COnseil régional des 22 ET 23 juin 2006

Communication sur le SRDE (Schéma Régional de Développement Economique)

Dans le cadre de la communication de Daniel Brunel Vice-président au développement économique et de l'emploi sur le SDRE, Tarek Ben Hiba, au nom du groupe, est intervenu en séance pour soutenir l'engagement de la Région dans ce domaine. La communication que vient de nous présenter Daniel Brunel sur le SRDE est une nouvelle étape d'un débat que nous avions déjà bien amorcé voici un an en juin 2005. A l'époque nous avions souligné l'intérêt de la démarche proposée avec une conception d'ensemble centrée trois grandes préoccupations :

 celle de la dynamique recherche/innovation/Croissance, 
 celle de l'emploi, 
 et celle du développement durable.

Nous avions aussi relevé un certain nombre de questions appelant débat. Nous avions notamment insisté

 comment croiser les dimensions économiques, sociales et environnementales du développement durable ? 
 comment penser les possibilités de développer l'emploi en nombre et en qualité.

Nous avions également pointé les enjeux au niveau des inégalités territoriales et de l'ensemble des discriminations, de la sécurisation des parcours et des revenus, de la formation, du rôle de l'économie sociale et solidaire et de l'évaluation des dispositifs régionaux d'aides aux entreprises. Ces enjeux restent de pleine actualité. Où en sommes nous aujourd'hui ? Depuis juin 2005, le processus d'élaboration a été marqué par la conférence de l'emploi de l'automne dernier, par un certain nombre d'auditions et par des rencontres dans les départements introduites par un film identifiant les attentes des franciliens. Ces procédures ont permis une première consultation des acteurs économiques et sociaux. La promesse d'une démarche de démocratie a donc été suivie de premiers effets et nous nous en félicitons. Avec la communication de Daniel Brunel, nous faisons maintenant un point d'étape et nous délibérerons sur le document final à l'automne prochain. Venons-en plus au fond. La stratégie préconisée dans la communication vise - je cite - « un développement économique fort, durable et solidaire pour demeurer parmi les régions métropolitaines les plus dynamiques d'Europe ». Derrière cet énoncé nous retrouvons un souci plus affirmé d'articuler les préoccupations économiques, sociales et environnementales. Si l'on veut bien dépasser les effets de mode, nous savons que c'est un défi que personne ne peut aujourd'hui esquiver. Et du coup, le parti pris par la communication du contenu en emploi de la croissance, de sa capacité à réduire les inégalités et de son caractère soutenable en terme écologique nous paraît préciser très utilement la conception du développement portée par le conseil régional. Nous nous retrouvons dans les enchaînements établis entre formation / recherche / innovation / production, dans l'accent fortement mis sur l'emploi et sur le facteur humain comme clé du développement, en vue de corriger les inégalités territoriales. Nous apprécions la volonté de bien relier le SRDE avec le schéma des formations et le SDRIF. En même temps, des éléments de débats déjà repérés se précisent. Il nous faudra les reprendre dans nos travaux pour élaborer le document final. Le premier concerne le diagnostic sur les atouts mais aussi les faiblesses de l'économie francilienne. D'où vient le fléchissement de la croissance et d'emploi en comparaison de régions européennes équivalentes ? L'affaiblissement industriel et les stratégies de financiarisation des entreprises n'y sont sûrement pas pour rien. La question a traiter ici est celle de la place de l'économie francilienne dans la mondialisation et donc, selon nous, la nécessité d'une réelle diversification des activités sans opposer activités tertiaires et industries à haute valeur ajoutée. Le second concerne la possibilité ou non d'enrichir réellement le contenu en emplois de la croissance. Le groupe CACR conteste fondamentalement l'idée que les choix de l'innovation et de la qualification impliqueraient nécessairement la raréfaction de l'emploi. Nous récusons ici l'idée qu'il y aurait d'un côté les emplois rares et très qualifiés pour le Hih tech et de l'autre le chômage, les petits boulots pour les plus nombreux, les laisser pour compte. C'est le défi d'un développement fondé sur la promotion de tous que avons à relever. Et c'est là que le lien avec les objectifs du schéma des formations sera essentiel. Non pour ajuster la formation à des scénarios d'emploi que l'on ne discuterait pas mais pour investir dans l'accès d e toutes et tous à la qualification Le troisième concerne la façon de sortir de la mise en concurrence des territoires, ce que la seule valorisation des pôles de compétitivité serait loin d'assurer. Quelle place pour Paris et le cœur de l'agglomération dans un développement à rayonnement international ? Quelles nouvelles dynamiques territoriales pour enrayer le contraste Est/ouest ? Quelel cohérence de l'ensemble régional ? C'est là que le lien avec le SDRIF sera essentiel La quatrième concerne la place que les services publics et l'économie sociale et solidaire doivent prendre dans cette logique de développement. Pour sa part, le groupe CACR entend aborder la période d'élaboration finale ans un esprit constructif mais sans esquiver ces questions difficiles. Notre fil conducteur reste et restera celui d'une conception du développement économique portée par la solidarité sociale et les exigences environnementales.

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