Conseil régional du 8 novembre 2005

SEANCE CONSEIL REGIONAL DES 8 ET 9 NOVEMBRE 2005 Approbation de la convention avec le Ministère de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire relative à l'équipement immobilier de la Police Nationale en Ile-de-France

Mardi 8 novembre, au nom du groupe CACR, Tarek Ben Hiba est intervenu en séance du conseil sur l'approbation de la convention avec le Ministère de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire relative à l'équipement immobilier de la Police Nationale en Ile-de-France. Monsieur le Président, Monsieur le Vice-Président, Madame, Monsieur Tout d'abord, je redirai, comme l'a dit Gabriel Massou que nous regrettons que l'audition des Préfets n'ait pas eu lieu au moment même où nous devons débattre de cette nouvelle convention avec le Ministère de l'Intérieur. Cette audition aurait permis nous semble t-il d'obtenir de la part de l'Etat des informations plus précises sur ses orientations en matière de politique sécuritaire, et d'écouter les avis des conseillers régionaux. En effet, cela nous semble d'autant plus essentiel que les faits dramatiques qui se déroulent depuis la semaine dernière nous confirment que nous ne mettons pas les mêmes choses que le Ministre de l'Intérieur, derrière le terme de sécurité. L'Etat en ne tenant pas ses engagements en matière d'effectifs vide les commissariats et les postes de police. Nous avons donc des doutes quant à la capacité et la volonté de l'Etat de concrétiser le contenu de la convention. Les mesures positives contenues dans la nouvelle convention, concernant l'amélioration de l'accueil du public, l'aide aux victimes, sont difficilement applicables, sans effectif. Pour nous, il n'y a pas de fonction publique sans fonctionnaires en nombre suffisant, et pas de commissariat sans policier. Plus il y aura de proximité et moins le recours à la répression sera nécessaire. Le gouvernement sabre le travail entrepris depuis quelques années par la police de proximité, un travail plus quotidien, plus préventif, plus partenarial et sans aucun doute plus efficace que des escadrons aux méthodes sécuritaires et stigmatisantes. La politique régionale en matière de sécurité est différente, et cela doit être entendue. Il ne peut y avoir de consensus entre les partisans du tout sécuritaire et ceux qui disent, comme nous, que la sécurité sans la prévention conduit à la catastrophe. Nous avons fait le choix de soutenir les commissariats, mais en tant que service public au service des populations. Cela passe par la qualification des personnels affectés dans ces commissariats, par l'amélioration des conditions d'accueil du public, par la lutte contre l'insécurité réelle. Et surtout, par la prévention, le travail de proximité, le respect mutuel, le vivre ensemble. Nous refuserons l'utilisation des fonds régionaux pour une politique qui n'est décidément pas la nôtre, et qui masque de manière dangereuse les causes réelles de l'insécurité. Ce sont de conditions de vie décentes, d'un logement, d'un emploi, d'une formation, d'éradication des discriminations dont ont besoin, comme tout un chacun, les jeunes et les moins jeunes de nos quartiers populaires. Nous ne manquerons pas de le réaffirmer à Messieurs les Préfets, tout comme notre souci d'une affectation territoriale plus équilibrée des moyens, et notre nécessité de connaître la place réelle qu'ils comptent réserver à la police de proximité. En attendant, nous voterons ce rapport, même si nous avons souhaité signer avec les groupes Verts et PRG un certain nombre d'amendements pour que cette convention soit améliorée. Nous espérons qu'ils seront acceptés, pour renforcer encore la pertinence, l'efficacité, et la conformité aux principes démocratiques de ce rapport. Je vous remercie.

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