qu'il prône le dialogue avec les gamines, qu'il estime que le texte de Ramadan «n'était pas antisémite», et vous comprendrez qu'il vaudrait mieux qu'il ne se nomme pas Mouloud pour tenir cette ligne, discutable mais pas déshonorante, sans se voir assigné à résidence dans le ghetto des déterminismes.

Il est, pourtant, l'exemple type des intégrations réussies. Années 60. Ils vivent à dix dans un trois pièces. Les parents sont analphabètes mais sacralisent l'éducation. «Tant qu'à l'école, ça allait, on pouvait faire toutes les conneries...» Il y a le cahier taché qu'on lui accroche dans le dos mais aussi un instit qui le prend en main et un troisième prix d'excellence, enrubanné de rouge. Le père fait ramadan, la mère prie, mais «il n'y a pas volonté de transmission» et, aujourd'hui, Aounit est strictement athée. L'été, c'est la colo, pas le retour au bled, trop cher. Il passe son bac au lycée Henri-Wallon, où les petites voilées Lila et Alma viennent de faire leurs 400 coups, à un jet de pierre de l'association d'insertion (25 salariés) qu'il dirige pour 3 000 euros mensuels. A 18 ans, il demande sa naturalisation, torpille l'improbable «rêve de retour» de son père, mais ouvre la voie à ses frères et soeurs qui deviendront conseil en gestion, infirmière, directeur de piscine, secrétaire, comptable, etc.

A mes débuts au MRAPPetit, son père l'entraînait aux meetings pour l'Algérie, aux collectes de fonds pour le FNL. Mais, vite, Mouloud francise ses intérêts et trempe ses convictions dans le bain d'acide d'Aubervilliers, ville ouvrière et mélangée. «Ville rude et tendre», selon Ralite, l'ancien maire communiste. «Ville qui, quand on s'en sort, vous transmet une énergie qu'il n'y a pas ailleurs», d'après Aounit. A Aubervilliers, il a voté PC ou Verts au premier tour, «jamais PS ou trotsk», a toujours travaillé dans l'associatif ou la fonction territoriale, et s'est marié avec une assistante sociale d'origine italienne. Ils ont deux enfants. L'aîné est trisomique. Il en dit : «Au début, ça a été dur mais c'est une véritable richesse. Mon combat contre tous les racismes, il est là aussi.» Il se définit comme un père assez autoritaire, «très exigeant sur l'école», même si, sur les sujets de société, il est plutôt libertaire : légalisation du cannabis, adoption par les homos. Sinon, il circule en 125, fait son footing le dimanche, soigne son élégance, aime le cirque et Zingaro, et jardine dans sa «bicoque» de l'Orne («j'ai la main verte»). Avant de repartir battre la campagne.

Car cela ne cesse jamais. Il faut dénoncer, réagir, assigner au tribunal au risque de participer à la victimisation ambiante, à la criminalisation des opinions. Le Mrap a porté le fer contre Oriana Fallaci, pas contre Houellebecq. Il admet : «Il ne faut pas confondre critiques et injures.» Il précise : «On a le droit de s'en prendre aux religions», mais il devrait s'interroger sur la pertinence du concept d'«islamophobie», qu'il a popularisé, et qui sanctuarise l'un des monothéismes. Il reconnaît que «traiter n'importe qui, n'importe quand, de raciste, d'antisémite ou de fasciste, est dangereux». Pourtant, il tient à la loi de 1972, à la loi Gayssot, à ces armes des faibles.

Et il y a encore l'affaire du préfet «musulman» annoncé par Sarkozy. Aounit refuse la discrimination positive mais voudrait qu'«on donne plus à ceux qui ont moins». L'immigration ? «On ne parle plus de codéveloppement. Il n'y a plus que des logiques ultrasécuritaires et ultra-utilitaires.» Les intellos ? Il est en manque de Bourdieu. Trouve que BHL a toujours été réglo. Regrette le revirement de Taguieff, ancien du Mrap, les bifurcations de Finkielkraut, dont il avait apprécié le Juif imaginaire.

Et toujours il lui faut relancer le débat. Histoire d'en finir avec les régressions communautaires. Pour pouvoir s'affronter à nouveau, entre citoyens libres et égaux.

Par Luc LE VAILLANT - liberation

lundi 08 décembre 2003